Sous-section

    Histoire récente

    Le 16 septembre 751, deux hommes firent leur apparition aux portes de la cité grise d’Eseldorf. Élio Bellamy, éclaireur de la 4e section de la 24 BC-E postée à Hyden, et Reinhart Meyer, sorcier spécialiste du 1er Faisceau, s’engouffrèrent dans la ville en dissimulant dans leurs bagages un trésor insoupçonné : près de deux cents mille chads, ultime fortune récupérée des mains des armées des prophètes et des hordes maléfiques lors de l’exode de Solèce. Avec ce trésor, ils allaient ébranler complètement les fondements du pouvoir eseldorfien. La cité grise n’était que l’ombre d’elle-même, un ambitieux rêve corrompu par les vices, les émotions et la violence ; il fallait la purifier de ses tares.

    Pendant près de trois mois, les deux partenaires s’affairèrent dans le plus grand secret à rassembler autour d’eux des fanatiques de l’Ordre. Tandis que Reinhart recruta massivement au sein de l’Académie de magie, Élio rapatria les quelques survivants de la BC-E d’Hyden et parvînt à débusquer au sein d’autres regroupements citoyens des sympathisants armés. Par la persuasion, les pots-de-vin et, bien sûr, les assassinats ciblés, ils parvinrent à s’associer les services de nombre d’Eseldorfiens libres.

    Le coup d’état eût lieu le jour du solstice d’hiver. Depuis plusieurs semaines déjà, une rumeur persistante circulait dans les rues de la métropole : l’armée des prophètes approchait et les autorités s’apprêtaient à déserter la cité. Bien sûr, par la force armée et les déclarations publiques, on tenta de faire taire ces ragots, mais déjà la nouvelle avait gangréné les esprits du peuple. L’exaspération des citoyens dégénéra en violence lors de la nuit du 21 décembre 751 lorsqu’une émeute éclata en plein match de trollball. Dans les estrades, les membres de la Congrégation –sénat assistant Maximilienne dans son règne- furent les cibles du déchaînement populaire lorsque, pour une raison inconnue, l’équipe favorite de la Jeffe Maximo, les Flagelleurs Gris, ne se présenta pas pour la partie prévue ce soir-là. La 1re et 2e BC-E présentes sur les lieux tentèrent bien de maîtriser les émeutiers, mais leur violente tentative de répression ne fit que transformer le mécontentement des mutins en une soif de sang indescriptible.

    Pendant que ses plus fidèles partisans se faisaient lyncher par la foule, une nouvelle force armée –le Glaive- émergea dans les rues d’Eseldorf. Mené par Lothar et les quatre frères Kall (tous de la 24e BC-E), le contingent formé de centaines de zélotes de l’Ordre convergea vers l’ASSTB où se trouvait alors la Jeffe Maximo. Immédiatement, un état de siège fut déclaré autour de l’académie tandis que le Glaive encerclait l’endroit et que les 3e et 4e BC-E vouées à la protection de la seigneur se préparaient à un assaut. C’est à ce moment que l’impensable se produisit. Dans ses quartiers privés, Maximilienne fut assassinée. Non pas par des étrangers et des tueurs à gage, mais par son propre entourage personnel. Ce fut même le recteur Florian Bellemontagne qui donna le premier coup de poignard à sa maîtresse. Sous les regards troublés et désemparés des soldats des BC-E en présence, le corps ensanglanté de Maximilienne fut alors apporté à l’extérieur de l’académie et exposé aux yeux de tous. Eseldorf se retrouvait maintenant sans commandement.

    Toutefois, le chaos n’allait être que de courte durée. Alors que le corps de la Jeffe Maximo n’était pas encore refroidi, des crieurs commencèrent à proclamer dans la cité la nouvelle de l’arrivée des armées des prophètes aux frontières. Dans un même élan, on apprit l’avènement d’un mystérieux successeur à Maximilienne et à la Congrégation (désormais désorganisée) : le Guide Suprême. Dès le lendemain, les portes de la cité furent fermées pour tout visiteur ou voyageur, ne laissant aucune nouvelle rumeur sortir du bastion de l’Ordre. Sous le regard bienveillant du Guide Suprême, le Redressement pouvait débuter.