Sous-section

    Histoire

    Cette page n’est plus d’actualité dans l’histoire de Bélénos. Il s’agit d’une archive historique.

    Les débuts

    Au tout début, Eseldorf était un petit village abritant tout au plus 200 habitants très peu instruits et extrêmement superstitieux. C’était l’endroit idéal, selon les Roses noires, pour installer un poste frontalier qui leur servirait de refuge et de base d’opérations à l’époque où l’Empire était très actif en Bélénos. La coexistence était parfaite, la présence de Roses noire dans le village assurait qu’il reste étanche aux crapules, puisqu’elles ont tendance à faire fuir ceux qui ont des choses à cacher. Les Roses profitaient en retour d’une population qui ne posait pas de questions et qui approuvait pratiquement toutes les méthodes qu’elles employaient.

    Avec les années, le poste d’Eseldorf acquit la réputation d’être un des plus dur et sans pitié parmi ceux des Roses noires, la principale raison étant cette population qui approuvait et encourageait les religieuses à être encore plus cruelles. Ce n’est pas que les habitants du village étaient eux-mêmes méchants, c’est qu’ils avaient la certitude que c’était la bonne chose à faire et qu’ils agissaient selon la bonne volonté des dieux.

    La raison qui poussa l’Empire à agir de la sorte reste à ce jour inconnue du public, mais l’inquisition fut envoyée à Eseldorf en 731 avec l’ordre de fermer le poste. Plusieurs Roses noires tentèrent de résister, appuyées par la population, et elles furent exécutées pour haute trahison. L’inquisition ignorait cependant que les Roses avaient été averties de leur venue. Celles qui furent exécutées n’étaient qu’un sacrifice nécessaire pour la survie des Roses de haut rang dont le maire organisa secrètement la fuite.

    L’inquisition quitta les lieux après quelques semaines seulement, et quelque mois après cet évènement, l’Empire se retira totalement de la province de Bélénos. Les Roses survivantes n’étaient plus des Roses et c’est avec le financement des marchands de la ville que fut fondée « La Congrégation », une organisation ayant comme but la protection d’Eseldorf, de sa population et de ses valeurs. Les débuts d’Eseldorf furent humbles, mais grâce à une collaboration avec les envahisseurs galléonites lors de leur arrivée en 733, l’économie d’Eseldorf explosa. Les routes de la région restèrent sécuritaires après le départ de Galléon et de ses troupes l’année suivante, ce qui encouragea fortement les marchands à venir s’y installer. Des réfugiés, autant des paysans que des bourgeois, fuyant la guerre entre les elfes noirs et les hommes-rats au sud, s’installèrent par la suite dans la basse ville et le faubourg. En quelques années, la population de la ville et de ses environs frôlait les 4 000 têtes.

    La Congrégation prit rapidement le contrôle des opérations de la ville, le Maire n’étant qu’une marionnette utile et docile. Les congrégationistes nommèrent la Jeffe Maximo Maximilienne de Francbourg à la tête de la cité. Celle-ci amena beaucoup de changement et créa ce qui rendra Eseldorf reconnue de tous.

    La création d’une cité forte

    Maximilienne, aidée par les congrégationistes et les marchands de la cité, se mit à bâtir une cité forte et défendable. Tous ensembles, ils firent monter des murs de pierre tout autour des petits hameaux qui subsistaient, avec ces murs ils divisèrent le marché, la basse ville et la haute ville. La basse ville resta pratiquement intouchée, puisqu’il s’agissait de l’ancienne base de la cité; seuls quelques bâtiments indésirables furent détruits ou déplacés. Quant à la haute ville, elle fût bâtie entièrement du sol, avec de grands bâtiments de pierre grise. Les temples voués aux dieux forts furent aussi élevés dans des parties opposées de la haute ville. Enfin, la Congrégation elle-même siège dans cette partie de la ville.

    La prison et l’armée, à l’époque, n’étaient en fait que dans un petit bâtiment qui abritait à la fois les soldats de la milice et les prisonniers arrêtés. C’est donc dans l’esprit d’avoir une force militaire respectable que Maximilienne ordonna de bâtir une prison à la fois imprenable et de laquelle personne ne pourrait s’enfuir. Elle dénicha, pour concevoir sa prison, les hommes les plus habiles dans l’art de l’évasion et certaines personnes aux talents divers, mais surtout légèrement louches. C’est dans cet esprit que naquit la prison de réforme d’Eseldorf, là où tous les prisonniers entraient comme criminels et sortaient après des temps variables comme soldats et serviteurs incorruptibles de la Cité grise. Pour diriger ces nouvelles milices, que l’on nomma Brigades Correctionnelles d’Eseldorf ou en abrégée « BCE », on mit les anciens soldats de la milice, déjà fidèles aux principes d’Eseldorf, à la tête de chacune des brigades et on les nomma Capitaines de BCE. Ces brigades sont reconnues pour être incorruptibles, mais surtout dures et prêtes à utiliser pratiquement toutes les techniques possibles pour arriver à leurs fins, seule la nécromancie et les prières aux démons leur sont interdites. Elles furent attitrées à plusieurs tâches, notamment à la défense de la cité et des frontières, mais aussi parfois à des missions un peu partout en Bélénos. Une BCE a fait beaucoup d’éclat en Hyden, mais a disparu aux mains d’autres habitants de la région.

    Après quelques années à gérer la cité et les terres, Maximilienne et les congrégationnistes en sont venus à réaliser qu’il était difficile de tout faire avec si peu d’effectifs. C’est donc ainsi que naquirent les postes plus politiques, c’est-à-dire les postes d’Édiles, de Consuls, mais aussi les postes de Sergents d’armes et de Licteurs pour protéger les politiciens. Les édiles furent nommés afin de s’occuper des points importants à prendre en compte dans la cité, par exemple le commerce, les brigades, la prison, l’eau potable, les affaires étrangères, etc. Les consuls quant à eux sont attitrés aux territoires directement, ainsi il y a un consul de la basse ville, un autre de la haute ville, etc. Ces postes furent surtout donnés à des congrégationnistes et à certains marchands reconnus en Eseldorf. Quant au poste de Sergent d’Arme, c’est lui qui dirige les Licteurs, ces derniers sont en fait la garde personnelle de chacun des politiciens, cependant les Licteurs ont aussi un pouvoir judiciaire; ils sont juges et bourreaux.

    C’est donc ainsi que naquit la politique d’Eseldorf comme on la connait encore aujourd’hui, Maximilienne s’est toujours donné le droit de Veto sur les décisions de la sphère politique de la Cité grise et personne n’a jamais contesté cette prérogative.

    Les Cités de l’ordre

    Vers la fin de l’automne 745, le paysage géopolitique du Nord de Bélénos commençait à changer radicalement. Dans la parcelle de la Forêt noire bélénoise, la Griffe de l’Ouest se réorganisait massivement afin de tenir compte des différentes réalités qui la composaient. Tout près de là, les trois grandes seigneuries aédonites de la région –Le Fief Marniet, la Confédération d’Orion et l’Armée du Pénitent- fusionnaient afin de former une seule alliance massive et soudée. Finalement, plus au Sud, les elfes noirs et les nécromants entreprenaient d’intenses pourparlers afin d’édifier ce qui allait devenir le Conclave Impérial, une menace incroyablement sombre pour tout Bélénois priant de dieux.

    Cependant, ce qui poussa les Cités de l’Ordre à ne constituer qu’un seul front uni fut l’arrivée massive d’exilés en provenance de l’Éclipse d’Airain, seigneurie galléonite et aykienne du Nord-Est. Effectivement, à la mi-novembre, une horde d’orcs Rakashans d’une taille inégalée enfonça les lignes de la seigneurie galléonite et entreprit de raser et de massacrer tout ce qui s’y trouvait. Percevant la menace imminente, la vaste majorité des habitants de l’Éclipse d’Airain décidèrent de fuir vers d’autres seigneuries afin de poursuivre leur combat plus efficacement. Dès lors, dans les semaines qui suivirent, Halvard, Eseldorf et, dans une moindre mesure, la Batisde, commencèrent à voir arriver à leurs portes des flots d’immigrants fiers et disciplinés. Cependant, leur refuser l’accès étant impossible considérant leurs allégeances, il était également inconcevable de les accepter à bras ouverts sans conditions.

    À la demande de la Feld-Maréchal d’Eseldorf, Maximilienne, se tint donc le 21 décembre 745 à Eseldorf le « Sommet des Forts », visant à réunir en un seul lieu les plus hautes autorités concernées par cette nouvelle problématique. Ainsi se rencontrèrent donc Hutgaart Dragsson, le Maroquinier, Robert Delavigne (Chancelier du Grand Duché), Annabella Sagürta (Matriarche de Galléon de l’Éclipse d’Airain), Salieri Montasquie (Patriarche d’Ayka de l’Éclipse d’Airain) et, bien sûr, Maximilienne. Les discussions parfois animées s’étalèrent sur près de six heures, laissant ultimement les participants sur un constat préoccupant : entre les elfes de Sylva et Gaea au Nord, les Aédonites expansionnistes à l’Est et les démonistes au Sud, la survie des véritables fidèles de l’Ordre, de la Force et de la Nation était menacée. À la fin de la journée, il fut décidé de poursuivre le sommet le lendemain afin de trouver des solutions à ce problème criant.

    Le Sommet des Forts se poursuivit ainsi pendant près de cinq jours, incluant toujours davantage de diplomates et de fonctionnaires appelés pour l’occasion. Plus les discussions progressaient, plus il devenait concevable de former une seule grande nation partageant des idéaux communs déjà présents dans les diverses cités concernées. Devant l’enthousiasme de plus en plus flagrant des dirigeants en présence, une seule voix se faisait méfiante, voire réticente ; celle du Maroquinier. Déjà plutôt froid par rapport aux Galléonites et aux Aykiens de par ses allégeances aédonites, le parrain du Grand Duché craignait manifestement de perdre l’esprit de la révolution bélénoise dans une éventuelle fusion seigneuriale. Néanmoins, il reconnaissait que la présence de la Bastide parmi cette union allait constituer un poids considérable dans la défense et la promotion des véritables Bélénois un peu partout dans les autres cités concernées.

    À la fin de la cinquième journée de négociation, une entente fut conclue. La Bastide, Eseldorf et Halvard allaient former une seule et même seigneurie prenant le nom de « Cités de l’Ordre ». La direction de cette nouvelle entité serait laissée à un triumvirat des seigneurs de chaque cité qui se chargerait d’établir les politiques générales à appliquer. Un nouvel organe administratif, le « Ministère de l’Ordre », serait constitué pour l’occasion par la réunion de nombreux fonctionnaires approuvés. Quant aux immigrants de l’Éclipse d’Airain, leur intégration pacifique sur les terres des Cités de l’Ordre serait chapeautée par Annabella Sagurta, Salieri Montesquie et une cohorte de fonctionnaires laissée à leur discrétion. Dans l’ordre, la discussion et l’honneur fut ainsi créée une nouvelle et puissante seigneurie.

    Cependant, dès que l’entente fut signée par les principaux dirigeants seigneuriaux, un premier événement surprenant vint troubler les premiers moments. Dès qu’il eut apposé sa signature sur le traité initial, le Maroquinier se tourna vers l’assemblée du Sommet et remit publiquement son titre de « Parrain du Grand Duché » à Robert Delavigne, son chancelier ami. Comprenant la nécessité pour son peuple du Grand Duché d’enfin vivre en paix après des décennies de lutte pour la liberté, le Maroquinier ne pouvait lui-même accepter d’abandonner la lutte pour l’indépendance bélénoise. Il chargea donc Roberto de veiller aux intérêts de la nation bélénoise au sein de la nouvelle ligue, puis quitta vers la Bastide où il allait retrouver ses plus proches camarades de bataille pour un nouveau combat ailleurs en Bélénos.

    Le développement de la technologie

    En 742, des penseurs, des artisans et certains militaires se rencontrent afin de mettre de l’avant des idées et des projets qu’ils ont à tous les niveaux possibles. Certains s’intéressent aux étoiles et au ciel en général, d’autres gardent la tête bien au sol et observent plutôt les comportements de l’eau, de la terre, des êtres vivants, etc. C’est dans cette sphère de pensée que nait donc un petit cercle de gens de têtes. Après près d’un an à se rencontrer fréquemment et à développer verbalement et par écrit leurs théories et observations, ces gens qui veulent désormais amener une partie de leurs recherches dans le concret, présentent à la congrégation un projet d’Académie de recherches qui porteraient sur tous les sujets dont ils ont discutés auparavant et même davantage. Démontrant que toutes ces recherches pourraient mener à une meilleure qualité de vie, à des changements sur les perceptions et même à un avancement militaire, les autorités en place mirent immédiatement à leur disposition les fonds nécessaires et firent bâtir un local dans la haute ville afin d’accueillir les penseurs. C’est ainsi que naquit l’Académie des Sciences et Technologies Bélénoise, vouée à la découverte et à la recherche de tous phénomènes ou comportements existant sur Illimune. Depuis, la technologie occupe une place très importante dans la société d’Eseldorf, il n’est pas rare de voir des machines étranges passer dans les rues et les armes à poudre noire se font de plus en plus visibles au fourreau, mais aussi sur au haut des murs de la cité.

    La fin des Cités de l’ordre

    En décembre 747, les chefs des trois cités se rassemblent afin de discuter des développements à venir, car depuis plusieurs mois, les relations sont au point mort et très peu de choses se passent, au point où plusieurs se demandent si l’alliance des trois cités est encore utile. C’est d’ailleurs dans cette ambiance qu’Hutgaart annonce qu’il va joindre son territoire aux Terres des Brumes, son pays natal. Quant à Robert Delavigne, il dit vouloir laisser le pouvoir à Baptiste Delavigne, préférant prendre sa retraite des affaires publiques; il considère également qu’il vaut peut-être mieux revenir à l’ancienne manière de fonctionner. Maximilienne revient donc en Eseldorf les mains plus vides que jamais. Bien sûr, la cité est toujours aussi forte qu’auparavant, mais depuis les grandes alliances des autres seigneuries, Eseldorf seule a très peu de poids au niveau politique. Cependant, les choses continuent comme elles allaient, mais sa crédibilité descend un peu lorsque Baptiste Delavigne annonce l’alliance faites avec le Duché d’Aurélius. Les gens d’Eseldorf se sentent tout de même trahis, mais le fait que le nouveau duc aurélois soit entièrement Bélénois a tout de même apaisé certains esprits en colère.

    Le mariage de la Jeffe Maximo

    À la fin du printemps 748, une annonce fait beaucoup parler dans la cité : la Jeffe Maximo Maximilienne de Francbourg se mariera, par ambition politique certes, mais aussi par amour. En effet, elle serait tombée amoureuse d’Aure de Duchain, ancienne consoeur d’Orion, en pèlerinage dans la cité pour propager la voix d’Usire. Elle qui s’était arrêter pendant sa marche dans les murs d’Eseldorf n’en est jamais ressortie depuis, elle passe toutes ses journées aux côtés de Maximilienne depuis leur rencontre. Certaines personnes ont bien sourcillé devant le mariage, non pas parce qu’il s’agit d’un mariage du même sexe, mais parce qu’il s’agit d’un mariage en partie politique, du même sexe, une première dans le monde des hautes sphères. Tous, cependant, furent bien contents de voir un peu de changement et de constater que Maximilienne allait enfin trouver un bras sur lequel s’appuyer autant dans sa vie personnelle que professionnelle, car dès l’annonce faite Maximilienne a mentionné qu’Aure serait sa conseillère sur tous les sujets.

    Le 9 juillet 748 se rassemblent dans les murs de la Cité grise des dizaines d’envoyés de toute part, mais surtout on peut y voir Damien de Lanteigne et son conseil, venus approuver le mariage des deux femmes. Entre autres sont présents des anciens confrères d’Orion, des gens de la Compagnie de la Lyre, et même Robert Delavigne est présent pour rendre hommage à Maximilienne. Quant aux politiciens d’Eseldorf, ils sont tous là et applaudissent chaudement ce nouveau départ pour la cité. Les célébrations dureront cinq jours et finalement la population retournera à ses activités avec une nouvelle conseillère pour leur chef.

    L’Académie de magie d’Eseldorf

    Tous savent qu’Eseldorf a longtemps chassé les magiciens pour les abattre, la Cité grise a souvent été accusée durement dû à certaines BCE trop entreprenantes à ce sujet. Cependant, à la fin de l’hiver 749, les fondations d’un bâtiment se font voir à distance des murs de la ville, les citoyens finissent alors par savoir qu’il s’agit de la future grande Académie de magie d’Eseldorf, en collaboration avec l’Académie Supérieure des Sciences et Technologies Bélénoise. Effectivement, Maximilienne met de l’avant ce projet après avoir été conseillée par sa femme, mais aussi après avoir longuement discuté avec les congrégationistes de la chose. Un consensus se fait donc : bâtir l’école à distance des murs pour éviter les accidents et y mettre un maître de la magie incorruptible et qui a prouvé sa qualité par le passé. Un nom vient alors rapidement à la bouche des politiciens; Patrick Flannagan, mage impérial qui a servi sous les ordres de la délégation d’Hyden à l’été 747 et par le fait même sous les Roses noires. L’ancien mage impérial est donc engagé par la Cité grise et on lui donne le titre d’Édile de la magie arcanique et de grand maître de l’Académie de magie d’Eseldorf. Son mandat est clair, enseigner la magie dans le cadre le plus sévère et faire en sorte que personne ne puisse dériver du droit chemin.

    Certains citoyens et soldats se voient contrariés par l’arrivée de cette école, eux qui ont toujours détesté la magie pour son instabilité constante. Les autorités se font cependant rassurantes : le contrôle sera extrêmement sévère. Qui plus est, avec les avancées technologiques des dernières années, peut-être pourront-ils expérimenter de nouvelles techniques afin de faire avancer la cité dans plusieurs domaines.