Sous-section

    Galléon

    L’individualisme est le domaine de Galléon. Il demande incessamment à ses suivants de démontrer leur supériorité sur leurs ennemis, et même sur leurs voisins. Pour lui, seuls les plus forts des Hommes peuvent faire évoluer les choses et, en mettant de l’avant cette perfection, il ne peut qu’améliorer cette race qui est la sienne. Galléon ne demande pas nécessairement de prouver la supériorité de par la guerre ; le verbe et la théologie sont des armes tout aussi tranchantes qu’une lame lorsque bien utilisées.

    Histoire

    Fils de Golgoth (aussi surprenant cela puisse-t-il paraître), Galléon était à l’origine le vigoureux et passionné dieu du vent et des tempêtes. Cependant, le jour où fut créée la race humaine, ce dernier s’en enticha immédiatement et s’en abrogea la tutelle. Dès ce moment, il devînt l’exigeant et perfectionniste dieu de l’Humanité. Pendant des siècles, il veilla sur la destinée des Hommes du royaume d’Illimune et d’ailleurs sans leur offrir une quelconque compassion ou pitié. Pour Galléon, l’humanité avait un grand potentiel, mais devait apprendre de ses erreurs par elle-même à force de chutes, de guerres et de désastres. Ainsi, Galléon le Grand ne fut jamais perçu dans les temps anciens comme un père bienveillant et digne d’amour : Accompagné de sa femme Ayka, il était le dur mentor dont a besoin tout soldat pour s’endurcir et éventuellement prouver sa supériorité à ses ennemis.

    Pendant la guerre des dieux, le nom de Galléon tomba mystérieusement dans l’oubli. De son rôle dans le conflit qui opposa le panthéon céleste à Chaos, il ne reste presque aucun indice. En tous les cas, c’est cette époque qui donna aux hommes l’une des premières raisons de se détourner de leur dieu. Après tout, avec ou sans Galléon, l’Humanité semblait tout autant laissée à elle-même. Dès lors, des hommes forts commencèrent pendant l’affrontement des immortels à clamer bien haut l’inutilité de leur dieu et la nécessité de s’en séparer afin de gagner une véritable indépendance.

    Tranquillement, cette idée fit son chemin et, bien après la fin de l’emprisonnement de Chaos, se concrétisa il y a près de 800 ans en un homme : Usire. Tout d’abord aimé et respecté de Galléon en tant que champion, Usire prit progressivement dans le coeur des Hommes la place de héros puis d’idole. Assistant au détournement de ses fidèles au profit d’un simple mortel, Galléon décida alors d’intervenir directement en Illimune. Quel moyen utilisa-t-il? Ce récit reste encore flou dans l’esprit des historiens. Ce que l’on sait par contre est que, suite à cette intervention, Golgoth destitua Galléon de son statut de dieu et donna le trône de l’Humanité à Usire, nouveau dieu des Hommes.

    Pendant des siècles, on crut que Galléon avait trépassé et que seuls quelques peuples exotiques (comme le Mohit) lui portaient par tradition une vénération inconditionnelle. Or, en 731 de notre ère, une immense armée de près de 40 000 guerriers provenant d’un lointain continent au-delà de l’océan débarqua sur les côtes occidentales de la Confédération Urdienne. À leur tête, un géant mystérieux du nom de Galléon brandissait la masse et lançait les soldats à l’assaut. Rapidement, les peuples d’Illimune comprirent qu’ils avaient affaire à l’ancien dieu déchu et qu’une vaste croisade entre Usire et Galléon allait avoir lieu. Pendant trois ans, la guerre ravagea le continent tout entier et déboucha ultimement sur le retour de Galléon en tant que dieu lors d’un rituel inconnu en Bélénos.

    Depuis 734, Galléon et Usire se partage -et non sans heurt- le titre de dieux de l’Humanité. Bien que l’éveil de Chaos ait adouci les tensions entre les deux déités antagonistes en leur montrant la nécessité de l’union, ils conservent encore une forte rancoeur l’un envers l’autre. Ainsi, sans prôner directement le massacre des fidèles de leur adversaire, Galléon et Usire cherchent constamment à démontrer par divers moyens (la parole, l’économie, les prouesses en tournoi, l’amour des foules, etc…) leur légitimité au trône de l’Humanité. Qui plus est, avec la disparition de Vaul face à Chaos, Galléon a su s’approprier certaines des valeurs que celui-ci protégeait : la fierté, la soif de gloire, l’honneur à tout prix…

    Dogmes et préceptes

    Portfolio : La Supériorité de la Race Humaine, l’Individualisme, la Fierté par la prouesse ainsi que la Perfection en son art.

    Symbole : Croissant de Lune pointant vers le haut avec une étoile en son creux.

    Préceptes :

    1. L’Humanité: L’Humanité est tout et sera toujours tout. Sois fort, crée une élite, représente ta race et élève-toi plus près de moi. Deviens l’exemple pour tes pairs et apporte la suprématie de l’Homme.
    2. Suprématie : L’Humain se doit de tout contrôler et de tout posséder. Le monde est sien. L’Humanité est la perfection et tu te dois d’en être l’incarnation. Tu travailleras toujours à son édification.
    3. Vérité : Tu excelleras de par mon patronage, tu seras le seul connaissant la Vérité sur l’avenir de l’Homme. Galléon est et sera toujours l’unique voie vers la grandeur. Démontre le par ta supériorité, perfectionne toi et fais éloge de tes prouesses au nom de Galléon, sans toutefois adopter la fourberie comme outil.

    Cultes dans le monde

    L’idéal du Galléonite n’est pas simple à atteindre. Entraîné aux arts de la guerre, il doit malgré tout entretenir sa vivacité d’esprit et son talent oratoire. Décidé à convertir les Aédonites à sa vision du monde, il doit néanmoins s’assurer le respect de la population en général. Conscient de la supériorité de l’Homme, il ne doit jamais perdre la face contre un membre d’une autre race. Être un fidèle de Galléon est donc une tâche ardue que peu d’Homme peuvent se vanter d’avoir accomplie véritablement. Cela n’empêche cependant pas d’innombrables individus -soldats, prêtres, rhéteurs, artistes et autres- de tenter leur chance, cherchant à attirer l’attention du parfait dieu des Hommes.

    Historiquement, le culte à Galléon s’est trouvé fortement isolé à l’intérieur des lointaines frontières du Mohit. Cerné par les déserts et peuplé par une population endurcie et cultivée, le Mohit a su nourrir pendant des siècles l’espoir que Galléon reviendrait en ses terres afin de l’amener vers la gloire. Alors que tous y voyaient une idiotie mystique, la panique s’empara de la plupart des Occidentaux lorsque Galléon revînt bel et bien de son exil. Encore aujourd’hui, suite à cette prophétie réalisée, le Mohit demeure une contrée presque totalement galléonite où la ferveur religieuse n’a que peu d’égale ailleurs dans le monde.

    Depuis 734, la foi en Galléon s’est cependant propagée un peu partout en Illimune, franchissant les frontières du Mohit et faisant de cette religion la seconde en importance dans le monde. Provenant du lointain continent de Deus Patres, les Galléonites de l’Ouest s’installèrent dans les diverses nations après la guerre afin de convertir un maximum de fidèles de « l’Usurpateur ». Ainsi, alors que certains États se réclament ouvertement du premier dieu de l’Homme (Terra Liberatis et la Confédération libérée), d’autres se contentent d’accepter en leurs terres les adeptes de cette foi (le Bastion, la Terre des Brumes et même Argyle dans une plus faible proportion).

    En Bélénos, Galléon trouve de nombreux fidèles dans les Cités de l’Ordre, là où se sont réfugiés au cours des dernières années bon nombre de Galléonites en exil. D’ailleurs, le Triumvirat affirme haut et fort la puissance de la déité, voyant en lui l’exemple parfait du dieu déterminé et discipliné. Dans les autres seigneuries, Galléon ne trouve presque aucun appui si ce n’est au sein du duché d’Aurélius où certaines familles commencent timidement à s’y montrer intéressées.