Sous-section

    Sylva

    La déesse de la magie et de la connaissance prône l’harmonisation de la Toile magique et une utilisation justifiée, altruiste de celle-ci. Elle est la Patronne de la Magie arcanique du côté de l’Ordre. Les abus de même que les excès la révulsent et elle cherche toujours à protéger et entretenir la Toile telle une mère protégeant son enfant. Elle valorise la connaissance, l’érudition et le raffinement des arts des arcanes. Elle entretient des relations tendues avec Mak’Udar qui opte plus souvent pour la voie des armes et du métal. Ayant été jadis priée surtout par les elfes, son amitié avec Gaea n’a d’égale que sa profonde haine pour Amaï’ra qui a corrompu une partie de son ancien peuple et qui lui oppose aujourd’hui sa vision machiavélique de la magie.

    Histoire

    Fille de Mador, Sylva fut pendant de longs millénaires la fière mère de la race elfique. Assistée de ses frères et soeurs dont seuls les plus grands érudits connaissent aujourd’hui les noms, elle veillait à la protection de ses enfants chéris. Cependant, la noblesse et la fierté de ses protégés n’avait d’égal que leur méfiance des races « indignes ». Les siècles se succédèrent donc et avec eux naquirent de nombreux conflits sanglants. D’abord contre les Thilians -l’une des premières races à avoir foulé le sol de notre monde-, ensuite contre les nains et les morts-vivants, les elfes menèrent d’innombrables luttes afin d’éliminer ce qu’ils concevaient être une souillure menaçant leurs terres. Ordonnés et formés aux divers arts de la guerre par leurs dieux, ils sortirent victorieux de l’ensemble de leurs guerres, même si celles-ci laissaient à chaque fois une trace indélébile sur leur société et leurs terres.

    C’est alors que Golgoth créa les humains. Pour Sylva, Golgoth avait créé une race compatible avec les elfes, mais ne possédant pas leur magnificence, demeurant une pâle copie des elfes à laquelle il manquait leur grâce et leur pureté. Elle dicta alors à ses suivants de se méfier des humains, craignant pour leur tranquillité. Sylva n’eut pas tort, car les humains voulurent de plus en plus de territoire, attaquant les elfes à plusieurs reprises et détruisant bon nombre de forêts. Par contre, l’insulte suprême fut la violence que les humains infligèrent aux Eldars lors de ces guerres et qui donnèrent naissance à des hybrides, les demi-elfes. La première réaction de Sylva fut de demander aux Eldars de détruire ces hybrides, mais sous les conseils de Gaea, elle se rétracta. La vie, même engendrée dans la violence, devait avoir cours. Encore aujourd’hui, les demi-elfes sont ainsi des parias à la fois chez les elfes et les hommes.

    Les années passèrent et les guerres se succédèrent, mais les protégés de Sylva réussirent à se relever à chaque fois. Cependant, la guerre des dieux allait changer radicalement la mentalité de la déesse elfique. Lorsque Irmondul (ancien démon de la pestilence) s’échappa et tenta de détruire l’œuvre de Gaea, Sylva constata que Golgoth restait stoïque et regardait d’un œil détaché les Eldars mourir par la corruption de leurs mallornië (arbres possédant l’essence des Eldars). Cette hécatombe dura 36 ans et ce ne fut que lorsque Gaea créa les Kamis, une race issue de l’âme des forêts, pour combattre Irmondul et ses hordes de créatures pestilentielles, que le vent tourna. Néanmoins, quand Irmondul fut repoussé, les Eldars n’étaient plus les mêmes et la magie de leur lien avec les mallornië avait presque disparu.

    Pire encore, au coeur des royaumes célestes, les frères et soeurs de Sylva furent frappés par les horreurs de la guerre. Alors que plusieurs de ces derniers connurent la mort sur le champ de bataille, l’une de celle-ci opta pour l’ultime trahison. Amaï’ra, déesse de la nuit et de la magie, dans un élan de rage soudain, se jeta dans les rangs démoniaques et fut corrompue par les ténèbres. Laissée en deuil et abandonnée par l’une de ses plus fidèles amies, Sylva ressortit de l’affrontement des Immortels frustrée et amère. Si Golgoth avait agi dès le commencement en arrêtant la folie de Chaos, tout ceci ne serait jamais survenu ; Sylva le savait, et elle allait s’en souvenir pour les siècles à venir.

    En 745, l’inévitable se reproduisit et Chaos s’éveilla de nouveau, réveillant de vieux souvenirs. Alors que Vaul affrontait la mort lors de son second duel avec le dieu originel de la destruction, une course au contrôle de la Toile magique débuta. Amaï’ra, Xalarthu, Céleste et Sylva se ruèrent sur ce qui constituait l’essence même de la réalité et tentèrent d’en devenir les maîtres afin de mieux résister à Chaos par la suite. Ultimement, ce furent les anciennes camarades -Amaï’ra et Sylva- qui mirent la main sur l’objet de leurs désirs, occasionnant la disparition de Xalarthu et Céleste. Dès lors porteuse d’une responsabilité immense, Sylva fit un choix historique : ouvrir les portes de son culte à l’ensemble des races de l’Ordre. En tant que dernière fille de Mador (avec Ayka), elle ne pouvait plus se permettre de limiter son influence aux elfes. Pour combattre le chaos, il fallait partager ses enseignements aux méritants et aux gardiens d’Illimune quelle que soit leur race.

    Dogmes et préceptes

    Portfolio : La Magie arcanique ordonnée, la Connaissance, la Patience, la Rationalité.

    Symbole : Trois Flèches

    Préceptes :

    1. Raison et Patience: L’impulsivité et la passion sont la perte de l’Ordre. L’irrationalité est pire que le mal, elle conduit au Chaos et à la destruction. L’impulsivité est la mort de la raison qui conduit alors vers le sombre chemin des viles passions. Tout est calculable et tout doit se calculer; rien n’est fortuit, ne te presse point et réfléchis.
    2. La Structure: L’Ordre est précieux, tout doit être structuré et bien géré. La désorganisation et l’anarchie sont les essences qui nourrissent Chaos. Tu te devras de combattre toutes parcelles de chaos et de répandre la connaissance, car l’ignorance est l’outil qui permet aux simples d’être pervertis.
    3. L’Arcane est Ordre: L’Art se doit d’être structuré et protégé. Tu propageras l’Art comme étant un outil pour servir les peuples et la civilisation. Décourage les fous qui croient en être le maître, ne sombre point dans l’égoïsme. Combats les filles et les fils de l’Égoïste Traitresse ainsi que son influence.

    Cultes dans le monde

    Évidemment, encore aujourd’hui, Sylva est fortement priée par les elfes. La plupart de ceux-ci résident à la Cour elfique et ont presque tous passé environ un siècle à la Porte (institution religieuse de Sylva). Théologiquement, la Porte ouvre la voie sur les trois flèches d’argent (de là le symbole de Sylva) : la première flèche perce les limbes pour apercevoir Sylva dans sa beauté et sa miséricorde, la deuxième transporte l’âme des défunts aux confins des Limbes et la troisième est la flèche ultime que Sylva retire du cœur inerte de l’elfe pour qu’il revive auprès des siens. Il est à noter que ce ne sont pas tous les elfes priant Sylva qui font partie de la Porte. Plusieurs elfes vivant à l’extérieur de la Forêt noire se dotent d’institutions plus laxistes ou prêchent tout simplement leur foi sans l’organiser autour d’une institution.

    Néanmoins, depuis 745, le culte de Sylva a connu une forte expansion à l’extérieur des frontières de la Cour elfique. Avec la disparition de Céleste, Sylva est devenue la nouvelle patronne des magiciens et des arcanistes du « Bien ». Beaucoup plus combattive que son prédécesseur, Sylva a su donner un sens à la mort de Céleste auprès de ses fidèles. Prônant l’Ordre et l’utilisation responsable et altruiste de la magie, elle a pu se frayer un chemin à l’intérieur de la plupart des universités et des cours d’Illimune (sans pousser de nations à s’y convertir officiellement). Finalement, plusieurs guerriers mettant un accent tout particulier sur la stratégie et les tactiques militaires se sont aussi tournés vers Sylva suite à son ouverture sur les races étrangères à la Cour elfique. Pour eux, la déesse de la connaissance n’est pas la maitresse des érudits courbés sur leurs recueils poussiéreux, mais plutôt l’amazone guerrière frappant le chaos là où il le faut. Ainsi vont de pair les deux identités de Sylva : la sage patronne des savants et la stratège de la guerre contre l’anarchie.

    En Bélénos, le nom de la déesse de la magie est avant tout entendu dans la Griffe de l’Ouest (là où résident nombre d’elfes) et dans le Duché d’Aurélius (où les arcanistes se sont massivement convertis à elle suite à la mort de Céleste). Dans les autres seigneuries, elle ne reçoit pratiquement aucun appui (Alliance de Solèce) ou est même ouvertement méprisée (Cités de l’Ordre). Malgré tout, les fervents de Sylva ont de grands défis à surmonter dans la région, le culte d’Amaï’ra séduisant de plus en plus d’individus ambitieux recherchant le pouvoir par la magie et l’intrigue.