Sous-section

Eseldorf

Valeur :

  • L’Ordre immanent : Il n’y a ni Bien ni Mal. Il n’y a que l’Ordre et le Chaos. À sa mort, le dieu originel de l’Ordre, Mador, a imprégné l’entièreté de la création. Aujourd’hui, contre le Chaos et ses partisans, il organise celle-ci de manière invisible. Tous doivent comprendre la volonté immanente de Mador et veiller à l’appliquer absolument.
  • Rationalité : La création fut faite de manière structurée et logique, tout comme l’esprit humain. Cette adéquation permet à l’Humanité de comprendre, par sa Raison, les rouages fondamentaux de l’entièreté de la création. Magie, dieux ou matière, tout peut être compris, maitrisé et utilisé.
  • Primauté de l’Humanité : Par l’œuvre de Golgoth, chaque être humain porte en lui un germe de chaos qui n’attend que d’être nourri pour croître. La tâche première de la Cité, après avoir éradiqué les engeances pures de Chaos, est d’aider à encadrer et étouffer ce germe. Elfes et nains sont des alliés dans cette mission, mais ils ne peuvent purifier l’Humanité à sa place.
  • Discipline : Diriger ou obéir, chaque individu doit recevoir le rôle que la Cité lui donne et le combler. Rien ne doit être laissé au hasard et, une fois qu’une tâche a été accordée, elle doit être accomplie. Chacun doit s’acquitter de ses responsabilités afin que tous travaillent à l’unisson tel un faisceau.
  • Stoïcisme : Les émotions détournent l’être humain de sa mission première qu’est la quête de l’Ordre. L’émotion mène à la passion qui mène elle-même à l’instabilité et au chaos. Laisser libre cours à ses émotions équivaut à nourrir le germe de chaos en soi. Tous doivent contribuer à encadrer, contrôler et réprimer aussi puissamment que possible ces passions chez eux-mêmes et chez les citoyens de la Cité.

Géographie

Frontière et territoire

La cité grise d’Eseldorf est en fait une ville fortifiée installée à l’intersection des rivières Maxence et Rahcal. Qui plus est, elle repose sur des îlots créés par un détournement de la rivière Rahcal à travers les terres. E-n traversant un pont, on arrive à la basse ville qui est moyennement fortifiée. Finalement, après avoir passé au travers des bas quartiers, on arrive aux baraques militaires; ensuite, on passe sous un autre pont et sous une fortification majeure pour arriver à la haute ville. De chaque côté de la ville, pratiquement à même la rivière Rahcal, il y a deux petits îlots avec des ponts qui descendent de la haute ville; sur ces îlots se trouvent des quartiers emmurés aux desseins inconnus ainsi que l’Académie de formation des Guides coloniaux et des Officiers du Glaive.

Au-delà d’une zone tampon d’approximativement deux kilomètres autour de la cité grise, trois entités politiques bélénoises jouxtent les frontières eseldorfiennes :

  • Au nord, les forêts de la Griffe de l’Ouest
  • À l’est, le royaume de Dagoth
  • À l’ouest et au sud, le royaume de l’Aurélius

Néanmoins, lors des dernières décennies, le territoire d’Eseldorf s’est essentiellement résumé à la cité elle-même, ses portes ayant été fermées à tout visiteur ou voyageur.

Ressources et territoire

Nul ne pourrait déterminer avec exactitude la population de la Cité grise. Avant la fermeture de ses portes il y a plus de 15 ans, les rapports des autres seigneuries bélénoises soutenaient qu’Eseldorf accueillait en ses murs approximativement 25 000 habitants. Parmi ceux-ci, on retrouvait une écrasante majorité d’êtres humains et une minorité de nains. Depuis la réouverture des portes, on n’a toutefois vu émerger de la cité que des humains.

Structure du royaume et lieux importants

De l’œil des voyageurs qui ont circulé dans les environs de la cité grise, seuls quatre lieux purent être découverts depuis une quinzaine d’années. Effectivement, personne ne sait avec précision ce qui fut détruit, construit ou conservé à l’intérieur même de la ville depuis la mort de Maximilienne. Toutefois, de l’extérieur, on put découvrir ceci…

  • Les hauts remparts : Tout autour de l’île principale de la cité, les célèbres fortifications d’Eseldorf furent consolidées et élevées encore plus haut vers les cieux lors de la fermeture de la ville. Alors qu’auparavant on pouvait apercevoir poindre à certains endroits les clochers de temples, on ne peut désormais plus rien deviner de ce qui se déroule dans la cité grise de l’extérieur. Les hauts remparts de pierres grises donnent autant à la cité-état des airs de prison massive que de forteresse imprenable.
  • Les Portes d’Acier : Après la fermeture d’Eseldorf, l’entièreté des points d’accès à la cité furent scellés. Même le port, fierté commerciale de la cité grise, fut fermé à l’aide de barricades sur pilotis en partie déplaçables. La seule entrée qui fut préservée fut les Portes d’Acier à l’ouest. Majestueuses œuvres d’acier trempé, ces portes ne s’ouvrent qu’avec la permission du Guide suprême lui-même. Seuls les visiteurs et les voyageurs autorisés peuvent donc les franchir afin d’explorer le monde extérieur ou les quartiers de la mystérieuse ville.
  • L’île du Glaive : Moins emmurées que le reste de la ville en raison de son isolement, l’île du Glaive est l’endroit où furent édifiés les terrains d’entraînement et académie des Guides coloniaux et des Officiers du Glaive. Accueillant auparavant la Congrégation, l’endroit fut réaménagé il y a de cela quelques années afin de permettre la formation des élites susceptibles de guider les armées et les citoyens. Probablement volontairement, ces magnifiques constructions peuvent être aperçues de l’autre côté de la rivière Rahcal.
  • L’île aux murs : Surnommée « île aux murs » par les curieux, cette parcelle de terre ne laisse rien entrevoir de ce qu’elle abrite. Derrière de hauts murs, on entend parfois s’élever de celle-ci des acclamations de joie, parfois des hurlements de douleur. Encore plus assidûment que sur les hauts remparts, les sentinelles de la cité grise patrouillent les chemins de ronde de cette île.

Politique

Le fonctionnement politique de la cité grise de l’ère post-Maximilienne est voilé de mystère. Selon ce que l’on en raconte, la ville serait sous l’autorité absolue de Reinhart Meyer, aussi appelé « Guide suprême ». Tous les Eseldorfiens suivraient à la lettre ses commandements, eux-mêmes relayés par les Officiers du Glaive –des citoyens armés et fidèles à la cause de l’Ordre- et par les divers Émissaires –titre donné aux prêtres, sorciers spécialistes et scientifiques-. Tous se doutent qu’une hiérarchie beaucoup plus complexe se cache derrière cette façade en apparence simple, mais une seule évidence peut être certifiée : pour une raison inconnue, la parole du Guide suprême fait foi de vérité.

Récemment, suite à l’ouverture partielle des Portes d’Acier, quelques colonies auraient été établies en Bélénos. Principalement en Hyden et ensuite en Aurelius, ces colonies suivent une hiérarchie similaire à celle de la cité grise : sous l’autorité d’un Guide colonial, des colons aux titres variés font rayonner la culture et les préceptes de la ville mère.

Commerce

Eseldorf était généralement dans le passé une plaque tournante du commerce bélénois. Toutefois, lorsque les portes furent fermées, les échanges disparurent quasiment immédiatement. La seule chose qui en subsista fut la présence hebdomadaire d’un contingent de soldats eseldorfiens escortant une vingtaine d’officiers aux portes de la cité. Au fil des mois, il devînt de connaissance publique pour les négociants bélénois que cette délégation attendait les marchands étrangers afin de leur acheter à très bon prix des ravitaillements divers : vivres, métal, bois, laine, etc. Les Eseldorfiens payaient toujours le prix juste, jamais plus, jamais moins. Cette relation commerciale à sens unique permit un constant clair dans les milieux commerciaux bélénois : Eseldorf cherche plus que tout à vivre en autarcie, même si ses énormes liquidités lui permettent d’acheter ce qu’elle ne peut débusquer entre ses murs.

Militaire

Autrefois basées sur la réforme de prisonniers et d’éléments subversifs au système politique, les armées d’Eseldorf ont fortement modifié leurs méthodes de recrutement lors du Redressement. C’est le Glaive, cohorte d’élite constituée de citoyens fermement endoctrinés dès leur naissance aux idéaux de l’Ordre, qui forme le fer-de-lance des légions eseldorfiennes. Celle-ci, bien que peu nombreuse, veille en tout temps aux patrouilles des quartiers sensibles de la cité et à la surveillance des remparts et de la Porte d’Acier. Depuis quelques années, une politique sévère d’intégration au Glaive fut appliquée, seuls les citoyens nés à Eseldorf n’ayant jamais été reconnus coupables de crime contre l’Ordre pouvant le rejoindre.

Pour tout ce qui n’est pas membre du Glaive, la force militaire d’Eseldorf est répartie dans plusieurs troupes que l’on appelle Brigades Correctionnelles d’Eseldorf (plus souvent appelé BC-E). Ces brigades sont constituées de soldats formés par la cité ou encore de combattants aguerris ayant voulu se joindre aux forces militaires de la cité grise, mais ne répondant pas aux critères stricts du Glaive. Le nombre de soldats par BC-E diffère d’une à l’autre en fonction des besoins de la troupe et ce n’est pas rare que des transferts d’une troupe à l’autre s’opèrent pour une meilleure efficacité. Il y a en Eseldorf 43 BC-E qui sont utiles à toutes tâches, elles sont nommées par un numéro et ce dernier correspond à la qualité de la troupe. Une BC-E a trois composantes :

  • Le capitaine : Il répond directement du chef du Glaive, lui-même en communication constante avec la Guide suprême. Souvent, les capitaines des BC-E sont des individus qui auraient pu rejoindre le Glaive, mais qui furent placés à ce poste afin de surveiller les rangs des soldats moins disciplinés.
  • Les Émissaires : Ce sont des spécialistes de l’une des Trois Cités qui ont fait un service militaire et qui ont à cœur les idéologies de la cité, ils sont là pour apporter un support moral, scientifique, arcanique et divin aux soldats et au capitaine. Souvent, ce sont des gens très instruits qui agissent à titre de conseillers, scribes, etc.
  • Soldats : Ce sont les soldats, le cœur militaire d’une BC-E.

Il est important de noter que depuis le Redressement l’entièreté de la cité grise est soumise à un entraînement militaire obligatoire et mensuel. Pour cette raison, on raconte que 57 autres BC-E existeraient (pour atteindre le compte symbolique de 100 BC-E). Celles-ci ne seraient mobilisées qu’en temps de crise ou de grands travaux publics.

Religion

Depuis l’ouverture de ses portes, Eseldorf a commencé à présenter au reste du monde une nouvelle théorie religieuse et philosophique contrastant fortement avec celle qu’on lui connaissait auparavant. Surnommant celle-ci la « Doctrine des Trois Cités », elle met en relief la prédominance absolue de l’Ordre immanent de Mador sur la création. Pour les Eseldorfiens, l’arcane, la science, les esprits et même les dieux seraient soumis à des lois générales coordonnées par l’Ordre. Absolument tout ce qui existe devrait être un rouage ou un outil dans la quête de la restitution absolue de cet Ordre. Même les dieux, toujours divisés entre dieux forts (Galléon, Ayka, Mak’Udar et Sylva) et dieux faibles (les Sibylles, Usire, Golgoth et Gaea), ne seraient désormais plus que des alliés de l’Humanité (et non des objets de vénération totale) dans la quête de l’Ordre.

Cette doctrine complexe n’est que peu connue hors d’Eseldorf présentement, mais elle semblerait organiser l’entièreté de la société de la cité grise.

Magie

Lors de la fermeture des portes, l’ensemble des activités de l’Académie de magie d’Eseldorf furent ramenées à l’intérieur même de la cité. Auparavant, l’institution accueillant les Sorciers spécialistes se trouvait à quelques kilomètres de la ville afin d’éviter tout dérapage. Toutefois, avec le perfectionnement des colliers de loyauté porté par tout citoyen souhaitant contribuer à la cause arcanique, il devint toujours moins nécessaire de tenir les sorciers à l’écart. Dirigée le recteure Patrick Flannagan, l’école sert de lieu de formation pour les citoyens désirant apprendre les rudiments de la magie, mais surtout de lieu d’expérimentation afin de voir les limites morales de la magie et de ce qui est acceptable.

Fêtes

Selon les rumeurs, les fêtes seraient désormais prohibées dans la cité grise. Tout rassemblement festif visant à commémorer la naissance, la mort ou une autre occasion de joie serait strictement interdit. Seuls seraient tenus des célébrations publiques en l’honneur de certains événements historiques ayant marqués Eseldorf. En somme, par le biais de rites banals ou de grande ampleur, le Guide suprême contrôlerait absolument tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens. Les étrangers ignorent toutefois toujours la nature de ces rites balisant l’existence des Eseldorfiens.

Même les traditionnels matchs de trollball auraient été abolis, tout comme les exécutions publiques sanglantes faisant la macabre renommée de la ville sous le règne de Maximilienne. Certains sports plus ordonnés et contrôlés –comme le tuffball- seraient toujours permis, mais ses pratiquants ne s’y emploieraient que dans un but d’entraînement physique.

Relations avec les autres territoires

Refermée sur elle-même depuis une quinzaine d’années, la cité grise n’entretient aucune relation spécifique avec les autres territoires bélénois. Historiquement, celle-ci partageait moult points communs avec l’Empire de Twyden ou même Argyle, mais après son changement de position quant à la nature d’Usire (désormais considéré comme un dieu faible), ces liens vont probablement d’effriter rapidement.

Cela dit, le Guide suprême et les membres de la 1re Force Coloniale d’Eseldorf furent aperçus pour la première fois lors du couronnement de Marussia von Karajan, reine de l’Aurelius. Lors des discussions, il fut entendu qu’une force coloniale limitée allait être établie dans l’un des domaines de la cité d’Ardast et qu’une ambassade auréloise allait pouvoir être fondée dans l’enceinte d’Eseldorf. Ce rapprochement fragile semble donc être un premier pas vers un partenariat entre les deux voisins bélénois.