Sous-section

    Ayka

    Celle qui jadis était la compagne de Galléon est aujourd’hui la Mère vengeresse du panthéon céleste. Ayka met de l’avant la nécessité de la confrontation et oblige à montrer la colère pieuse et l’esprit de vengeance dont peut faire preuve le vrai fidèle. Bien qu’elle soit une déesse, ses préceptes tendent souvent vers des comportements difficilement acceptés par la majorité, ce qui fait d’elle un mouton noir dans le panthéon.

    Histoire

    Selon de nombreux théologiens d’Illimune, les démons puisent leur pouvoir de l’extrapolation démesurée des valeurs positives des dieux. Ainsi, par exemple, alors que Galléon prône la fierté et le dépassement de soi, Kaalkhorn pousse à l’excès ces idéaux afin d’engendrer la vanité et la soif avide de gloire. Malgré cette réalité, les dieux savent bien définir leurs positions afin d’empêcher leurs véritables fidèles de se perdre dans les méandres du vices. Toutefois, au sein du panthéon céleste, tous les dieux ne sont pas aussi « modérés ». Ainsi se démarque du lot Ayka, la déesse vengeresse de la souffrance, le fer de lance de la justice divine. Pour tout être vouant sa vie à l’injustice ou au démonisme, le nom d’Ayka sonne à son oreille une cloche troublante et angoissante. Cependant, l’histoire de la sombre déesse fut riche en rebondissements.

    Il fut un temps où la grande Ayka prêchait d’autres principes que la souffrance et la vengeance, trouvant satisfaction de la contemplation tranquille de la vérité. Inséparables, les déesses Muse (désormais disparue) et Ayka prônaient ensemble la joie de vivre et la sagesse de bien vivre. Cependant, un évènement vint chambarder tous les grands principes d’Ayka. Il y a de cela plusieurs millénaires, une race de créatures géantes, incroyablement puissantes et judicieuses, peuplait une grande île, non loin d’Illimune. Cette race, appelée Cyclopes, fut victime de conquérants, venus du continent pour piller les ressources de l’île. Un vil humain, nommé Ultar, porta même l’affront ultime à l’un des grands cyclopes en lui crevant son unique œil. Ayka, témoin du chaos dont était victime un de ses peuples favoris, prit sur elle de régler le conflit en proférant aux Cyclopes le pouvoir de dispenser aux envahisseurs la même douleur qu’avait vécue leur camarade. Seulement, la déesse prit goût à cette justice d’« un œil pour un œil ». Dès lors, la douleur devint pour elle autant un outil qu’une sensation, qu’elle soit faite par autrui ou par soi-même. C’est donc dans cette souffrance que ses suivants retrouvaient sa puissance.

    Pendant des siècles, Ayka fut donc la nostalgique et tourmentée déesse de la souffrance. Heurtée par les actions des mortels, privée de son époux Galléon et rongée par l’incompréhension de tous à son égard, elle poussa ses fidèles à rechercher la douleur absurde, pure et simple. Un peu partout en Illimune, des fervents affublés de chaînes et de fouets déambulaient -cherchant toujours à éviter les Aédonites-, suscitant la méfiance et la crainte. Toutefois, en 745, l’inattendu se produisit et Chaos, le dieu originel de la destruction s’éveilla.

    Pendant plus d’un an, dieux et démons furent entraînés dans une valse terrible où nul ne connaissait l’heure de sa propre mort. C’est à ce moment qu’Ayka subit les attaques pestiférées des démons Morgh et Irmondul, désormais disparus. Certains disent que, si cela n’avait été de l’action rapide et efficace des aykiens d’Illimune, leur déesse aurait trépassé dans les pires tourments de la maladie et de la putréfaction. Cependant, dans la souffrance que la maladie lui infligeait, Ayka se nourrissait. Et dans la fureur émergente qui naissait en son âme sombre, son existence prenait un sens nouveau : La douleur devenait une arme au service de la vengeance, et la vengeance une étape vers la véritable justice. Forte de cette découverte, Ayka brisa alors les chaînes démoniaques qui l’accablaient et se libéra de l’emprise de Morgh et Irmondul. Dès lors, tous surent que la Reine de la souffrance était devenue la Vigilante céleste, le fer de lance acharné et implacable de la guerre contre les démons et la terreur.

    Dogmes et préceptes

    Portfolio : La Vengeance, la Confrontation, la Rétribution, la Souffrance.
    Symbole : Une Chaîne ou un Fouet.
    Préceptes :

    1. N’accepter aucun affront : Tu es le bras divin de la justice et de la rétribution. Celui qui osera questionner ou menacer ton existence devra être remis à l’ordre. Celui qui s’attaquera à ceux que tu chéris devra être poursuivi jusqu’à ce que vengeance soit accomplie.
    2. La lance des dieux : Jamais les démons ou leurs engeances ne devront être tolérés. Tu seras mon sombre combattant. Toute tactique est bonne à utiliser lors du combat contre les démons. Ta divine fureur brisera leurs lignes et transpercera leur coeur pour y laisser que frayeur. Va et frappe!
    3. La souffrance est le prix à payer : Ne crains pas la souffrance. À chaque événement est associé une souffrance et seul celui qui l’accepte peut apprendre à l’éviter. Tire un enseignement de cette souffrance afin qu’elle soit le moteur de ta quête de justice et de vengeance. Après la vengeance, la sagesse est acquise.

    Cultes dans le monde

    Le culte d’Ayka a toujours été quelque peu mitigé pour les mortels ne sachant trop comment réagir envers les suivants de cette déesse. La plupart des individus en ont peur et ne s’approchent pas trop d’eux, car rencontrer des suivants de la déesse n’est jamais chose agréable. Personne ne sait s’ils tenteront de vous faire souffrir pour un quelconque péché passé ou s’ils passeront leur chemin sans rien faire. Sur le champ de bataille, lorsqu’un guerrier est un grand adorateur d’Ayka, il devient redoutable en combat, car la souffrance ne peut arrêter ses ardeurs, au point même de lui donner satisfaction et motivation. Les prêtres d’Ayka, quant à eux, sont facilement reconnaissables car ils sont souvent fanatiquement marqués physiquement par des cicatrices, des coupures et des stigmates symbolisant de leurs combats passés.

    En raison de la guerre ouverte centenaire entre les priants d’Usire (prônant une justice fort différente de celle de la déesse) et ceux d’Ayka, ces derniers n’ont jamais été très présents dans les pays à vocation aédonite (L’Empire de Twyden et la Principauté d’Argyle). Même si cette tendance a fortement diminué au cours des dernières années, il était fréquent de voir dans ces contrées des bûchers et exécutions publiques mettant en « vedette » de pauvres Aykiens. Dans les nations galléonites (comme Terra Liberatis), le culte aykien est toutefois accepté et valorisé, le dieu de l’humanité voyant en son ancienne flamme le reflet de sa propre passion. Finalement, ailleurs dans le monde, le culte de la déesse sombre, même s’il est toléré, ne trouve encore que peu d’adeptes. Néanmoins, depuis le retour de Chaos, beaucoup d’aventuriers en quête de vengeance se tournent vers Ayka, découvrant en elle un mentor insoupçonné.

    En Bélénos, une seule seigneurie vénère et encourage le culte de la déesse vengeresse : les Cités de l’Ordre. Ailleurs, elle y est ouvertement pourchassée (Alliance de Solèce) ou tout juste acceptée (Duché d’Aurélius, Griffe de l’Ouest). En tous les cas, la perception qu’ont les Bélénois d’Ayka est encore fortement teintée de préjugés.