Sous-section

    Histoire récente

    Solèce la nouvelle

    C’est dans son grand palais de la Fosse, au cœur des marécages des Terres Maudites que le grand seigneur Dagoth apprit que Solèce était tombée aux mains des prophètes fous. La rumeur était même confirmée, les prophètes fous convertissaient tous les prêtres qui utilisaient leur magie dans un large périmètre de plusieurs lieux autour d’eux. Cela n’avait rien de surprenant à ce que la ville la plus théologique de Bélénos tombe en premier. Heureusement, les nombreux sbires de Dagoth avaient réussi à voler la méthode pour fabriquer des épées de cristaux divins, les seules pouvant venir à bout des prophètes. Dagoth en fabriqua évidemment une. Avec ses stratèges, il établit une stratégie basée sur la faiblesse des priants de dieux pour conquérir l’ensemble du pays bélénois. Ils ne pourraient plus utiliser leur magie cléricale en plus d’être déchirés dans une guerre interne, les prophètes fous et leurs suivants contre l’armée du peuple non soumis.

    C’est alors que Dagoth rassembla une armée assez imposante et décida de conquérir Solèce et la libérer de l’emprise des prophètes. Il avança sans difficulté à l’intérieur des terres des seigneuries ennemies, les orcs qui composaient son armée avaient l’air un peu déçus, si peu de pillages possibles. La guerre contre les prophètes avait dévasté la plupart des villages et contrées. Il s’agissait peut-être d’un drôle de hasard, mais aucune troupe ne vint s’opposer à Dagoth jusqu’au siège de Solèce. Elle était sous la direction du prophète de Galléon et la plupart des soldats restants étaient des aédonites convertis à la cause insensée des prophètes. Même si les pouvoirs de l’incarnation déchirée de Galléon étaient extrêmement puissants, la nécromancie pouvait l’affaiblir. Le siège dura un peu moins de deux semaines. Après plusieurs assauts répétés et soutenus, enfin le champion de la Fosse réussit à approcher le faux Galléon vulnérable et lui trancha la tête de son épée de cristaux divins. Sans prendre de risque, Dagoth fit exécuter tous les partisans des prophètes. Il était tout de même illogique de régner sur un royaume sans sujets, il laissa aux nouveaux conquis non affectés par les faux dieux quelques quartiers pauvres de la ville.

    En plein cœur de Bélénos, il décida d’établir sa nouvelle capitale à Solèce, qui sera bien plus qu’un avant-poste pour une invasion, mais clairement le cœur battant d’un royaume qu’il se plaisait à dire «libéré». D’importantes migrations de nombreux démonistes affluèrent vers le nouveau siège du pouvoir. Le style de l’architecture fut majoritairement préservé et la restauration de la ville alla bon train, Dagoth ne lésinait pas sur les coûts. Il voulait faire de Solèce une nouvelle perle qui serait enviée de tous. De cet endroit où la richesse attire la richesse, il établit réellement son pouvoir et commença son règne. Les érudits assimilent la prise de Solèce au début du règne de Dagoth sur son royaume.

    Un exploit fut réalisé, il réussit, non sans-accros, à maintenir un équilibre fragile de cohabitation entre démonistes et priants de dieux, bien que leurs relations étaient réduites aux maximums. Il se forma une sorte de ghettoïsation pour les priants de dieux et tant que ceux-ci payaient leur taxe, Dagoth punissait sévèrement ceux qui allaient leur causer du malheur. Cette politique lui attira un certain capital de sympathie auprès du petit-peuple nouvellement conquis qui le voyait de plus en plus comme il s’autoproclamait : un sauveur.

    Le sauveur

    Dagoth entreprit donc une stratégie de conquête massive, d’ici quelques années, il planifiait de conquérir l’entièreté du territoire de Bélénos à l’est du Fleuve Maxence. Il réussit même à recruter dans ses armées quelques populations locales qui désiraient lutter contre les prophètes fous. Il tua le prophète de Sylva en prenant la cité de Chastel-Blanc, la chasse aux prophètes était ouverte. Leur armée s’écrasa au profit de Dagoth lors de la grande bataille de Pistaguer, trois prophètes fous furent tués dans cet affrontement, soit Mak’Udar, Ayka et Usire. L’entièreté de l’ancienne Alliance de Solèce était désormais complètement tombée sous le contrôle de Dagoth et de ses engeances. La population d’abord sceptique et paranoïaque, finit tranquillement par accepter le régime démoniste. Les règles étaient simples pour éviter les ennuis, ne pas contester le souverain et payer ses taxes.

    Le dernier prophète qui courrait toujours était celui de Gaea, qui se cachait probablement dans la Griffe de l’Ouest. Le roi Dagoth donc entreprit une politique extrêmement agressive pour retrouver ce dernier prophète. En fait, tant que celui-ci n’était pas exterminé, le pouvoir de Dagoth ne serait pas complètement assuré. Il chargea donc Boisé-Profond de défricher la Griffe de l’Ouest. Il y posta une bonne partie de son armée et jour après jour les arbres tombaient et la forêt s’éclaircissait. La petite ville forestière devint rapidement un grand centre industriel qui ne fournissait pas de brûler le bois dans les fours et les forges. Cela prit plus d’une année et demie, mais les bûcherons réussirent à traverser de bord en bord la Griffe de l’Ouest, ouvrant ainsi donc une route vers Halvard. Il profita de l’occasion pour soumettre la ville à son joug. Le chêne d’Usire fut aussi découvert, bien que l’accès aux pèlerins aédonite fût maintenu, comme véritable pied de nez à Usire, il y construisit d’immenses bordels et maisons de jeu à l’entour de la plaine du chêne. Il était impossible pour quelqu’un n’ayant pas le cœur pur d’entrer dans la plaine. Une clôture fut érigée et un droit de passage était demandé à ceux qui désiraient s’y rendre.

    Le prophète de Gaea se retrouva vite pris en étau entre l’armée de Dagoth qui avançait dans la forêt et les territoires survivants de la Griffe de l’Ouest. Il n’est pas clair de comment celui-ci arriva à la fin de ses jours, mais il est déclaré officiellement qu’il fut tué par des elfes de la Griffe de l’Ouest. Dagoth avait achevé sa mission et avait maintenant toute la crédibilité d’un sauveur et d’un roi.

    Le traité d’Halvard

    La prise récente d’Halvard eut plusieurs conséquences et malheureusement pour Dagoth, le Royaume du Nord galléonite s’apprêtait à lever une armée. Le but de cette manœuvre était d’écraser Dagoth et libérer la ville nouvellement conquise par le demi-démon puisque ses citoyens vénéraient majoritairement Galléon. Dagoth envoya donc des émissaires humains pour négocier avec eux.

    Contre toute attente, les galléonites sortirent de cette négociation assez rapidement avec une entente qui profitait aux deux parties. Les deux puissances évitaient de se confronter et en échange Dagoth libérait les citoyens galléonites d’Halvard et en plus il devait abandonner toute prétention territoriale sur Plessis-Bourré.
    Plessis-Bourré fut mise aussitôt sous la protection du Royaume du Nord qu’il renomma Port-Nouvel-Espérance et en fit le plus grand port de toute la mer du Nord. Avec une stabilité frontalière assurée au nord, Dagoth pouvait maintenant envisager une stratégie de conquête du sud.

    La résistance démoniste

    Le plus ironique pour Dagoth c’est que la véritable résistance envers son invasion ne provint pas des priants de dieu. Il faut dire que la plupart avaient été déchirés par les prophètes fous et n’avaient plus véritablement les moyens de résister à une seconde invasion. Par contre, ce n’était pas le cas du Conclave Impérial, pleinement opérationnel ceux-ci en avaient même profité pour faire valoir leur propre intérêt territorial et ils étaient en train d’envahir la Confrérie Markelus et le Duché d’Aurélius, en utilisant les cités elfes-noir comme bases principales d’invasion. Dagoth envoya donc un ultimatum à Caltagrad, capitale du Conclave Impérial, ils avaient un mois pour capituler et prêter allégeance au Roi.

    L’ultimatum ne reçut aucune réponse, Dagoth entreprit donc de faire descendre son armée au sud et commença sa progression à l’intérieur des terres du Conclave. Le Roi avait regarni les rangs de son armée auprès des nouveaux conquis, puisqu’ils les avaient sauvés, il n’eut pas de difficulté à rassembler une armée encore plus considérable que lors de la guerre des prophètes, promettant de vaincre la vanité du Conclave. Son armée progressait vite et les nécromanciens n’eurent pas d’autre choix que de battre en retraite de leur invasion d’Aurélius pour protéger leur cité. Dans un élan de traîtrise et de désespoirs, les nécromanciens n’avertirent pas l’impératrice des elfes-noirs. Seul au front, les elfes-noirs subirent de nombreuses pertes et leur territoire et capitale tombèrent aux mains de l’Aurélius, la pire défaite de leur histoire. (Voir l’histoire des elfes-noirs)
    Ainsi divisé le Conclave Impériale ne put résister à Dagoth et pilant sur leur orgueil pour éviter un exil forcé, prêtèrent allégeance au Roi. Pour rétablir des relations plus saines, Dagoth investit de grandes sommes dans la réfection du canal de Caltagrad qui évitait les rapides du fleuve Maxence. Ce qui permit à la ville de rouvrir son port et d’y avoir un petit quartier portuaire de vivants.

    Les elfes-noirs n’eurent pas le choix non plus de prêter allégeance à Dagoth pour éviter une extinction complète. Le souverain à demi-démon avait ainsi réussi à tirer son épingle du jeu et son royaume était en voie d’atteindre sa taille actuelle.

    Une paix durable

    Une fois son emprise presque totalement assurée sur l’est du fleuve Maxence, Dagoth décida d’investir massivement dans le sud de Bélénos, il restaura le FortSand, le Fort Gaumond et le Fort Lancedor. Afin de faire des escomptes sur la main-d’œuvre, il envoya les esclaves de son royaume y travailler. Ces trois forts ne retrouveront jamais leur grandeur d’antan, mais une fois relancés ils pourront devenir de véritable pierre angulaire de ces régions auparavant dévastées.

    Une mauvaise surprise arriva du Fleuve Maxence, les forces galléonites avaient pris le cours d’eau, probablement dû à une entente avec le Royaume d’Aurélius. Cette prise de contrôle empêcha quiconque n’ayant pas une autorisation du Royaume du Nord de voyager sur le fleuve et de le traverser, sous peine de déclencher une guerre. N’ayant pas envie d’entrer en conflit avec la puissance du nord, Dagoth accepta à contrecœur les nouvelles conditions maritimes. Dans la même continuité vers la recherche de la paix, Dagoth cessa les hostilités avec les Territoires Libres, c’est-à-dire les territoires de la cité d’Eseldorf et de la Griffe de l’Ouest, bien qu’il conserva ses frontières bien gardées.

    Cette paix relative qui dure encore aujourd’hui engendra une baisse des coûts dans les marchés du royaume. L’effet économique de la paix aida les nombreux projets de reconstruction du Roi. Solèce était maintenant achevée et son économie était centrée sur les produits de luxe et d’arts.

    Le Roi divisa son royaume en baronnie et en comté et nomma des gens méritants selon leur exploit à la guerre. Il installa donc un système de noblesse méritocratique, c’est-à-dire basé sur le mérite en opposition à une noblesse héréditaire de sang. Ces nominations ont aussi causé beaucoup de controverse, en effet Dagoth nomma quelques hommes-rats dans la noblesse. Les rats sont des ennemis jurés des elfes-noirs, leur nomination causa une grande jalousie chez les amaï’s.

    Le grand départ

    Les nouvelles que Mhor’kar était en grande difficulté arrivèrent jusqu’à Dagoth . Se sentant investi d’une mission spirituelle, il ordonna à ses armées de travailler activement sur le recrutement afin de se constituer une armée et de partir en croisade. La croisade annoncée mobilisa toutes ses énergies et l’objectif principal de son armée étant d’amasser des fonds et des soldats. Solèce devint un véritable centre militaire où des milliers de soldats s’entrainèrent sans relâche. Les ressources s’acheminaient vers la capitale de Dagoth délaissant ainsi les régions éloignées de son royaume, dont la Fosse, ce qui causa aussi la controverse.

    Peu à peu, les forces du Royaume du Nord réduisent leur surveillance du fleuve et laissent maintenant passer de petits contingents de troupes de moins d’une centaine de soldats. Ce qui n’était rien pour réduire le stress des comtes et barons frontalier de Dagoth.

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