Sous-section

    Histoire

    Cette page n’est plus d’actualité dans l’histoire de Bélénos. Il s’agit d’une archive historique.

    L’histoire de l’Alliance de Solèce est fermement implantée dans le sol même de Bélénos. Ultime aboutissement de luttes incessantes et meurtrières dans le nord de la contrée chaotique, c’est la victoire déclarée de la lumière d’Usire sur ses ennemis de l’ombre. Cependant, paradoxalement, l’émergence de cette seigneurie n’aurait pu survenir sans l’apport démoniaque de l’un des pires adversaires de la race humaine ayant foulé le sol d’Illimune : les orcs Rakashans. Voici donc l’histoire de ceux qui forgèrent ce qui allait devenir l’incarnation du rêve d’Usire en ce monde.

    Les origines

    Entre 734 et 741 après l’Aédon, Bélénos fut le théâtre d’invasions brutales et imprévisibles. Alors que Galléon venait de regagner son statut de divinité, la terre chaotique du Nord d’Illimune était toujours profondément marquée par son passage. D’un peu partout, des seigneurs de guerre avides de pouvoir et de richesses convergèrent vers Bélénos et y menèrent une série de batailles sanglantes aujourd’hui connues sous le nom de « Guerre des seigneurs ». Cette période de chaos s’acheva officiellement lorsqu’en 742, sous l’impulsion de la guilde marchande de l’Alliance du Roc, une majorité des dirigeants en place accepta d’enterrer la hache de guerre au nom de la stabilité et de la prospérité.

    Parmi ces seigneurs signataires avides d’ordre et de paix se trouvait alors Nikolaus Marniet, un chef de troupe en provenance du Bastion ayant participé à de nombreux combats en terre bélénoise dans les années précédentes. Autour de Boisé-Profond et de la Redoute, le duc Marniet organisa rapidement la défense de ses propriétés au nom d’Usire, allant même jusqu’à tolérer la présence d’orcs soumis et esclaves (ce qui s’avéra être, de l’aveu même du Duc, une erreur). Cependant, ce que Marniet n’avait pas prévu, c’était l’arrivée en août 742 d’une horde d’orcs supérieurs et organisés du nom de « Rakashans » à l’Ouest de son fief. Sans qu’elles ne puissent répliquer, les forces aédonites de Marniet furent submergées par l’ennemi vert qui prit le village forestier de Boisé-Profond. Heureusement, plus tard pendant l’année, Boisé-Profond sera repris par les légions ducales, mais le mal était fait : les Rakashans étaient implantés fermement dans le Nord de Bélénos.

    Au printemps 743, deux nouvelles forces migrèrent vers Bélénos, apportant avec elles des espoirs propres à l’Aédon. Tout d’abord, en provenance du Bastion, une troupe zélée et fanatique s’installa dans la cathédrale-forteresse de Boisé-Profond reprise aux Rakashans, mais toujours soumise à leurs assauts continuels. Cette troupe, élaborant sa propre théologie sous l’impulsion du charismatique Galvin Hauts-Champs, prit alors le nom symbolique d’Armée du Pénitent. Son objectif était aussi simple qu’ambitieux : avec le courage du défunt Vaul, il fallait purifier Bélénos avec l’ardente flamme d’Usire. C’est ainsi que, dès qu’elle fut un moindrement organisée, l’Armée du Pénitent commença une série d’assauts incroyablement violents sur les territoires Rakashans. Malheureusement pour les croisés, ces tentatives se soldèrent constamment par des échecs, les orcs ayant fortifié une nouvelle cité démoniaque au milieu de leurs marais putride : La forteresse de Kolthren.

    Simultanément, du Sud de Bélénos, un peuple migra vers le Nord. Suivant ce qu’il appelait la « Prophétie d’Orion » et fuyant la terrible menace du mystérieux nécromancien Karma, le peuple de l’Ordre d’Orion, sous la guidance de Fox Jenvaille, s’établit finalement près de Pistaguer et de Vertecolline. Grâce à leurs aptitudes à la négociation et à leur sensibilité à la souffrance humaine, les Orionites parvinrent rapidement à regrouper autour de leur autorité les villes de Pistaguer, de Vertecolline puis de Pontcaric pour ainsi former une vaste et prospère confédération aédonite. Cependant, comme l’Armée du Pénitent et le Duc Marniet, les forces orionites ne réussirent jamais à frapper solidement les hordes Rakashans les menaçant du Nord-Ouest. L’ennemi vert semblait invincible, attaquant sournoisement la nuit et massacrant sans aucune distinction hommes, femmes et enfants.

    La prise de Kolthren

    Alors que tout espoir de voir disparaître du Nord de Bélénos les hordes meurtrières rakashans s’était éteint, un événement improbable survint. En provenance du bourg franc d’Hyden, des rapports diplomatiques parvinrent en septembre 745 à Nikolaus Marniet, au Cercle de la Foi pure de l’Armée du Pénitent et au patriarche Del Vigor d’Orion. D’une même voix, les divers représentants de ces trois seigneuries clamaient la nécessité pour tous les Aédonites de s’unir sous la bannière du Lumineux afin de former un seul front contre l’ennemi. Hésitantes faces à cet élan commun d’espoir, les administrations des trois seigneuries prirent quelques semaines avant d’enfin se décider à organiser un sommet politique entre leurs plus hauts dirigeants.

    La réunion entre les trois seigneurs –Marniet, Del Vigor et Valderbe- eut lieu le 1er octobre 745 dans le Sanctuaire des Preux, première cathédrale nouvellement inaugurée de Chastel-Blanc, au cœur du territoire de l’Armée du Pénitent. Au milieu des statues des martyrs et des saints de la foi aédonite, les décideurs se surprirent à partager les mêmes soucis face aux Rakashans, à la montée de Noctave et à l’éveil de Chaos. Après quelques heures de discussions seulement, ils se serrèrent la main et affirmèrent d’une voix commune la nécessité de brandir une dernière et grande fois l’étendard d’Usire contre les Rakashans. Un vaste assaut concerté allait avoir lieu et la cible finale serait la sombre forteresse marécageuse de Kolthren.

    Les préparations pour l’attaque furent exécutées avec rapidité au sein des trois seigneuries, celles-ci étant déjà sur le pied guerre suite à la dernière Lune de Sang rakashan. Du Nord-Est, les cohortes des Vigilants Vasquez et d’Alembert seraient menées par cinq membres du Cercle de la Foi pure, incluant Lucien Valdherbe, et s’assureraient d’empêcher toute retraite des Rakashans vers l’Est de leurs marécages. De l’Est, le duc Marniet, accompagné de ses Zoticus personnels et de la Garde seigneuriale, mènerait un assaut frontal sur Kolthren, brisant avec ses armes de siège les murs de la forteresse. Finalement, du Sud-Est, le Patriarche Del Vigor lui-même mènerait les Confrères sur Kolthren afin de porter assistance aux troupes de Marniet. Ainsi, dans un seul assaut simultané et massif, les trois seigneurs eux-mêmes fonceraient sur la cité-forte des orcs.

    À l’aube du 21 octobre 745, l’assaut fut sonné et les premières forces aédonites pénétrèrent officiellement les territoires rakashans. Hormis quelques poches de résistance qui furent rapidement matées, les envahisseurs ne rencontrèrent aucune défense réelle, les Rakashans semblant s’être repliés en leur forteresse afin de mieux défendre leur vie. Cependant, le 23 octobre à l’aube, cette théorie fut rapidement infirmée par les troupes de Marniet et d’Orion, celles-ci constatant que la forteresse avait visiblement été abandonnée par ses occupants. Nikolaus Marniet et Sebastian Del Vigor, estimant la menace écartée, entrèrent donc triomphalement dans Kolthren en compagnie de leurs gardes personnelles. Cette parade de victoire dura près de deux heures, jusqu’à ce qu’ils pénètrent à midi dans le temple voué à Ottor-Kom et Morgh au cœur de la forteresse. À cet endroit, ils rencontrèrent ceux des Rakashans qui avaient refusé de quitter leur « sainte cité » : Ok’Ok, grand chef des armées rakashans, troll monstrueux, accompagné de sa garde personnelles de fous de guerre. On raconte que le combat qui fit rage en ce lieu maudit dura jusqu’au coucher du Soleil, chaque côté comptant parmi ses rangs les guerriers les plus zélés et puissants de leurs déités. Cependant, face au nombre écrasant d’envahisseurs, les protecteurs du temple furent finalement vaincus et massacrés, Ok’Ok le dernier. Avant sa mort, on dit que celui-ci lança une sombre prophétie à l’endroit de Marniet –blessé à l’œil pendant la bataille- et à Del Vigor : « Toute lumière est ténèbres et avant la fin vous serez consumés par Celui qui vous a unis ». Nul n’a su décrypter le sens profond de cette ultime phrase de folie. Après ces quelques mots toutefois, un lourd silence s’abattit sur le camp victorieux : Kolthren était conquise.
    Alors que les forces alliées convergeaient vers Kolthren le 21 octobre, les légions de l’Armée du Pénitent, sous la tutelle des cinq sages du Cercle de la Foi pure, fut confrontée au Nord-Est à une vaste horde de Rakashans se dirigeant vers l’Est. Une difficile décision devait être prise : Devait-on lancer les fervents croisés d’Usire dans un combat périlleux, voire suicidaire, contre la marée verte? Ou devait-on laisser passer la horde afin d’éviter une confrontation défavorable à 3 contre 1. Dans un élan de courage, les cinq hauts-prêtres d’Usire, Lucien Valdherbe à leur tête, marchèrent seuls vers l’ennemi. Après quelques minutes à avancer, la horde rakashan s’arrêta et l’on vit sortir de ses premières lignes un orc impressionnant chevauchant un énorme loup hirsute : Rakhas lui-même venait à leur rencontre. Lorsque les généraux se rencontrèrent enfin entre les deux armées, une brève discussion s’entama. Jusqu’à présent, la teneur des paroles échangées n’a pas été dévoilée par le Cercle de la Foi pure et Rakhas. Cinq minutes après leur rencontre, les chefs se retournèrent et revinrent auprès de leurs forces respectives. L’Armée du Pénitent fut alors scindée en deux –un contingent vers Chastel-Blanc et un second vers la frontière nordique avec Orion-. Pendant la journée qui suivit, la marée verte rakashan longea la rivière Rahcal au Nord sur le territoire de l’Armée du Pénitent, puis traversa massivement les frontières occidentales de l’Éclipse d’Airain.

    Cependant, ceci est une autre histoire.

    Les Rakashans avaient migré vers l’Est, Kolthren était tombée et la bannière de l’Aédon flottait sur tout le Nord bélénois.

    Le Pacte de Solèce

    Le 25 octobre 745, une partie des forces de l’Armée du Pénitent, toujours sous le commandement de Valdherbe, parvint à Kolthren et se joignit aux festivités improvisées organisées par les envahisseurs aédonites. Souhaitant mettre à sac les derniers vestiges des horreurs passées, les soldats orionites avaient déjà pris soin d’incendier le temple maudit voué à Ottor-Kom et à Morgh, ce qui ne manqua pas de réjouir l’ensemble des troupes. C’est donc autour de ce gigantesque feu de joie que fut célébrée toute la nuit durant la victoire sur l’ennemi vert.

    Cependant, alors que l’aube se levait au lendemain matin et que les hommes, épuisés de la dernière veille, se reposaient, un simple écuyer de Boisé-Profond du nom d’Alphonse Blanchêne s’éveilla en sursaut. Pendant son sommeil, un étrange rêve s’était emparé de lui : au cœur d’une vaste plaine blanche d’une brume matinale, une intense et chaude lumière lui avait adressé la parole, l’invitant à se rendre sur les ruines fumantes du temple de Morgh et d’y creuser au centre. Dès son réveil, le jeune Alphonse, confus et embrouillé, suivit les conseils de la voix onirique. C’est ainsi que, après quelques minutes de recherche, il fit une découverte étrange au coeur des débris incinérés du temple. Parmi les gravas noircis par le feu, une étrange stèle de pierre sur laquelle étaient visibles des gravures particulières était couchée. Immédiatement, le jeune Blanchêne alla quérir son supérieur qui, bien qu’ignorant leur sens profond, reconnu dans les inscriptions la langue des anciens tweels :

    « IN ILLOS LOCOS ANIMAE VIRTVOSORVM REQUIESCENT QVORVM PRO ILLIMVNEM EORVM VITAS DAVERVNT – EORVM SACRIFICATIO POSSIT SINGVLARIS AC FORTIS HVMANITATIS CONDITVS LAPIS »

    Moins d’une demi-heure plus tard, un petit attroupement s’agglomérait déjà autour de la mystérieuse tablette de pierre. Parmi les rumeurs du matin, on décelait un étrange murmure : l’écuyer Blanchène n’était pas le seul à avoir eu ce rêve mystérieux. À dire vrai, une vaste partie de l’armée alliée avait entrevu en songe ce qui semblait visiblement être une manifestation divine. Peu après, Lucien Valdherbe lui-même vînt examiner le tout. Fort voué à l’étude des textes anciens, il reconnut immédiatement la langue et l’importance qu’avait cette découverte. Le texte se traduisait ainsi :

    « En ces lieux reposent les âmes des braves qui donnèrent leur vie pour Illimune. Puisse leur sacrifice être la pierre fondatrice d’une Humanité forte et unie »

    Devant les soldats de la nouvelle alliance était exposée une oeuvre symbolique et éternelle datant de l’ère de l’Aédon lui-même. Plus encore, Valdherbe avait sans hésitation identifié cette sentence, celle-ci se retrouvant à l’intérieur même du célèbre Tome de la Lumière, bible officielle d’Usire. Une illumination brutale lui traversa alors l’esprit : En ce matin froid d’octobre, les soldats aédonites de Bélénos avaient redécouvert l’un des anciens villages perdus de Solèce (plusieurs Solèce furent fondés dans le monde), lieux fondateurs de l’épopée d’Usire du temps qu’il était simple mortel. Avec un empressement hors-du-commun, Valdherbe convoqua ses homologues seigneuriaux. Del Vigor, suivi peu après par Marniet, arrivèrent sur les ruines de temple rakashan ravagé et ne purent que corroborer la théorie du primat de l’Armée du Pénitent.

    C’est dans cette ambiance éthérée et surnaturelle que l’événement historique se produisit alors. Contre toute attente, d’une seule voix, un appel constant et uni commença à s’élever dans la foule de soldats présents autour de la stèle et des seigneurs. En un seul son fort et croissant, on entendit résonner dans le cœur des hommes présents un seul mot : « Unité ». Pour tous les Aédonites présents, grâce à l’alliance des Hommes, le pire Mal qu’avait connu Bélénos avait été vaincu et, là où se trouvait moins d’une semaine plus tôt un monument à la perfidie et à la corruption, le socle du légendaire royaume d’Usire Aédon renaissait de ses cendres. Face à ce signe des dieux inestimable, il fallait prendre une décision tout aussi grandiose : Il fallait s’unir et réaliser le rêve de l’Aédon.

    Alors que cette clameur montait, Marniet, Del Vigor et Valdherbe se regardèrent hésitant. Puis, sans que l’on ne sache véritablement qui la tendit le premier, les trois seigneurs s’offrirent mutuellement de franches poignées de mains. Dans une vaste acclamation des troupes présentes, les trois dirigeants firent le pacte suivant : « Par la terre, par le sang et par la lumière, l’Alliance perdurera et combattra tant que tous les Hommes ne seront unis sous la même bannière ».

    Par l’appel des hommes était née l’Alliance de Solèce.

    Scandales et changements

    Les vieilles querelles ne tardèrent toutefois pas à ressurgir au sein de la nouvelle confédération. Aussi tôt qu’au printemps 746, des voix s’élevèrent afin de protester contre les méthodes peu orthodoxes du duc Marniet dans le domaine de la religion. Effectivement, depuis déjà plusieurs mois, il était de notoriété publique qu’il engageait sans scrupule des soldats aykiens en Hyden, ce qui ne pouvait qu’irriter ses homologues aédonites de l’Armée du Pénitent et d’Orion. Graduellement, une distance s’installa donc entre le patriarche Del Vigor et le duc Marniet, le Cercle de la Foi pure de l’Armée du Pénitent cherchant à les réunir dans leurs différences. Des discussions eurent lieu en catimini à l’insu de Marniet, des bavures militaires survinrent en Hyden et, ultime offense aux yeux de tous, le représentant du Fief au Concile de Solèce, Nikolai Dmitrikjewisch Kondratieff, fut officiellement arrêté pour démonisme (sous la bannière de Kaalkhorn). Bien sûr, face à ce dernier scandale, le duc Marniet manifesta son étonnement le plus indigné et énonça le souhait de juger par lui-même le traitre. Or, les autorités d’Orion, qui détenaient le cultiste, refusèrent radicalement, accusant le duc d’être lui-même un démoniste d’expérience. Suite à une ultime réunion du Concile de Solèce en septembre 746, Marniet claqua par lui-même la porte de l’Alliance, estimant être méprisé et attaqué par les autres représentants présents.

    Entre temps, un embargo commercial en provenance de l’Empire de Twyden frappa de plein fouet le Nord de Bélénos. Affirmant manquer de ressources pour leurs propres besoins, les marchands de la caravane impériale cessèrent graduellement leurs exportations en direction des seigneuries bélénoises. Face à ce péril économique, un homme se dressa : Damien de Lanteigne. Fils de la duchesse Isabella de Lanteigne, dernière suzeraine légitime de la nation bélénoise, il joua de son influence auprès de Twyden afin de faire lever l’embargo. Ce n’est qu’à l’automne 746 que ses manoeuvres aboutirent (et ce malgré l’ombre de la guerre planant en Twyden) et que la caravane reprit ses activités normales. Reconnaissant la ferveur aédonite et la bienveillance de Lanteigne, les dirigeants de l’Alliance de Solèce entreprirent des négociations avec lui. C’est finalement au début de l’hiver 746 qu’il fut décidé que Lanteigne et ses forces de volontaires usiriens impériaux pourraient s’établir dans les environs de Solèce. De plus, il fut convenu que, dès qu’Usire offrirait à Lanteigne des pouvoirs démontrant sa piété véritable, l’homme deviendrait le Gardien de Solèce.

    L’ascension de Damien de Lanteigne

    À l’automne 746, la Confédération d’Orion offrit à Damien de Lanteigne, comme cadeau de bienvenue, une armure des plus resplendissantes forgée par le meilleur forgeron de l’Alliance. Sebastian del Vigor, désireux d’ajouter à l’offrande, lui fit cadeau d’une épée qui apparemment trancherait les créatures maléfiques sans difficulté, dû à la bénédiction d’Usire. Quant au Cercle de la foi pure, ils offrirent au nouvel arrivant une croix de chêne bénie pour le protéger de tous les morts-vivants, à cela Lucien Valderbe lui-même ajouta une bible d’une rare beauté, reliée d’or pur et gravée d’argent, celle-ci s’illuminant dans les ténèbres les plus malsaines.

    Ainsi donc, Sir de Lanteigne fut mis sous enseignements intensifs par les membres des deux organisations religieuses. C’est dans les fondations de la cathédrale de Solèce qu’il reçut son enseignement religieux : il dut apprendre l’histoire d’Usire, ses batailles, la fondation de l’Empire, mais aussi les combats que les Aédonites entreprirent dans les 750 dernières années. Les meilleurs combattants de l’Alliance lui apprirent les arts de l’épée et du combat. On lui apprit aussi à tirer à l’arc et à l’arbalète. Sebastian del Vigor et Lucien Valderbe eux-même lui enseignèrent les tactiques de guerre, la lecture des cartes et les façons de diriger les troupes. Finalement, à la fin de l’hiver 748, le nouvel homme qu’était devenu Damien de Lanteigne se présenta devant le concile, appuyé par les conseillers; il fut décidé d’abolir la gestion provinciale de l’Alliance et de rétablir un pouvoir décisionnel central en Solèce. Damien de Lanteigne, nouvellement éduqué dans la voie aédonite et officiellement élu d’Usire, fut nommé Gardien de Solèce. Sa première décision fut d’établir un nouveau concile entièrement élu par le peuple. Pour ce faire, il lança des élections sur tout le territoire et au début d’août 748, un nouveau concile fut établi. C’est donc ainsi que naquit, sous la protection de Damien de Lanteigne et du concile, la nouvelle Alliance de Solèce.

    La menace de La Redoute

    À la fin de l’hiver 748, Damien de Lanteigne envoya son grand ami de toujours et fidèle conseiller, Sir Rickard McThobbins, afin de négocier la reddition de la Redoute. Le conseiller ne revint jamais. Pendant plusieurs semaines, les autorités de l’Alliance furent en état d’alerte et recherchèrent McThobbins, jusqu’au jour où la tête de l’homme fut renvoyée à Damien de Lanteigne. Le Fief Marniet, maintenant devenu La Redoute, suite au meurtre du Duc lui-même, avait fait un grand coup d’éclat en tuant plusieurs gens présents lors d’un banquet, incluant Rickard McThobbins. La Redoute se proclama officiellement adoratrice de Kaalkhorn, la population de Solèce se vit menacée et les autorités eurent quelques problèmes à contrôler les foules désirant protection et vengeance envers la Redoute.

    Finalement, après avoir discuté et monté un plan d’attaque avec les effectifs militaires disponibles, Damien de Lanteigne envoya Sebastian del Vigor et une armée afin de détruire la menace de la Redoute, pensant pouvoir prendre la forteresse en quelques jours. Le siège à proprement parlé dura deux mois et malgré les efforts considérables des soldats et des pertes limitées des deux côtés, Solèce ne réussit jamais à y entrer. Vu l’impossibilité de prendre la Redoute, le concile décida simplement d’installer une garde constante d’environ cent hommes autour de la forteresse. Des abris de fortunes furent érigés pour les accueillir.

    Mariage avec Eseldorf

    Au printemps 749, une nouvelle vint faire beaucoup parler la population. En effet, Aure de Duchain, ancienne consoeur d’Orion et depuis quelques temps en pèlerinage à Eseldorf, annonça son mariage avec nulle autre que Maximillienne de Francbourg, Jeffe Maximo de la cité grise. La population est en grande majorité peu offusquée par son mariage avec une femme, mais elle l’est par contre de l’alliance que cela implique avec Eseldorf, cité radicale peu admirée par les Aédonites de la région. Cependant, les autorités se veulent rassurantes en disant que ce mariage ne se veut pas que politique, tout d’abord il n’a jamais été prévu par les autorités politiques ou religieuses, mais en plus il peut certainement adoucir les mœurs d’Eseldorf afin qu’elles se rapprochent plus du rêve aédonite d’inclusion.

    Le mariage eu lieu à l’été 749, le 9 juillet, y étaient présent les têtes dirigeantes de Solèce et d’Eseldorf, Damien de Lanteigne y tenait une place d’honneur. Le mariage a été officié par Charlemage DelGado, vieil ami de Dame de Duchain et grand Paladin d’Usire. Plusieurs festivités qui durèrent plusieurs jours suivirent le mariage et au final tous rentrèrent chez eux sans avoir développé l’entente politique, mais en ayant développé une certaine amitié avec l’autre.