Sous-section

    Les Sibylles

    Les Sibylles

    Regroupement de quatre déités mineures, les Sibylles sont les voyageurs festifs des dieux, formant une famille de nomades. Se déplaçant d’un domaine divin à un autre, elles font fi des conventions divines et aident selon leurs propres idéaux leurs frères et soeurs du panthéon céleste (allant jusqu’à migrer vers les domaines de chacun de façon inopportune). Malgré cet esprit fort axé sur le libertinage, les Sibylles vouent tout de même une haine sans borne à tout ce qui est démoniaque, ces êtres étant la négation même de la beauté et de la joie.

    Histoire

    Les Sibylles sont les dernières nées du panthéon céleste, fort ébranlé par le retour du dieu destructeur originel Chaos lors des années 744 et 745. Alors que de nombreux dieux et démons trouvaient la mort par l’influence de Chaos, Muse et Tharos, les anciennes déités de l’art et de la chance, décidèrent à la surprise de tous de céder leurs pouvoirs à une nouvelle entité. De cette union -ayant pour but de survivre face aux assauts de Chaos- naquirent les Sibylles.

    Au nombre de quatre, les Sibylles, apparurent donc subitement dans le paysage du panthéon. Contrairement aux autres divinités, les Sibylles avaient besoin l’une de l’autre afin d’exercer leurs pouvoirs supérieurs. Ainsi, alors que le Ménestrel, le Voyageur, le Bon-vivant et le Mécène ne peuvent accorder de pouvoir individuellement à des fidèles, tous ensemble ils sont susceptibles d’atteindre la même puissance que n’importe quel autre dieu supérieur. Cette nouvelle réalité fut rapidement comprise par les anciens prêtres et adorateurs de Muse ou Tharos qui se tournèrent vers les nouvelles entités. Cela semblait d’ailleurs être la dernière leçon laissée par ce duo défunt : Art et richesse, destin et fête, la réalité est comme une pièce de monnaie à deux faces. L’une sans l’autre, rien n’est possible et tout devient absurde.

    Ceci dit, la première question qui brûla les lèvres des nouveaux fervents des Sibylles fut la suivante : D’où vient ce quatuor divin? Encore à ce jour, aucune réponse définitive ne fut offerte par les dieux. Pour certains, les Sibylles étaient de véritables mortels élevés par Muse et Tharos au statut de divinité avant leur disparition. Pour d’autres, ce sont des entités mystiques inconnues élues par leurs prédécesseurs. Certains vont finalement jusqu’à affirmer que les Sibylles sont les enfants de Muse et Tharos qui, dans un dernier acte, se serait unis dans une valse sensuelle et hasardeuse. Malgré ces nombreuses théories, nul ne semble toutefois détenir la vérité.

    En somme, l’histoire des Sibylles est très incomplète. Si leur passé est flou et peu garni, leur futur semble pour sa part fort complexe et imprévisible.

    Dogmes et préceptes

    Représentant à la fois la joie de vivre et l’amusement de Muse ainsi que le gain et le destin de Tharôs, les Sibylles sont nées de leur « fusion ». Elles sont comme le vent, les messagères du monde céleste pour les mortels. Il n’est pas rare de voir l’un de leurs fervents soutenant de ses chants une légion de chevaliers pour éradiquer les nécromanciens ou un autre racheter un lopin de terre -parfois avec une ruse douteuse- à un baron trop gourmand pour le redonner à un honnête paysan. Dans tous les cas, la fourberie et le mensonge sont dédaignés au profit de l’audace et de la vivacité d’esprit. À quoi bon mentir et tromper quand on peut utiliser la vérité efficacement?

    Toutes unies sous leurs symboles, la rose des vents ou un chapiteau à quatre couleurs, elles forment un tout, mais séparément, elles ne sont pas une divinité.

    Portfolio : L’Art (le Ménestrel, vert), le Destin (le Voyageur, bleu), la Fête (le Bon-vivant, rouge) et la Prospérité (le Mécène, or).

    Symbole : Un chapiteau à quatre couleurs, ou un cercle séparé en quatre

    Préceptes :

    I- L’art et l’esthétique : Tu valoriseras la beauté en toute chose, ainsi que les arts. Ta main, ta parole ou ta personne sera toujours l’émissaire de l’harmonie. Combat avec ardeur toutes les engeances démoniaques, celles-ci étant le contraire de l’harmonie et de la joie en ce monde. L’évolution d’un peuple passe par sa culture plus que par la peur.

    II- Destin et voyage : Nous sommes tous des voyageurs qui traversons le passé, le présent et le futur. Le temps est une rivière fluctuante et imprévisible dont nous devons profiter à chaque instant. Peu importe le destin ou la liberté totale, chaque expérience doit être savourée. Suis tes propres règles ; dompte le destin, va où bon te semble et fais ta propre chance.

    III- La richesse et la prospérité : Il faut savoir s’enrichir et prospérer, le moins souvent au détriment d’honnêtes gens, surtout ceux protégeant l’art, la beauté et l’harmonie du monde. L’abus n’est jamais une solution, peu importe la situation et l’honnêteté est une valeur qui doit être réciproque.

    Cultes dans le monde

    Le culte des Sibylles est nouveau en Illimune. On semble cependant constater que ce culte intéresse toutes sortes de gens. Majoritairement des bardes, des marchands, des brasseurs et autres gens d’affaires, mais aussi des guerriers avec du coeur au ventre et une faim sans limite. Il n’est pas rare de voir des prêtres des Sibylles dans différents établissements de restauration pour inspirer des voyageurs et leur donner bénédiction. Sur le plan racial, la plupart des fidèles des Sibylles sont des humains, des chapardeurs et d’autres races peu enclines à la discipline. Quant aux nains et aux elfes, ceux-ci préfèrent de loin le travail prôné par Mak’Udar pour les premiers et la structure propre à Sylva pour les seconds. En somme, le libertinage et l’absence de considération pour l’ordre des Sibylles n’est pas pour plaire à toutes les races.

    Pour ces mêmes raisons, l’émergence de ce nouveau culte est vu d’un mauvais oeil dans les différentes contrées du monde. Dans l’Empire de Twyden, Argyle, le Bastion et Terra Liberatis, là où la discipline constitue une valeur sociale forte, les Sibylles sont vues comme d’éventuelles menaces à l’ordre public. Malgré ce fait, de nombreux temples de Muse et de Tharos se sont tout de même convertis aux nouveaux dieux en conservant une certain retenue dans leurs pratiques. Cependant, en Confédération Urdienne et à Lavakhnir, les prêcheurs des Sibylles courent déjà les rues en affirmant la liberté totale et incomparable prônée par leurs dieux.

    En Bélénos, la situation est beaucoup plus délicate et varie fortement en fonction de la seigneurie. Hormis la Griffe de l’Ouest et le duché d’Aurélius, aucun territoire ne s’est dit officiellement réceptif à l’accueil des Sibylles. Que ce soit en raison de leur idéologie libertine (Cités de l’Ordre) ou de l’éloignement des valeurs aédonites (Alliance de Solèce), la réputation de ces dieux est encore toute à faire. En tous les cas, les divers clergés de ceux-ci demeurent encore en réorganisation.

    Célébrations et rituels

    L’arrivée des Sibilles par les textes

    Songe d’un barde de Muse

    Voici le dernier songe que firent les priants de Muse avant sa disparition…

    La lumière dorée éclairait largement la pièce richement décorée. Les coupes de verres étaient remplis de vin et de calva. Les bols de cristal laissaient voir les fruits mûrs que ceux-ci contenaient. Les tapisseries toutes plus belles les une que les autres habillaient les murs et, sur son siège, la grande marcheuse regardait d’un air anxieux la grande harpe qui se trouvait à ses côtés. Elle se leva et caressa ses cordes une dernière fois avant que la porte de la grande salle ne s’ouvre violemment. Une femme aux courbes voluptueuses y entra en se déhanchant de façon osée, aux limites de l‘indécence. Ses voiles couvrant la majorité de son corps flottaient au rythme de ses pas. Elle s’approcha de la grande marcheuse quand celle-ci disparue dans un éclat de lumière dorée laissant la fille de joie seule en son temple.

    Songe d’un éclaireur de Thâros

    Voici le dernier songe que firent les priants de Tharos avant sa disparition…

    Le croissant de lune illuminait faiblement dans la pièce poussiéreuse. Négligée avec les années, la pièce avait perdu son allure d’antan. Les tapisseries étaient maintenant toutes effilées et déchirées. Des fruits putréfiés remplissaient les bols de terres cuites émaillés. Assis sur son fauteuil débourré, le grand devin regardait avec nostalgie dans sa boule de cristal, une ombre bourgogne défonçant sans trop de difficulté la porte à moitié sortie de ses gonds. Le grand devin la regarda avec résignation, prêt à recevoir ce qui semblait inévitable depuis quelques mois. Soudain, une vive lumière dorée apparue à ses côtés. Une femme en sortit et prit l’homme par les mains. Les corps prirent respectivement des couleurs dorées et argentées avant de disparaître dans le cieux pour que leurs lumières explosent en 4 rayons pour tomber vers la terre d’Illimune.

    Journal de Joseph Lajoie

    Moine astrologue de l’abbaye de Fondcourt Village d’Hyden, Terre de Bélénos, 21 décembre 745

    Pendant que la lune éclairait doucement la terre gelée par les glaces hivernales, je regardais les constellations pour prédire l’arrivée de l’été à la demande de l’association des maraîchers du village. Soudain, j’aperçus au travers de ma lunette 4 sphères de lumière s’élever aux quatre coins du continent. Une rouge qui se dirigeait vers Argyle, une jaune vers la Confédération Urdienne, une bleu vers Dorgon et finalement une verte vers la Forêt Noire. Quelle est donc cette divine prophétie qui fait pleuvoir de la lumière du ciel? Serait-ce un mécontentement de la part des dieux? Chose certaine, je dois contacter mes amis astrologue pour savoir ce qui en retourne.

    Article du Damoiseau

    parution du mois de février 746

    Selon des sources fiables de la part d’un dénommé Samène d’Argyle, il aurait vu une lumière vive descendre sur son compagnon, le brasseur de l’auberge du sanglier de bronze, alors que celui-ci s’en retournait à son domicile respectif. Samène nous dit, et je cite: « Aurais pas cru ça de mes yeux vu si j’avais pas été a jeun pour une fois, la lumière l’a entouré et ses yeux sont devenus tout doré ». Il me sourit en m’affirmant que tout irait bien et qu’on se reverrait bien vite avant de disparaitre sous mes yeux.

    L’homme était vraisemblable en état de choc à la suite de cette apparition mystérieuse. Chose certaine, nous serons là pour couvrir cette histoire et informer le peuple de ce qui en retourne.

    Article signé par Grégor Lacerte

    Auteurs : Guillaume Bélisle