Elfe
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Les elfes sont le peuple de l'Ordre créer pour cette fonction par les dieux créateurs. Ils sont fixes dans le temps, ils ne vieillissent que par esthétisme et seule la pure violence peut les tuer. Ils sont le bastion de la moralité, de l'art de la guerre et de la sagesse sur Illimune. Leurs savoirs, teinté des âges de la mémoire, est constamment en demande de la part des hommes et les elfes, en bons parents d'Illimune, diffusent leurs savoirs aux méritants.
On retrouve les elfes dans presque toutes les nations d'Illimune. La presque totalité des elfes se retrouve au sein de la Forêt noire divisée entre deux nations : la Cour elfique et le Royaume de Naithan.
Catégorisation culturelle des elfes
Les elfes ne sont pas une race homogène, ils ont chacun leur saveur propre. Au début, il n'y avait que des elfes uniformes dans leur individualité. Mais les guerres et l'avènement des dieux ont apporté une certaine classification des différents regroupements d'elfes. Il y a les elfes des Maisons nobles, celles qui dans l'histoire elfique étaient les plus près du pouvoir et des usages de la Cour. Les elfes des Maisons grises étaient des elfes aventuriers dont les grandes familles se sont démarquées grâce à leurs initiatives toujours plus promptes les unes des autres. Les Clans sauvages sont les elfes qui ont décidé avec l'avènement des saisons de s'installer loin de la Cour et de protéger la Forêt noire. Il y avait aussi les elfes des Maisons aux arcanes qui aujourd'hui sont disparus. Les Maisons aux Arcanes se sont vues corrompre avec la traîtrise de Amaï'ra. Certes, il y a les elfes de Naithan qui s'auto nomme les « royaliste » et que les autres elfes surnomment les « traîtres aux siens ». Le seigneur S de la Maison grise du Phénix, régent du secteur d'Hyden sur les Terres de Bélénos se dirait elfe lunaire, son cas fut à l'étude et sous surveillance de la part de la Cour elfique durant plus de quatre années. Finalement, elle a banni les elfes lunaires en 734.
Les elfes de la Cour elfique
Située au nord de la Forêt noire, la Cour elfique est probablement la plus vieille nation existante. Les elfes sont apparus en cette région et c'est là qu'ils se sont concentrés pour former une nation qui a longtemps été extrêmement vaste, mais jamais populeuse. Après des millénaires de lutte, la “capitale” elfe n'est jamais réellement tombée, mais toutes ces guerres ont épuisé la nation. Les elfes ont toujours été un peuple fermé. La Cour elfique n'accepte pas réellement les bâtards que sont les demi-elfes ni les autres races, bien qu'elle puisse les “inviter”, et ce, en de rares cas et pour des durées du temps d'une vie humaine. La Cour elfique a depuis quelques siècles compris qu'elle ne pourrait plus survivre seule. Aussi, elle envoie régulièrement de ses jeunes en mission dans le monde. Elle possède aussi quelques ambassades étrangères, mais, dans tous les cas, les individus travaillent pour la Cour et cherchent à la servir du mieux qu'ils le peuvent.
Les elfes nobles se caractérisent par leur esprit avisé et leur volonté de persévérance dans le temps et l'histoire. La noblesse de leurs traits est facilement distinguable. Les Grandes familles de nobles ont toujours eu tendance à décider du visage politique de la Forêt noire. Les nobles sont la sagesse, ce qui en dit long sur leurs aptitudes au sein de la nation elfique. En tant que Gardien du savoir et de la sagesse des Elfes, les nobles occupent les positions clés au sein des institutions elfiques et ce, même depuis la chute du Roi Maikaïon. Grâce à leurs positions privilégiées, les elfes nobles ne quittent que très rarement la Forêt noire. Ceux qui s'aventurent à l'extérieur de la Forêt noire sont des elfes très téméraires et cherchent dans l'exil le pouvoir sur les hommes. Les nobles sont les elfes qui croient le moins en l'homme, ils les méprisent ainsi que toutes les autres simili-races de racailles. Les elfes nobles sont respectés au sein de la nation elfique de par leur infinie sagesse, mais les événements avec Fuin Dagnir a terni leur domination sur la nation elfique. Ils sont supérieurs en nombre au Conseil des sages, mais leurs paroles sont de moins en moins écoutées et ce, au profit des elfes gris. Peut-être que leur bravoure au combat dans la guerre contre les hordes de morts-vivants redorera leur image, car les nobles sont faits pour diriger les elfes, ils sont les plus sages, les plus avisés et les plus organisés des elfes.
Les elfes gris reflètent une grande profondeur, ils incarnent la saveur et la vivacité des elfes. Ils sont le fruit des chants anciens et leur mélodie rayonne de leur art. On les surnomme les elfes gris car, ils sont la nuance des autres elfes grâce à leur rapport avec la vie, la joie, la beauté. C'est de leur art que proviennent les plus belles et les plus élogieuses œuvres de la Forêt noire. Leurs discours du beau, du bien et du juste les amène à rechercher avec une fervente curiosité les nouveaux esprits. Ils sont les moins conservateurs des elfes et les autres les associent souvent à des elfes immatures et irresponsables. Mais les gris savent très bien que c'est grâce à leur courage et à leur détermination que les elfes conservent toujours la Forêt noire car, sans eux pour inciter la nation elfique à sortir de sa forêt, il y aurait longtemps que les humains les auraient envahis. Les gris sont ceux que l'on retrouve le plus souvent près des humains, car la fragile existence de ceux-ci a tout pour fasciner.
Les elfes sauvages sont les plus renfermés des elfes, ils s'organisent de manière clanique et essaient d'avoir le moins de contact possible avec les autres races et même avec les elfes. Dès l'apparition de la race humaine, ils refusèrent tous contacts avec eux, car chaque arbre qu'ils coupaient pouvait être l'un des leurs. Les elfes sauvages se sentent bafoués par les nobles et les gris puisqu'ils ont accepté de léguer des parties de la Forêt aux humains. L'âme des sauvages a toujours été celle d'un arbre, d'un animal, d'une plante ou d'un élément, ils vivent pour et par la Forêt. La protection de la Forêt noire est leur destinée, leur tâche en ce bas monde. Depuis la deuxième venue de Mortis, les elfes sauvages considèrent les nobles comme des lâches qui ont préféré se cacher derrière une épée sanglante que de combattre l'ennemi. C'est d'ailleurs depuis ce temps que les sauvages sont très réduits en nombre et que leurs lignées risquent de se perdre dans le cycle des saisons. Les elfes sauvages vivent sous forme de clan elfique très réduit en nombre. Par ailleurs, les elfes sauvages sortent très rarement des forêts. Pour un sauvage, toutes les autres races sont corrompues.
Les elfes du Royaume de Naithan
Le royaume I Poicar, qui dans leur langue revient à dire "Royaume des pures", est extrêmement hermétique. Comme anciennement à la Forêt de l'oubli, un individu y pénétrant oubliera à sa sortie tout ce qu'il a pu y voir. Cet enchantement très puissant serait le fait du prince Naithan et de sa magie. Aucun des elfes rencontrés en Bélénos ne provient de cette région, et s'ils en venaient, nul ne le dirait. Officiellement, aucun elfe de cette nation ne sort de son royaume, c'est-à-dire le sud de la Forêt noire. En réalité, il y a bien quelques groupuscules qui le font, mais toujours dans un but bien précis. Généralement, ce but est d'obtenir quelques informations spécifiques et/ou artéfacts magiques des nations voisines, tout en ternissant au passage la réputation de leurs frères et sœurs elfes de la Cour elfique dont ils usurpent l'identité.
Après l'exil forcé de Naithan et de ses frères (-823), la Cour elfique perdit toutes traces de cet elfe et de nombre de ses amis et alliés. Lors de la dernière guerre de la Forêt noire(724), Naithan réapparu avec 12 000 elfes. Il revenait de la Forêt de l'oubli et venait reprendre son trône. Les elfes de la Cour elfique qui étaient en guerre négocièrent le partage du territoire. Ainsi, Naithan s'installa dans le sud de la Forêt et ceux qui s'y aventurent perdre la mémoire des évènements passés. Les elfes de Naithan sont d'une uniformité déconcertante, ils sont tous vêtu de Rouge et d'or. La grande majorité sont blond, peau pâle et yeux bleu.
Les elfes lunaires de la Griffe de l'Ouest
Il semble que les elfes lunaires naquirent sur les Terres de Bélénos. Les Sages de la Cour elfique ne parlent pas d'une race elfique mais peut-être d'une malédiction ou d'un don. Le premier des elfes lunaires est Sryou de la Maison grise du Phénix un elfe très influent en Bélénos. Par ailleurs, on retrouve les elfes lunaires seulement sur les Terres de Bélénos. On dit d'eux qu'ils sont des fanatiques de Gaea et que leur force brute est déconcertante. Les elfes lunaires sont regroupés dans la Griffe de l'Ouest avec des anciennes troupes de la Régence argylienne de Syptosis sous la bannière des Corbeaux noirs.
Les elfes d'Illimune
Un peu partout se retrouvent des elfes qui n'ont aucun lien avec les trois nations citées plus haut. Ceux-là ont soit adopté des mœurs qui se rapprochent beaucoup de celles des humains, soit ils vivent en minuscules communautés dans une forêt qu'ils protègent contre toute intrusion. Ce dernier cas se voit surtout dans les Terres des Brumes.
Culture
La culture elfique est empreinte des millénaires qui l'ont forgée. Durant la première ère, celle que l'on nomme communément l'avant-Guerre (-7768 à -4720), les elfes vivaient dans l'harmonie de leur créateur, Mador. Ils exploraient le monde pour le plaisir de la connaissance et de la découverte. Ils ne connaissaient ni rancune, ni haine et ni devoir, car ils étaient frivoles et libres ne vivant que pour le moment présent dans une éternité sans faille. S'il advenait que l'un d'eux disparaisse d'un accident, un prêtre et une prêtresse se mettaient en devoir de procréer pour combler le manque. Ainsi, ils furent créés au nombre de 10 000 et ils restèrent ce nombre exact durant toute cette ère. De plus, les âmes des elfes étaient liées à un arbre de vie ce qui leur donnait un rapport particulier avec la nature, la vie et le temps.
Toute cette harmonie, cette perfection fut éradiquée durant la Première Guerre. Les elfes se firent massacrés par une race puissante mais vaniteuse. Ils ripostèrent avec l'aide de plusieurs dieux, Valliand'ur, Sylva, Gaea et Amaï'ra. Ces derniers leur donnèrent des armes pour combattre et les elfes en firent bon usage et massacrèrent à leur tour tous leurs ennemis. Cet usage de la violence redéfinit leur culture, car maintenant, ils savaient que le monde ne serait plus jamais à leur image et que le chaos s'était immiscé sur le monde civilisé. Ainsi, les elfes devinrent une armée, une armée de l'Ordre pour contrer le Chaos. Ils s'organisent en Maisons et en Clans et ce, pour devenir des bataillons efficaces et redoutables.
De ce jour, le Roi des elfes, ordonna que les elfes procréer pour devenir l'armée ultime de l'Ordre, de Mador et des dieux. Des couples se formèrent, des Maisons s'érigèrent pour élever les enfants et les elfes passèrent d'un mode de vie nomade à la sédentarité. Les elfes sont devenus une gérontocratie, gouvernée par le Roi avec un Conseil de 15 Grands sages, ses collaborateurs les plus avisés.
La lignée chez les elfes est matrilinéaire. Ainsi, si une elfe a un enfant ce dernier portera le nom de sa Maison. S'il s'avère qu'il soit un mâle, l'elfe devra s'unir avec une elfe de sa propre maison pour rester au sein de sa Maison. Il pourra aussi joindre une autre Maison par mariage. La femelle elfe reste toujours au sein de sa Maison, c'est elle qui assure la cohésion de la lignée. Il n'est pas rare de voir des enfants naîtrent hors du mariage, car l'elfe mâle ne veut pas quitter sa propre Maison, alors qu'il aime une elfe d'une autre Maison. Les enfants nés de ses unions non formels ne sont pas rejetés, car ils ne se préoccupent pas de savoir qui est leur père, car les Maisons sont en elle-même des cellules familiales complètes et élargies.
Les elfes ont reçu le cadeau de la compréhension des arcanes par Amaï'ra. Cette dernière leur montra l'accès à la toile et ils en firent bon usage. Les elfes développèrent au fil des millénaires des techniques arcaniques des plus complexes et des plus avancés du monde connu. Par ailleurs, leur cité est fait des magies les plus diverses, leur permettant une protection sans pareil. Certains racontent même que lors de la dernière Guerre de la Forêt noire, la Cité avait une aura à elle-même que les Grands sages pouvaient palper, toucher et manier pour aider les troupes en renfort à rejoindre la Cour elfique. Cette dimension immatérielle aurait été créé par Astaldan l'Archimage, père de Hint Aina le défunt époux d'Ellanor fille d'Isilthuring. Les Grands elfes, ceux qui sont nés avant l'Hécatombe d'Irmondul affirment voir les vagues de magie de la Toile couvrir la Cour elfique et de ceux-là qui sont prêtres de Sylva, affirment même que cette dernière est triste de ne pas pouvoir renforcir la Toile, ce domaine ne lui étant pas accessible.
Le clan elfique, structure familiale.
Les elfes n'ont pas de structure familiale semblable aux humains. À preuve, les demis elfes sont bien rarement élevés par leurs deux parents, d'autant plus que le géniteur non-elfe vit beaucoup moins longtemps que l'autre. Si les humains tentent de vivre à deux pendant toute la durée de la vie adulte, et les dieux savent combien ce n'est pas toujours facile, les elfes ont une toute autre approche de la procréation et de l'éducation. Cette conception elfique de la naissance et de l'éducation des petits montre une racine commune jusqu'à un certain point; les elfes sauvages mettent leurs petits au milieu du clan et tous les membres assument le rôle parental, les elfes gris qui démontrent une structure sociale nettement plus complexe, mettent aussi les petits elfes au milieu de la communauté et les affinités individuelles ont tôt fait de répartir et de proportionner la charge des adultes face à l'éducation des jeunes. Chez les elfes nobles, l'éducation est drastiquement plus sophistiquée, le jeune elfe est aussi, dès sa naissance, mis au centre de sa communauté, mais il est en plus assigné tout de suite à une éducation spécialisée selon les besoins prévus par sa Maison d'appartenance. Il est à noter que certaines Maisons grises sont plus près des Maisons nobles que des Clans d'elfes sauvages.
La population d'un clan
Tant chez les elfes nobles que chez les elfes sauvages, et cela vaut aussi chez certaines Maisons grise, le couple qui procrée est fugace. Le clan est solide. Les elfes vivent par clan un clan peut compter de vingt à deux cents membres. La plupart du temps un clan contient une soixantaine de membres. Le clan vit pour la communauté et ultimement pour le peuple. Chez les elfes sauvages, les clans sont plus autonomes et forment des villages discrets et isolés. Chez les elfes plus structurés socialement, les clans se côtoient à la Cour elfique.Certaines Maisons grises ou noble peuvent contenir des Clans différents en son sein, mais elles sont généralement uniformes. Les clans réunis autour d'une Maison demeurent distincts principalement pour l'éducation des enfants et pour la préservation de certains savoirs fragiles.
L'encadrement au sein du clan chez les elfes sauvages et chez les elfes gris ayant des clans.
À l'intérieur d'un clan, les jeunes elfes grandissent et apprennent la langue et les usages de la vie.
Lorsqu'il arrive qu'un jeune elfe reconnaisse dans un autre clan des particularités et des goûts plus semblables aux siens que ce qu'il trouve dans son propre clan, il doit demander à l'assemblée du clan la permission de changer de clan. Cet événement n'est pas courant, mais pas si rare. Le transfuge doit, avant de demander la permission de quitter, s'assurer que le nouveau clan le reçoit. En général le clan au complet participe à l'éducation du jeune, chacun y allant selon ses compétences, être chef ou cheffe de clan n'est pas plus honorable –ni moins- que de fabriquer des chaussures ou des arcs, c'est simplement une responsabilité à assumer avec amour.
L'enfant elfe a droit de parole à l'assemblée du clan à partir du moment où il a pu enseigner cet art à un plus jeune, pas avant. L'enfant elfe est élevé par tout le clan, il n'appartient pas, pour ainsi dire à ses géniteurs, quoi que l'on reconnaît une ascendance particulière de la mère sur l'enfant. L'enfant choisira son emploi du temps surtout par les relations particulières qu'il développera avec les plus vieux. Le monde des affinités entre les êtres est plus mystérieux que les racines du monde.
Amour et mariage
Le désir amoureux existe chez les elfes (eh oui !), le mariage aussi. Le mariage sert surtout de passerelle politique entre deux clans lorsque deux elfes de clans ou de Maisons différents décident d'unir leurs corps et de rapprocher leurs clans. Il n'y a rien de mauvais là-dedans. Toutefois, à l'intérieur d'un même clan des elfes unissent leurs corps, donnent la vie, sans se marier. Rarement, deux elfes du même clan désirent se marier, curieuse idée qui souvent sert de prétexte à de longues réjouissances. Il faut noter que lorsqu'un elfe mâle désire épouser une elfe, non pas de clan différent, mais de Maison différente, il doit abandonner définitivement son clan et sa Maison et devenir membre de la Maison de son élue.
La monogamie à tout crin non plus que le veuvage n'ont de sens chez les elfes. La vie et longue et s'imposer à soi-même des expiations constitue au bout du compte une insulte au clan. Le bonheur individuel est garant du bonheur collectif. Les humains ont parfois tendance à croire que les elfes sont des monogames endurcis; en fait, vivre en couple un demi-siècle peut paraître de la monogamie chez un humain, mais chez un elfe cela s'appelle une plaisante épisode amoureuse. Dans leur vie amoureuse, les elfes ne sont pas très démonstratifs en public. L'amour physique et ses manifestations de tendresse ne sont pas prisés en public, cela est perçu comme un « déséquilibre », par contre en privé, et bien, heu... Essayez vous-même et nous en reparlerons.
Matrilinéarité
Chez les elfes, comme chez certaines tribus humaines, on ne sait pas toujours qui est le père, mais on sait toujours qui est la mère. Ceci nous amène donc au principe de matrilinéarité. Dans le clan le plus prestigieux comme dans la plus modeste tribu, la lignée de la femme prime. Pour parler arbre, nous dirions que l'on se passe plus facilement d'un rameau que d'une racine. Même si de grands chefs elfes sont des mâles, de grandes dirigeantes elfes n'ont rien à envier aux mâles. Au combat, craignez la force du mâle en guerre, mais fuyez devant la fureur de la femme elfe et de son âpreté à la guerre.
Aldaverno, éclaireur de la compagnie grise
Traité sur le Paladinat elfique
Données recueillies durant le séjour de l'armée de la Principauté d'Argyle à la Cour elfique du 27 juin 725 au 30 octobre 725
Par Aza'Bela Youssoupoff de Lavakhnir
Les paladins elfiques sont des êtres tout aussi étranges que merveilleux. Ils portent des tabars aux couleurs argentés et leurs mouvements sont si fluides qu'on a peine à saisir leurs actions. Ils ne portent aucunes distinctions de leur Maisons d'origine et semblent se dédiés complètement au combat. On les sent autonomes mais rassembleurs, ils prennent les devants dans les batailles et les autres elfes les suivent corps et âmes. On les voit discuter de stratégies avec les commandants des divisions elfiques, mais rarement ils n'ordonnent aux troupes. J'en ai aperçu moins d'une dizaine. Au départ, je croyais qu'ils provenaient d'une Maison elfique aux troupes restreintes, mais je les ai vu se promener d'une division à l'autre sans attachements autres que leur charisme et leur volonté. Les données que j'ai pu recueillir sont minces, car les elfes, bien qu'hospitaliés envers nous durant cette guerre sont restés des êtres distants et peu enclin à partager sur leur mode de vie et leurs coutumes.
Pour bien comprendre les Paladins elfiques, il faut comprendre la structure des Maisons chez les elfes. À l'origine, les elfes sont venu au nombre de 10 000, ils vivaient en paix et de la nature. Par contre, ils ont tenu une guerre contre un ennemi qui a été anéanti en même temps que bien des elfes. Il est dit chez les elfes que le Roi a ordonné la procréation, car jamais auparavant les elfes n'avaient procréé. C'est ainsi que, par deux, les elfes s'unirent et s'installèrent physiquement dans des lieux précis pour élever leur progéniture. Ces lieux furent appelés Maisons et elles portaient des noms à l'image de ces nouveaux couples. Ces Maisons n'étaient pas qu'un lieu de procréation c'était une nouvelle ère, l'ère de la militarisation qui suivit la pacification. Le plan d'une armée forte contre les forces du Chaos étaient né dans l'esprit de leur Roi et après quelques centenaires, les enfants de ces Maisons avaient grandis et avaient à leur tour refait des enfants.
La lignée chez les elfes est matrilinéaire. Ainsi, si une elfe a un enfant ce dernier portera le nom de sa Maison. S'il s'avère qu'il soit un mâle, l'elfe devra s'unir avec une elfe de sa propre maison pour rester au sein de sa Maison. Il pourra aussi joindre une autre Maison par mariage. La femelle elfe reste toujours au sein de sa Maison, c'est elle qui assure la cohésion de la lignée. Il n'est pas rare de voir des enfants naîtrent hors du mariage par concubinage, car l'elfe mâle ne veut pas quitter sa propre Maison, alors qu'il aime une elfe d'une autre Maison. Les enfants nés de ses unions non formels ne sont pas rejetés, car ils ne se préoccupent pas de savoir qui est leur père, car les Maisons sont en elle-même des cellules familiales élargies. J'ai même cru comprendre que certains elfes ne naissent pas d'amour comme nos grands-mères nous racontaient au bord du feu, mais qu'ils naissent suite à des demandes des chefs de leurs Maisons. Il va s'en dire que je pense que les mariages entre les Maisons sont bien souvent d'usage politique et d'alliances à peine voilées. J'ai ouï-dire qu'une Maison grise très peu nombreuse avait mariés tous ses fils avec une autre Maison au début de la guerre et que n'étant plus assez nombreux pour être un bataillon, les femelles se sont toutes faites guerrières saintes en majorité pour cette même Maison.
Par ailleurs, l'organisation interne des Maisons est celle d'un bataillon dans une armée. Certaines Maisons sont des regroupements d'archer tandis que d'autres sont des spécialistes des arcanes. Il va s'en dire que les Maisons sont des institutions qui s'échelonnent sur plusieurs générations, les elfes femelles n'ont pas de contraintes de temps pour la procréation. Ainsi, il n'est pas rare de voir une arrière-tante plus jeune que sa nièce et même, je crains que certaines unions ne se fassent entre des parents très proches. J'ai vu certaines Maisons qui possédaient plus que des vêtements et des héraldiques similaires, mais des visages et des carrures trop semblables. J'ai aussi entendu que les Maisons ne se créer plus, car les unions originelles sont terminé depuis des millénaires. Aujourd'hui dans les nombreuses guerres que les elfes ont participés, il n'y a eu qu'extinction de plusieurs Maisons. Lorsqu'une Maison n'est plus assez nombreuse pour suffire à son rôle militaire, elle s'efface en se joignant à une autre.
Pour en revenir à ses paladins, les elfes de la Cour elfique sont régis par un Conseil des Sages regroupant environ une quinzaine de membres qui proviennent de différentes Maisons. Chacune des Maisons possèdent des héraldiques différents que les elfes portent fièrement. Leur armée est divisée en fonction de leur Maisons et j'ai cru remarquer que les plus grandes divisions militaires provenaient de Maisons dont un des leurs est membre du Conseil des Sages. Par ailleurs, les couleurs des Maisons sont plus affichées que l'héraldique lui-même. Je prendrai l'exemple de la Maison du phénix qui est facilement distinguable par une prédominance du bleu royal dans tous les habits des militaires. L'héraldique qui est un phénix blanc argenté ne se retrouve pas sur tous les militaires ou du moins de manière évidente. Les militaires plus cléricaux affichent généralement les trois flèches de Sylva en blanc argenté sur un fond de bleu royal, les commandants ont généralement un phénix gravé sur leur armure et une grande cape aux couleurs de leur Maison, les magiciens sont tous aussi disparates les uns que les autres portant des emblèmes représentant sûrement des spécialisations arcadiques sur fond de bleu royale et les archers sont peut-être les plus uniformes avec des arcs ciselés de phénix aux couleurs argentées et un tabar bleu royal brodé d'argent. Il faut l'œil habile pour y voir une unité et non une discorde, car les elfes semblent se connaître tous personnellement et leurs héraldiques sont sûrement pour eux qu'un simple bijou.
Certes, je me suis penché sur cette Maison plus que d'autres, car elle semblait plus ouverte aux humains étant une Maison grise. Et, c'est cette ouverture qui me permet aujourd'hui de vous transmettre clairement mes observations. Au sein de cette Maison, j'ai observé six elfes qui se démarquaient et je me suis informé sur eux.
Anadrien de la Maison des Dragons de lunes portait une cotte de maille plaqué d'or avec des plates aux épaules représentant un dragon. Par contre, elle semblait porter fièrement un tabor aux couleurs de la Maison du phénix et à ses héraldiques argentés. Elle a affirmé avoir été à la Porte, la Porte est l'institution cléricale dédiée à Sylva, jusqu'au deux tiers de sa formation. Elle a passé plus de vingt ans sous la tutelle de la Maison du phénix durant son apprentissage et lorsque la Guerre a éclaté, elle a prié des heures pour que Sylva lui dresse une voie. Sylva lui aurait indiqué que la Maison du Phénix aurait encore besoin d'elle pour cette Guerre et qu'elle lui accordait sa bénédiction pour devenir guerrière sainte pour cette Maison. Ce que j'ai pu comprendre de cette histoire, c'est qu'Anadrien est devenu tel un chevalier attaché à une maison noble. J'ai cru observé qu'elle se liait à un grand prêtre de la Maison du phénix nommé un élevé et suivait ses conseils et ses ordres. Elle m'a aussi parlé d'une cérémonie d'ordre culturelle et religieuse pour officialiser le choix de Sylva au sein de la Maison, mais sa propre Maison n'y a pas participer. Elle ne sembla pas s'en préoccupé lorsque je lui ai posé la question.
L'histoire de Melas, Elralas, Caladë et Fáwiel de la Maison du Clair d'été est plus triste, mais permet de comprendre une autre dynamique chez les elfes qui est typique d'eux seuls. J'ai vu la Maison du Clair d'été partir pour une mission très importante, ils étaient magnifiques avec leur vêtements d'un bleu diaphane et leurs armures d'argent. Ils étaient une troupe assez imposante d'au moins cent militaires, mais lorsque qu'ils sont revenus de leur mission, ils n'étaient plus que douze. Je les ai vus se serrer dans leurs bras et se disperser. Melas, Elralas, Caladë et Fáwiel se sont rendu devant le Grand sage Alirion de la Maison du phénix, ils ont incliné la tête et ils sont partis à la Porte durant trois jours. Lorsqu'ils sont revenus, leurs vêtements diaphanes étaient brodés de phénix. Eux aussi semblent suivre une grande prêtresse depuis ce temps, j'en conclu donc qu'ils sont devenus des guerriers saints pour le compte de la Maison du phénix.
La dernière que j'ai réussi à approcher fut Holith le paladin de Sylva. Elle était vêtue d'une armure de maille et d'écaille non uniforme gravée de flèches d'argent. Ce qui m'a mise la puce à l'oreille est le fait qu'elle portait également une cape bleue royale. Je l'ai rencontré sur son lit de mort, épuisée, tremblante mais prête à rejoindre sa déesse. Elle m'a raconté son histoire, que je vous raconterai dans un autre récit, car je vais m'en tenir ici au sujet du traité. Holith était une noble de la Maison du Temple avant de devenir paladin, une habile guerrière dotée d'une grande Foi. Durant la Guerre contre Mortis qui a mis fin à la monarchie chez les elfes, elle fut élevée au nom de guerrière sainte au sein de la Maison du phénix. Auparavant, elle était de la Maison du Temple celle de Maikaïon, mais elle avait refusé l'exil. Ainsi, elle a passé plusieurs siècles au service d'une grande prêtresse, Iseniel. Elle m'a raconté que c'est lors d'une mission vers les terres de Bélénos accompagnée d'Iseniel qu'elle a senti l'appel de Sylva. Elle s'est arrêtée au lieu précis de cet appel et elle a prié une nuit complète. À l'aube, elle savait trop et si peu. Elle m'a raconté qu'en tant que paladin, elle était autonome de ses décisions et de ses mouvements, mais même si ceci semble invraisemblable, elle se sentait lié à tous les elfes de tous les lieux et se sentait appelé par le danger qui les guette à chaque instant. Nous avons quitté les elfes le lendemain, je ne sais pas si elle a survécue à ses blessures.
Ce traité ne pourrait être complet sans une explication de qui permet à ces elfes de devenir des guerriers saints et des paladins. Il y a une hiérarchie très complexe dans chacune des Maisons, mais qui se base principalement sur une gérontocratie. Les plus anciens sont les dirigeants des Maisons et du Conseil des sages et un elfe doit obtenir leur approbation avant de demander à Sylva de leur donner le pouvoir (appeler l'Élévation) qu'il transmettra à l'aspirant guerrier saint ou paladin. Donc, le Chef de la Maison de l'elfe et le Conseil des sages doivent donner leur approbation à l'elfe qui veut devenir Élevé (celui qui pourra transmettre le pouvoir de Sylva vers l'aspirant guerrier saint ou paladin). Ensuite, cet élevé se doit de requérir l'assentiment de Sylva. Je pense que les Élevés sont comme des nobles chez les humains, ils peuvent créer des chevaliers et des paladins au nom d'Usire. Par contre, les Élevés ne possèdent pas de propriétés avec leur titre, seulement un statut plus élevé au sein de leur Maison et une certaine reconnaissance par les autres Maisons.
En conclusion, la société elfique est trop complexe pour être viable à long terme, je pense que c'est compréhensible que les elfes soient si peu nombreux. Leurs structures hiérarchiques sont désuètes et il n'y a pas un seul chef mais autant de chef que de Maisons, d'Élevés, de Clergés, de Paladins et sans compter les Clans d'elfes sauvages qui fonctionnent tout autrement sur un mode de compétition avec les Maisons. Qui plus est, pour rendre encore plus absurdes leurs coutumes, il y a deux types de Maisons différentes, celles qui étaient près du pouvoir lorsque le Roi vivait encore que l'on nomme encore aujourd'hui des Maisons nobles et celles qui ne se préoccupaient pas de politique ou qui étaient dans les mauvaises grâces du Roi qui se prénomment toujours des gris. Par ailleurs à ce propos, il y a la Maison noble du Griffon qui porte aussi fièrement le rouge que la Maison grise du Phénix porte le bleu. Ces deux Maisons semblent plus qu'en constante compétition, ce qui ne doit pas aider à la cohésion de leur race ; c'est à peine si elles ne se poignardent pas sur les champs de bataille, je pensais que les elfes étaient une race unie ...
Histoire des elfes
Ligne du temps
-10 000 : La création de tout
-8 000 : Création des premières races (Thilians)
-7 768 : Création des secondes races Elfes, Nains, Kenders, Orcs, Gobelins, etc.
-7 486 : Création des Dieux
-5 213 : Pierre de Mortis créée
-4 720 : Destruction des Thilians
-4 521 : Création des Humains
-3 394 : Premier hommes à (Illimune) à l'est
-3 021 : Irmondul à (Illimune) et rase jusqu'à l'intervention de Gaea (création des Kamis)
-2 957 : Fin de l'hécatombe due à Irmondul, restent Nains et Elfes (mort des humains au centre d'Illimune)
-2 648 : Début des Temps sombres
-2 262 : Transformation des Elfes en elfes noirs
-2 016 : Fin des Temps sombres
-1 534 : Traversée d'Aganaar et création du royaume d'Illimune
-825 : Mortis détruit la Forêt noire
-823 : Mort de Maikaïon et exil des princes Elfes
-300 : Chute du pays d'Illimune
-15 : Fondation de Twyden
1 : Mort et déification d'Usire, mort de Galléon
3 : Prince Argyle s'exile de Twyden
6 : Fondation de Vozdth, par Argyle
54 : Assassinat d'Avengard, on accuse les Elfes faussement
515 : Première apparition de Mortis en Bélénos, détruite avec la Croix du pénitent
517 : Retour de Mortis, qui est tué par une alliance aédonite
520 : Mortis revient en Bélénos
521-572 : Mortis ravage le centre du continent
573 : Destruction de Mortis à Altembourg
573 : Retour des Elfes en Terres aédonites
574-600 : Reconstruction post-Mortis
675 : Fondation de la citadelle d'Archelune
690 : Arrivée des premiers colons en Bélénos
721 : La horde ravage Bélénos, puis est anéantie par une alliance des survivants
722 : Soulèvement d'Olaf
724-726 : Guerre de la Forêt noire
Histoire des Eldar avant l'ère aédonite
« Par la mémoire d'hommes, l'histoire serait perdue. C'est par les écrits et la mémoire des Eldar que l'histoire vit et, surtout, survit »
- Meiwan, le Sage de la Maison des Flèches de feu, 245 de l'ère aédonite.
La création
- 7 768 Au début, les Dieux créateurs déposèrent chacune de leurs créatures dans un coin du monde encore vierge. Les premiers Eldar naquirent ou, devrait-on dire, débutèrent leur existence au centre de ce monde, tout près des Thilians, le peuple du Vif argent.
Les Eldar furent créés au nombre de dix milles qui se dispersèrent rapidement dans la forêt, celle qu'ils nommaient Taurë Aglareb, la majestueuse forêt. Celle-ci s'étendait, autrefois, des montagnes du sud aux confins gelés du Nord ; des rivages de la mer d'Urd à la chaîne de montagnes où les Nains creusaient déjà leurs premières galeries, bien terrés et invisibles aux autres races. En ces années de quêtes, chaque Elda cherchait un lieu représentant le mieux son essence.
En ce temps, chaque Elda possédait un lien privilégié avec un arbre au centre de la forêt, à l'endroit même où se trouve présentement la Cour elfique. Ce lien en était un de vie et de mort puisque, si aucun ne souffrait des ravages du temps qui accablait chacune des autres races, la mort de l'un par accident, ou par une manière plus préméditée, entraînait inexorablement l'autre vers le même sort. Mais, en ce temps, aucun Elda n'en avait cure, aucun Elda né pour l'éternité n'arrivait à concevoir sa possible finalité ou celle de l'un des siens. Ainsi, aucun ne prit la peine de veiller sur son arbre.
La découverte du monde des Eldar a été relatée dans plusieurs écrits, dont certains ont disparu aujourd'hui suite aux grandes guerres. Un seul Elda demeura au lieu de la création, Maikaïon, le premier et le dernier des rois elfiques. Il avait une vision, celle de créer un point de rencontre entre tous les Eldar sous le ciel de la création. On a toujours dit de cet Elda que sa volonté était plus grande encore que les Steppes de l'Est et que son obstination valait celle des créateurs. Il commença par se faire un abri de fortune lui permettant de méditer et de prier les Dieux créateurs pour leur bienfaisance.
Formation de la nation elfique : Maikaïon le gardien
En l'espace de quelques siècles, son obstination porta fruit, il avait bâti aux Dieux un Temple d'une grandeur considérable et l'avait garni d'objets faits de sa main. Le premier visiteur (- 7105) de ce Temple fut la Première de la Porte (clergé), Piodë. Lorsqu'elle mis son pied nu sur les dalles, une lumière argentée illumina le centre de la pièce et une image magnifique s'imprima dans le coeur de tous les Eldar. Les grands Eldar possèdent toujours cette image et elle est aussi vive qu'au premier jour, le Grand sage Aliron, de la Maison du Phénix, l'a décrite ainsi : « J'ai ressenti une plénitude comme je n'en ai jamais ressenti depuis. J'ai vu une main de lumière s'ouvrir sur un réceptacle diaphane et le visage de Maikaïon s'est imposé à mon esprit tout comme le lieu de la création. J'ai su que Maikaïon était devenu, par ses efforts et à l'aide du réceptacle, notre moyen de communication avec les Dieux créateurs et on le nomma le Gardien du Temple. » Cette vision indiqua aux Eldar que le Temple était un lieu divin qui s'offrait pour l'échange et la spiritualité.
C'est aussi en ce lieu que la nation elfique se forma. C'est en ce lieu que, sous les enseignements Ulthuan, de Sylva et de Amaï'ra, les Eldar se dessinèrent. Étant de nature immortelle, les Elfes possédaient certaines qualités qui les plaçaient au-dessus des autres créatures, mais il leur restait également bien des choses à comprendre s'ils désiraient se retrouver du nombre des quelques races dont l'existence passerait au travers des âges. La première chose que leur apprirent les Dieux fut le désir. Le désir de l'union. Union en tant que peuple, union en tant que frères et soeurs de sang et, bien évidemment, union charnelle, mais les Elfes se montraient bien mauvais élèves en ce domaine.
Ainsi, au cours des siècles qui suivirent, tous les Eldar se présentèrent au temple à quelques reprises et seulement pour échanger sur leurs aventures et leurs découvertes. Piodë s'y installa définitivement vers l'an - 6 000 de l'ère aédonite et y érigea un second bâtiment très près du Temple qui, aujourd'hui, se fait nommer la Porte. D'autres Eldar s'y installèrent au cours de ces décennies et une merveilleuse communauté d'échange se créa sous les arbres et sur les arbres de la Grande Forêt d'Illimune, tout autour du Temple de la création et sous l'oeil bienveillant du Gardien.
Les Eldar vivaient alors dans une grande harmonie. Ils possédaient une forêt qu'ils aimaient et connaissaient jusque dans ses moindres recoins, ainsi qu'un havre où ils s'installaient lorsqu'ils sentaient le temps de l'aventure s'achever. Lorsque la mort de l'un des leurs était rapportée, un prêtre et une prêtresse se mettaient en devoir de concevoir. Lorsqu'elle se sentait fécondée, elle devait planter l'arbre de son enfant, que le père aurait à s'occuper jusqu'à l'apparition de la première feuille. L'équilibre était tenu et les Eldar n'avaient aucun soucis, si ce n'est que de la progression des êtres qui peuplaient l'immense clairière au centre de leur forêt. Ces habitants des champs se nommaient Thilians, la race des premiers-nés.
Guerre et Thilians : La première incarnation de Mortis
- 4 722 / - 4 720 Le sang se verse et les Eldar se retrouvent au centre de leur destin. Les Thilians ont attaqué les Eldar en bordure de leur territoire dans le but de les anéantir tous et de les relever en morts-vivants au nom d'une certaine force, Mortis. L'histoire complète est très peu connue et diffusée, même parmi les Eldar, car cette guerre ne fut pas qu'une guerre, mais bien la première guerre des Eldar.
Ainsi, la rumeur des massacres des Thilians envers les Eldar se propagea jusqu'au Temple de Maikaïon. Les habitants de la cité se réunirent et demandèrent à leur Gardien de communiquer avec les Dieux créateurs. Le Gardien prit de ses mains le réceptacle diaphane et entra dans une transe profonde. Lorsqu'il ouvrit les yeux, de sa bouche sortit une voix trop profonde pour être sienne et ses paroles résonnèrent jusqu'aux tréfonds des âmes des Eldar présents : « La fin de toute existence est liée à la non-vie et la continuité de l'existence se préserve par la conservation de toutes vies ». Telles furent les paroles des Dieux créateurs. Maikaïon se leva d'un bond et partit vers la source de cette non-vie, à l'Est. Sa détermination était contagieuse et tous le suivirent.
Sur le chemin, les enfants des Dieux créateurs les aidèrent à se préparer à la bataille. Amaï'ra donna accès à la toile magique à certains Eldar, Sylva leur apprit l'art de la prière et le pouvoir d'une symbiose entre un fidèle et son Dieu. Ulthuan leur expliqua le maniement des armes et Gaea leur permit de prendre le pouls de toute la vie environnante. Ainsi, les Eldar armés des forces divines se rendirent au combat sous le commandement d'un stratège et commandant né, Maikaïon, qui n'était plus le Gardien, mais le Roi des Eldar. Et ils gagnèrent, pour la postérité d'Illimune et la continuité de l'existence.
Les pertes furent énormes, la population elfique se retrouva réduite de plus de moitié. Maikaïon convoqua tous les Eldar à une réunion devant le Temple pour interpréter le message divin et le retour à la paix. Les fameuses paroles divines avaient déjà plusieurs significations différentes aux yeux des Eldar, ce qui créa les premières divergences au sein de cette race. Maikaïon avait compris du message que le devoir des Eldar était de protéger la vie par la force de ses meilleurs représentants, les Eldar eux-mêmes. En plus d'avoir été un grand combattant et commandant, il se sentait en devoir de rendre grâce à Ulthuan, en lui fournissant une armée de Gardiens de la vie, prête à tout pour protéger les Eldar et la forêt, avec laquelle ils étaient tous intimement liés, de la non-vie, le seul et véritable ennemi. Il proposa aux Eldar de procréer non pas seulement pour retrouver leur population initiale, mais pour peupler leur monde sylvestre de la sagesse des Eldar. Première division : Volonté divine
Les oppositions les plus vives vinrent des Eldar vivant reculés dans Taurë Aglareb, qui comprirent du message des Dieux créateurs que la sauvegarde de la Nature était le vrai message, car la vie était la forêt. Ces Eldar refusèrent le plan de procréation de Maikaïon et partirent sur-le-champ.
La controverse était imminente. Les Eldar, qui n'avaient jamais élu domicile près du Temple et qui continuaient toujours à voyager en aimant l'aventure, pensaient que les paroles des Dieux signifiaient que leur mission était de faire partager leurs connaissances aux autres races pour que jamais la non-vie ne revienne. Ces Eldar se sentaient près de Sylva, celle qui leur avait donné de l'espoir, de la compassion et de la vigueur. Par contre, ils ne refusèrent pas le plan de la procréation, mais s'établirent plus à l'écart des suivants de Maikaïon.
Les suivants de Maikaïon avaient deux compréhensions de la parole divine, les uns, plus guerriers, avaient la même vision que lui, mais d'autres, ayant été touchés par la magie de Amaï'ra, sentaient que s'assembler et procréer pouvait leur donner davantage d'assises pour comprendre la toile.
Ainsi, les Eldar se divisèrent entre eux. Le message divin les avait réunis pour la Guerre mais les divisait pour la paix. La première nuit d'union (21 juin de l'an - 4 668) fut fêtée durant des mois, mois pendant lesquels, la nuit, les Elfes se forcèrent de trouver compagne ou compagnon. Imitant leur roi Maikaïon qui fit alors de Filmalia sa femme. Ils s'installèrent au sein du Temple et leur bonheur était contagieux. Bien des couples se formèrent au cours de ces mois. Ils construisirent des maisons pour les accueillir eux ainsi que l'enfant à naître. Chacune de ces habitations possédait un nom qui représentait la personnalité de l'Elda. Ainsi, des centaines de Maisons furent bâties et des familles se formèrent.
Les Maisons les plus près du Temple appartenaient à des familles qui étaient très alliées avec le Roi et ils en obtinrent des places sur le conseil du Roi, instance qu'il nomma lui-même le Conseil des sages. Ainsi naquirent les Noldor, les sages ou, si on veut, les Eldar assez sages pour être de la Cour du Roi. Les Elfes suivants de Amaï'ra se tenaient à l'écart de la politique de Maikaïon, on les appelait les Istars, en référence à leur magie.
Il y avait aussi un autre type d'Elda qui s'intéressait à la politique, pour bien comprendre les intentions des Noldor et ensuite faire passer le message de par le monde. Ils travaillaient autant avec les Nandor, les Istars et les Noldor dans le but d'établir une bonne communication. Ils étaient rassembleurs et on les nommait les Sindar, ou Elfes gris, car, pour les autres Eldar, ils ne se fixaient jamais, autant en terme d'endroit que d'opinion.
Les Nandor, ou Elfes verts, étaient ceux qui avaient quitté la réunion pour aller s'installer dans Taurë Aglareb et la protéger. Leur organisation était très différente des autres Elfes, ils se rassemblèrent en petits groupes et se divisèrent des régions de la Forêt à protéger, ils appelèrent cette structure des Clans.
La faim des forges Naines
- 4 010 C'est en ces années que les Nains, creusant le sol toujours plus profondément, commencèrent à sortir de leurs galeries, afin de pourvoir à leurs besoins en bois. Les forges Naines, fonctionnant sans cesse et réclamant plus de combustibles, ne donnèrent autre choix aux Nains que de se rabattre sur les grandes forêts de l'Extérieur. Pendant quelques années, ils coupèrent, non judicieusement, tous les arbres présents sur leurs territoires. La faim des forges étant trop grande, ils se rabattirent ensuite sur la grande Taurë Aglareb.
C'est donc ainsi que débutèrent les conflits entres les peuples des Nains et les Elfes. Très peu de Nains savaient que la vie des Elfes tenait en leurs arbres et qu'ainsi, donc, pour eux, les arbres étaient sacrés. Les Nains, à la hache encore plus rapide que le juron, s'en donnèrent à coeur joie dans les arbres massifs de Taurë Aglareb, qui disait-on, alimentait mieux les forges. Le conflit débuta par des escarmouches et des échauffourées qui, au cours du temps, dégénérèrent en guerre ouverte, bien que peu d'expéditions Naines furent envoyées dans le coeur de la Forêt, et encore moins d'expéditions elfique furent envoyées sous terre, dans les mines des petits êtres trapus. Le récit de cette guerre, très peu de vivants s'en souviennent, si ce n'est que quelques très anciens Nains et les plus sages des Elfes. Bien entendu, les deux camps ont désormais la sagesse de ne plus soulever l'affaire.
- 3 580 Après des siècles de combat entre les Elfes et les Nains, une avancée décisive fut accomplie. Les Nains, exaspérés par la guerre, mais stimulés par la bataille, sortirent en masse et se frayèrent un passage dans la forêt, abattant une grande ligne droite d'arbres jusqu'au centre de la forêt et, ce, sous les flèches des Elfes. Cette route, déblayée dans le sang, existe toujours aujourd'hui, réduite à l'état d'un modeste sentier portant le nom de Silìn Slaya, ou piste des Nains. Ces derniers croient toujours que c'est de cette avancée qu'ils gagnèrent la guerre, mais la réalité est toute autre.
Lors d'une réunion du Conseil des sages qui établissait le plan de contre-attaque, le Grand sage Diarios de la Maison Istar de l'Ombre instruisait ses pairs sur la méthode que l'armée de sa Maison allait utiliser pour détourner l'attention de l'ennemi, mais il ne termina jamais ce discours. Des perles de sueurs se dessinèrent tranquillement sur son visage, sa voix se perdit dans un murmure et il s'agenouilla douloureusement. Mirael de la Maison de Vive Lame tenta de l'aider à se relever, mais son corps se consumait déjà et Diarios mourut d'atroces souffrances au bout de quelques minutes. Il ne fallut que quelques heures pour que le Conseil comprenne que tous les membres de la Maison de l'Ombre avaient trépassé. C'est Isilthuring qui ramena la triste nouvelle que les Nains, dans un infini besoin de détruire, avaient allumé des feux de chacun des côtés de la ligne, dont un d'eux qui utilisait les arbres de vie de la Maison de l'Ombre. Si les Nains n'avaient pas débordé sur les côtés de Silìn Slaya, la Maison de l'Ombre, et d'autres, les auraient coupés de leur ravitaillement dans la lune qui suivait mais, ce débordement changea tout. Le Conseil, dans son infinie, sagesse craignit que les Nains comprennent le lien des Elfes avec leurs arbres et décidèrent de mettre fin à cette guerre pour la sauvegarde de leur nation et de leur secret.
Ainsi, Maikaïon entama la négociation. Les Elfes acceptèrent de céder une partie de la frange de leur forêt aux Nains, celle du Sud, où se trouve actuellement le Bastion, et celle du Nord, où se trouve la province de Yarbrield. En échange, les Nains s'engagèrent à la faire perdurer en ne coupant que les arbres matures. La partie de la grande forêt qui fut cédée aux Nains prit le nom de Taurë Firia, Forêt de Feu. Ainsi, la paix était revenue, mais à quel prix et, plus encore, pour combien de temps...
Les premiers hommes : Culte de Gaea
- 3 394 C'est en cette année qu'une grande découverte causa un fort émoi dans toute la société elfique. En effet, des Nandor eurent tôt fait de rapporter en cette année là, peu après la fonte des neiges, l'apparition d'une nouvelle race. Elle sortit des cols dégagés des Montagnes Noires, se frayant un chemin de peine et de misère. Les Elfes, tout d'abord, les observèrent en silence, les guettant du haut des arbres. Il s'avéra que ces humains vénéraient Gaea, la grande Mère protectrice.
Laissant leurs précautions de côté, les Nandor allèrent au devant de cette race, de ces Hommes. À leur contact, ils échangèrent nombre d'informations sur le monde et les bienfaits de Gaea. Ce contact sensibilisa énormément les Elfes, Nandor en premier, aux grâces de la Mère Protectrice et lança véritablement le culte de Gaea en Taurë Aglareb.
Irmondul, le Démon libéré
- 3 021 Cette année restera dans la mémoire comme l'Année Sombre. C'est en ces temps que se produisit le cataclysme. Par un ingénieux stratagème qui demeure à ce jour inconnu de tous, sauf de Golgoth, Irmondul, le noir Prince-démon de la Pestilence, s'échappa du Chaos pour venir le répandre à la surface. On raconte que, lorsque son immonde pied se déposa sur la Terre d'Illimune, une vague de froid surnaturelle parcourut le continent, glaçant l'échine de tous, faisant frémir les arbres.
Cette année là, tout sembla plus fade. Le pain, d'habitude si savoureux, semblait terne au goût, les fruits, moins juteux. Bien qu'en apparence tout était normal, une morne morosité s'était installée sur le monde connu. Des rumeurs couraient, on parlait d'un fléau à l'est, mais bien peu d'Elfes eurent le courage ou la volonté d'aller vérifier par-delà les Monts-Remparts.
Par-delà les montagnes, loin dans l'Est, dans la sombre et ténébreuse Mhor'Kar, Irmondul, le noir prince, grossit ses forces et commença sa marche vers les luxuriantes contrées de l'Ouest. Son armée pestilentielle était composée de toutes les horreurs possibles et imaginables. Serviteurs de Mhor'Kar atrocement déformés, caricatures d'Elfes, éléphants géants à demi décomposés mais toujours vivants, d'énormes rats, porteurs de maladies. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui frappèrent en premier.
Les Elfes eurent tôt fait d'envoyer des ambassades chez les Nains, afin de se renseigner sur les mouvements de l'Est. Ils se butèrent à des portes closes, les Nains étant gravement atteints par toutes sortes de maladies inconnues. Bien que ces maladies n'étaient pas toutes mortelles, elles avaient grandement diminué leurs forces de combat et c'est ainsi, qu'à l'automne, un peu avant le gel des cols, Irmondul frappa.
La majestueuse Citée Naine Khaza-Anhkar renommée par la suite Alkazan-Tor-Timbör (Celle qui brûle), fut rasée en quelques jours, malgré la vaillance des défenseurs. Plusieurs crurent que les Nains ne s'en remettraient jamais. Tous craignaient que les autres cités Naines subissent le même sort, mais les vaillants défenseurs de la Cité Perdue avaient détruit les tunnels menant à leurs refuges et, devant la tâche ardue de débusquer les Nains, Irmondul préféra passer chemin. L'objet de sa convoitise l'attendait, sur les contreforts des montagnes.
- 3 014 L'attente dura sept longues années. Les Elfes, affolés par la situation, se regroupèrent massivement autour de Maikaïon, laissant les Nandor effectuer des missions de reconnaissance. Irmondul, brûlant d'envie de détruire la forêt de sa Némésis, semblait empli d'une sombre patience. Sur le trône de Khaza-Anhkar, sa pestilence restait, complotait et réorganisait ses forces.
Plusieurs dirent que la vaillance des Nains avait coûté ces quelques années à Irmondul, d'autres affirmèrent qu'il mijotait de mornes immondices. Puis, l'attaque arriva. Elle ne fut pas aussi violente que les Elfes l'avaient anticipée. Sa subtilité en surprit plusieurs. L'Ombre descendit des montagnes, couvrant peu à peu une partie grandissante de la forêt.
On eut dit que la pire des gangrènes était arrivée. Les arbres, jadis si majestueux, devenaient tordus, craqués, déversant un pu immonde sur le sol, désormais stérile. Les animaux furent rapidement corrompus, pour la plupart, tellement le génie machiavélique d'Irmondul était à l'oeuvre. Chaque année, la pestilence d'Irmondul gagnait du terrain sur Taurë Aglareb. Plusieurs crurent qu'Irmondul attaquerait rapidement la Porte, mais peu comprirent ses réels dessins.
L'affrontement
- 3 004 Dix ans après l'incursion d'Irmondul, les forces s'organisèrent. Les ambassades envoyées aux Nains et aux hommes portèrent fruit. Emplis de haine envers Irmondul et voulant venger Khaza-Anhkar, les Nains sortirent de leurs demeures de pierres, brûlant d'envie d'en découdre à nouveau avec le prince des maléfices. Les hommes, quant à eux, sensibilisés au destin de la création de Gaea, vinrent en cohortes prêter main forte aux Elfes qui les avaient si bien accueillis. L'armée rassemblée était grande, belle et puissante, beaucoup plus que celle qui avait jadis affronté et rapidement anéanti les Thilians et le Démon de la pierre. Malgré les années de souffrance et la brume pestilentielle, le courage des guerriers n'avait d'égal que leur foi en la victoire prochaine. Cette coalition marcha à l'encontre des forces d'Irmondul, scellant le destin de la guerre sur la colline de Taur-Sal-Semnon, la colline du Péché.
La coalition trouva chaussure à son pied, tant par la perfidie d'Irmondul que par la force de ses créations. La forêt, autrefois source de vie, était devenue source de corruption. Les plantes crachaient des spores venimeuses, les ronces déchiraient les habits et répandaient la maladie, sans parler des animaux, qui étaient devenus maléfiques et porteurs du voile de la mort.
C'est donc une armée fort mal en point qui arriva à Taur-Sal-Semnon, mais néanmoins résolue à expulser Irmondul d'Illimune. La bataille fit rage pendant des heures et des heures, sans que l'on ne puisse déterminer un vainqueur. Tout au long du combat, on ne vit aucune trace d'Irmondul, dont on racontait qu'il n'avait daigné se déplacer de son trône de Khaza-Anhkar. Peu savaient ce qu'il tramait, et cela les inquiétait. Le front des hommes fléchit. Par la suite les mauvaises langues racontèrent que des trois races, c'est toujours le courage des hommes qui fléchissait le premier.
Il serait juste d'expliquer que ce sont les hommes qui étaient en moins grand nombre, déjà au départ. Effectivement, leur cohorte fut balayée séant, créant un énorme vide dans le front coalisé et entraînant la perte de plusieurs. Les Elfes, séparés des Nains, retraitèrent, certains diront sagement, d'autres lâchement, vers la Porte, abandonnant les petits seigneurs de la pierre à leur funeste sort.
Avec le retrait des Elfes, l'on eut cru que le combat cesserait rapidement, mais les bruits de la guerre continuèrent encore longtemps, des jours, si ce n'est une semaine, tant les Nains, emplis d'une haine redoublée par la couardise elfique, brûlaient de haine. Ces derniers s'étaient fortifiés sur la colline et, bientôt, un impressionnant nombre de cadavres jonchait le sol autour de leur rebut. Puis, lors de l'assaut final d'Irmondul, qui était personnellement descendu des Montagnes pour en finir avec ces petits barbus, on trouva leur colline vide, un seul grand et profond trou au milieu. Les Nains avaient disparu.
Irmondul envoya des éclaireurs dans ce tunnel, mais la sagesse lui conseilla de laisser les Nains à leurs trous, puisque ses éclaireurs ne refirent jamais surface. La coalition était vaincue et, maintenant, il avait le champ libre d'accomplir son acte de perversion suprême. Au contraire de ce que les Elfes pensaient, ce n'était pas sur la Porte que se posait le regard d'Irmondul...
- 3 001 En cette année, se produisit la croisade inusitée de Rawhkar. On eut dit que tous les animaux de Taure Aglareb avaient trouvé un roi et une volonté de combattre. Inutile ici de vous décrire les méthodes non-orthodoxes de combat d'une armée animale, sinon que leur attaque contre les forces d'Irmondul fut violente. Certains racontent que les animaux connurent un certain succès, d'autres disent qu'ils furent abattus dans une grande mise à mort collective. Chose certaine, sans ces animaux, la forêt devenait encore plus mal en point et les rangs d'Irmondul grossissaient à vue d'oeil.
- 2 994 Peu de temps passa après la défaite de la coalition et des animaux de la forêt, sans qu'Irmondul n'accomplisse ses noirs desseins. Au printemps de l'an - 2 994, il accomplit son rêve le plus immonde, lorsqu'il pénétra dans le sanctuaire de Taurë Prima, un regroupement d'arbres les plus anciens. S'y trouvaient les arbres de vie de quelques-uns un des plus vénérables Elfes, et c'est là que le Prince de la Pestilence s'en donna le plus à coeur joie. Les Elfes furent terrorisés lorsque les plus vénérables des leurs tombèrent sans raison apparente. On pouvait entendre à des kilomètres les rires démoniaques d'Irmondul qui glaçaient le sang de tous, même des plus hardis. La Forêt Noire avait perdu Taurë Prima.
Création des Kamis, l'espoir renaît
Le succès d'Irmondul aurait été complet, si Gaea n'était pas intervenue. Bravant l'interdiction divine, elle créa, à grand prix une nouvelle race, modelée à partir de tous les humains résidents de Taurë Augreb. Ils donnèrent leur vie à Gaea qui en fit une nouvelle race, sa race qu'elle nomma les Kamis et, pour les diriger, conçut les Seigneurs Dragons.
On sait certainement que cela emmena de graves problèmes à Gaea, mais il en sera traité dans un autre récit. Les Elfes, pour leur part, ne purent devenir des Kamis à cette époque à cause de la complexité du lien vital qui les unissait avec leur arbre.
La horde ainsi créée dévala dans Taurë Prima, chassa Irmondul pris de démence et de peur. Car les Kamis ne le craignaient pas, ils étaient l'épée de la déesse forgée spécifiquement pour lui faire la guerre. Après un combat de trois jours et trois nuits, Irmondul retraita vers le coeur de la Forêt Noire, poursuivi par les Kamis. L'extrême efficacité des hommes-animaux, comme on les appelait déjà, se révélera fort déterminante dans la guerre.
- 2 990 Quatre années passèrent avant que le conflit ne trouve une réelle bataille. Les Elfes, aidés des Kamis et des Seigneurs-Dragons, se réorganisèrent, et l'espoir connut une nouvelle naissance. L'armée ainsi levée se prépara à défendre cette terre qui était la leur et une ferveur brillait dans leurs yeux. Gaea, la mère protectrice, était intervenue et sa colère s'abattrait sur le Gangrené. L'armée se mit en marche au printemps et rencontra bien peu de résistance à ses débuts. Comme elle s'avançait au coeur du domaine forestier d'Irmondul, les escarmouches se changèrent en de terribles batailles qui firent rage pendant des jours. Chaque camp, tour à tour, menaçait de l'emporter. Emplis d'un esprit vengeur, les Kamis gagnaient toujours du terrain, les ennemis tombant, griffés et lacérés. Au bout d'environ trois semaines de combats, dans une ultime bataille, l'enveloppe terrestre d'Irmondul s'écroula sous la lame de Bristar la Seigneuresse-Dragon.
Leur chef mort, ses suivants s'enfuirent vers Khaza-Anhkar, leur forteresse conquise des Monts-Remparts. La majorité des survivants mourut de la main des Kamis avant d'atteindre la forteresse. Les Nains demandèrent de l'aide aux Kamis et aux Elfes et les Kamis acceptèrent sur le champ. Les Elfes refusèrent de participer à une attaque dans des galeries souterraines, mais expliquèrent aux Nains qu'en bloquant toute voie de ravitaillement, le temps et la faim feraient fuir et mourir les occupants. Ainsi, une dichotomie s'installa : les Elfes proposaient une victoire facile tandis que Nains voulaient une vengeance rapide et sanglante. Seuls les Kamis se mirent en route. C'est à l'orée des Montagnes que Bristar leur annonça que Gaea ne voulait pas de cette expédition, car les Nains sauraient se débrouiller seuls. Par ailleurs, elle leur expliqua qu'il fallait qu'ils restent forts et nombreux pour leur prochain réveil. Ainsi, les Nains reprirent leur forteresse, mais il est dit qu'ils croient que ce sont les Elfes qui ont convaincu les Kamis de ne pas les aider.
Les Nains annoncèrent qu'ils allaient reconstruire Khaza-Anhkar mais qu'avant, ils devaient la purifier par le feu, effacer toute trace du roi-Démon. Pour cette cause, ils coupèrent durant dix ans les arbres les plus sains qu'ils pouvaient trouver dans la forêt que les Elfes leur avaient concédée. Coupèrent également les malades et les laissèrent pourrir sur place. Bien sûr, les Elfes désapprouvèrent ces actions, mais leur nombre restreint, suite à cette dernière guerre, ne leur permettait pas de riposter.
Par deux fois, les Nains brûlèrent la cité jusqu'à ses fondements. Le feu fut si intense que la roche même n'y résista pas, de la pierre en fusion, les Nains coulèrent une statue immense représentant leur roi de l'époque en une forêt brune et noire. La hache à la main, couvert de plaies mortelles, il y combat encore furieusement un animal impossible à deux têtes, grand comme un ours, au corps de chien. Derrière la bête, un Elfe tourne le dos, il court, il fuit. Pour leur part, les Kamis déjà endormis, attendaient d'être sollicités de nouveaux pour défendre la forêt. Le calme était finalement revenu. Et il perdura longuement. Les Eldar, comme les Nains, l'utilisèrent pour panser leurs plaies et reconstruire leurs royaumes.
La Guerre céleste : mort et mutation
- 2 648 / - 2 016 Telles sont les dates marquant le début et la fin des temps troubles que sont ceux de la guerre des Dieux. Cette période marqua pour les Elfes une ère de paix très mouvementée. Au début de la guerre des Dieux, les sages se réunirent pour tenter de trouver comment venir en aide à leurs Dieux : Ulthuan, Sylva, Amaï'ra et également Gaea, la déesse des Kamis endormis.
Après maintes séances, le concile décida que la nation elfique n'y pouvait pas grand chose. La guerre des Dieux était du domaine des Dieux et de leurs Némésis, les Démons. De plus, personne ne croyait que les Démons représentaient un danger véritable pour les Dieux, ces êtres d'une puissance infinie, alors que les Démons pouvaient être défaits, ils en avaient déjà eu la preuve. On décréta toutefois que, dorénavant, chaque Elfe devait prier plus souvent et suivre les enseignements des Dieux amis du peuple elfique.
La vie continua, le cycle des saisons passa, jusqu'au désastre, jusqu'à l'an - 2 268 du calendrier aédonite, jusqu'à la trahison de Amaï'ra, la déesse de la nuit qui passa au camp des Démons. Alors que ses suivants attendaient d'elle ou de sa rivale, Sylva, un signe, c'est une déchirure, une souffrance qui déchira leur esprit. Sous les ordres de la grande maîtresse de culte, Mirkdira, les Elfes adorateurs de Amaï'ra commirent une grave erreur : ils se donnèrent tout entier à la déesse souillée. C'est pour cette raison expliquée plus en détails dans le texte dédié au Salut de la principauté d'Argyle que nombres des Eldar subirent l'affreuse transformation qui fit d'eux des elfes noirs, les Elfes des ténèbres aussi noires de peau que de coeur.
Devant ce malheur auquel personne ne voulait réellement croire, le peuple elfique se tourna vers Sylva et Ulthuan, cherchant réponse. Mais, Ulthuan ne répondit pas à l'appel de ses suivants et même de ses prêtres En fait, il n'y répondra plus jamais. Au plus fort de la bataille céleste, il venait de tomber. D'un coup, tous les Elfes sentirent comme un grand vide. Deux présences au creux de leur coeur venaient de disparaître. Le désespoir accablait encore le peuple elfique et ce n'était qu'un début.
Sylva assura à ses prêtres que la faute de la mort de son frère bien aimé revenait à Mak'Udar, le Dieu Nain qui, au moment crucial, le laissa tomber. C'est à partir de ce jour que les Elfes partagèrent la rancoeur que les Nains portaient déjà à leur égard. Ils ne valaient pas mieux que leur Dieu qu'ils défendaient maintenant.
Des Nains, les Elfes ne firent pourtant pas grand cas tant leur haine était grande envers leurs frères et soeurs maintenant si sombres, les adorateurs de Amaï'ra, la déesse de la nuit. Ces derniers, après leur transformation, avaient migré en masse vers le sud, vers les montagnes où quelques colonies Naines commençaient à creuser.
Après avoir massacré les Nains par les manières les plus fourbes afin de s'approprier leur territoire, les Elfes de la nuit se mirent à attaquer leurs anciens frères. Ils obéissaient à Amaï'ra, une déesse devenue démente et réclamant le sang des enfants de Sylva. Ce fut le début de nombreux combats fratricides. Longtemps les Eldar tentèrent de débusquer dans les montagnes les enfants de la nuit. Longtemps ces derniers tentèrent d'attaquer leurs ennemis dans la forêt : des guerres vaines. La raison le montra et le prouva souvent. Un peuple était fait pour le jour et la surface, l'autre pour les ténèbres et la nuit. Aucun ne pourrait jamais rivaliser avec son ennemi sur son terrain. Les galeries donnaient systématiquement la victoire aux Elfes noirs alors que les Eldar gagnaient toujours sous le soleil ou les étoiles. La guerre cessa donc, sans victoire ni trêve.
Le long repos
La période qui s'ensuivit fut nommée par les Elfes l'Age de paix, ou l'âge de l'art. C'est en ce moment que les plus belles réalisations elfiques eurent lieu. C'est en ce temps que cette nation cultiva son don inné pour le beau. En - 1 600, la nation elfique comptait plus de poètes que de guerriers. Plus de chanteurs ou de danseurs que de forgerons, et ces forgerons, eux surpassaient les Nains dans la beauté de leurs oeuvres. Durant cet âge d'or du peuple elfique, les Nains quêtaient de l'autre côté des Montagnes les forces en changements, cherchant de nouvelles batailles.
Ainsi, si la période fut pour les Elfes une période de paix et d'ordre, elle contenait également le germe de leur perte future. La nation elfique se repliait sur elle-même. Si elle avançait en de nombreux domaines, celui de la défense et du combat ne trouvaient plus leur raison d'être pour la plupart des Eldar.
Le peu de désir d'aventure que pouvait porter encore certains des leurs était assouvi par la Forêt noire. C'était là leur ultime combat, croyaient-ils, faire revenir cet endroit contaminé à son état originel. Et même en cela, la prière et le temps étaient bien plus efficaces que la lance et l'épée. Ils y arrivèrent presque avant que le monde ne les rattrape. Ce monde, ils avaient cessé de s'y intéresser. Ils n'avaient pas vu sur l'extérieur de leur forêt où tout changeait. L'Est n'était plus cette contrée paisible.
Les humains et les Orcs
- 1 534 C'est cette année là que les d'humains au sud réapparurent. À nouveaux, ils traversèrent les périlleux pics rocheux des montagnes noires et commencèrent à défricher une partie au sud de la grande forêt. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que ces humains ne vénéraient pas Gaea. Comme les Nains, ils ne savaient pas comment vivre en harmonie avec la nature. Les Eldar les laissèrent tout d'abord faire. Ils étaient si semblables aux humains venus auparavant, mais en même temps si différents. Il fallait les connaître. Sans aucun contact directe, les humains étaient surveillés.
Les hommes en voulaient toujours plus, ils commencèrent à piller les montagnes de leur roc pour se bâtir des forteresses et détruire de plus en plus Taurë Aglareb pour le commerce, les cultures et par l'appât du gain. De plus, ils se reproduisaient à une vitesse que les autres races n'avaient pas connue jusqu'alors. De nombreuses guerres éclatèrent alors et durèrent près d'un siècle. Cette guerre est connue comme la centurie du chaos (- 1 257 à - 1 155) . Mais au plus fort des batailles (- 1 164), apparut une nouvelle race surgie des steppes abandonnées à l'est. Cette nouvelle race n'attendit pas pour se lancer au pillage et à l'assaut de toute autre forme de vie. Les Elfes l'appelèrent Glamhoth, les humains et les Nains l'appelèrent Orcs.
Leur force brute, ainsi que leur sauvagerie, alliées à leur énorme croissance démographique mit en danger les trois autres races déjà existantes. Surtout que les Orcs, eux, ne semblaient pas chercher une paix avec quiconque mais bien une guerre infinie. Les Orcs arrivaient en trombe au plus fort des batailles, massacrant et pillant les personnes sans défense après que la bataille ait eu lieu. Ils n'attendaient jamais bien longtemps avant de trouver une autre cible pour satisfaire leurs pulsions guerrières.
Maikaïon, sous les conseils d'Astaldan, envoya la mystérieuse, mais envoûtante, Isilthuring pour tenter de négocier une alliance commune afin de défaire la nouvelle race qui était un grave danger à l'existence des trois autres, si elles continuaient la guerre.
Isilthuring, disait-on, était la fille de la lune elle-même, bien que personne ne put le prouver, plusieurs connaissaient son père, mort dans les premières guerres contre les Nains, mais personne ne connaissaient sa mère.
- 1 155 Elle partit donc rencontrer les représentants des autres races pour ramener un semblant de paix et une alliance contre les Orcs. Les négociations furent âpres. Les Nains rirent de cette fille comme du peuple de la forêt. Malgré nombre d'efforts, aucune alliance ne fut signée dans les montagnes. Les humains, eux, avaient une telle soif de pouvoir, une soif si grande que les Elfes ne pouvaient pas comprendre. Stratégiquement, les Elfes savaient qu'ils n'étaient pas assez forts pour s'attaquer seuls aux Orcs, ils devaient tout faire pour gagner cette guerre. Et les humains demandaient des territoires en échange de leurs troupes. C'est en combinant les deux armées que la guerre fut gagnée et les Eldar, respectant leur traité se retirèrent encore plus au nord dans leur forêt.
Alors la vie reprit. Les Elfes se retirant de plus en plus au nord, les hommes prenant de plus en plus de place, guerroyant entre eux pour plus de pouvoir, les Nains s'enfermant dans leurs salles souterraines, amassant des richesses fabuleuses.
Les siècles passèrent alors tranquilles et immuables, ponctués par les guerres humaines de pouvoir en plus des nouvelles invasions Orcs qui arrivaient de nulle part et qui devinrent une habitude. On comprit que, durant la centurie du chaos, une partie des Orcs ayant survécu s'étaient réfugiés dans les marais, les ruines et les souterrains abandonnés. Comme cette race proliférait aussi rapidement que les rats, périodiquement un chef de guerre sans envergure montait une parodie d'armée pour s'attaquer aux humains ou aux Elfes selon lequel des peuples se trouvait le plus près. Chacune des nations tenta de détruire les nids de peaux vertes. Tâche longue et difficile, qui ne fut jamais réellement menée à terme. C'est en ce rythme que se déroulèrent tranquillement de longues années jusqu'à ce qu'un roi humain trouve l'existence d'une pierre.
La pierre de la déraison
- 847 Au sud, dans un domaine donné aux humains, ce fut, au début, des mois de tempêtes qui détruisirent la majorité des récoltes. Les paysans commencèrent à mourir. Les enfants et les vieillards d'abord, puis les familles entières. Leur nombre grandit jusqu'à ce que plus personne ne désira essayer d'évaluer leur nombre devenu trop élevé. Les tombeaux quant à eux commencèrent lentement à refuser les morts qu'on leur apportait, comme si la terre gavée de macchabées avait rencontré sa propre limite, elle recrachait durant la nuit les corps ensevelis la veille. Il semblait bien que la mort elle-même n'avait plus de place en son royaume pour les nouveaux arrivants.
Personne ne sait comment il connut l'existence de la pierre maudite, ni pourquoi il entreprit ses recherches, mais une chose est certaine, le prince Claordress entreprit son investigation. Il aura le temps de devenir roi avant qu'elle ne soit découverte.
Pendant que la recherche de la pierre se passait, Astaldan eut un songe où il vit l'arrivée imminente d'un mal appelé Mortis, un mal qui reviendrait de temps anciens car les humains, bientôt, le réveilleraient. Maikaïon partit donc pour convaincre le roi des hommes de cesser ses recherches, que tout ce que le joyau avait à lui offrir n'était que malheur et désolation. Le roi d'Illimune ne l'écouta pas. Toutefois, durant le voyage de Maikaïon, Astaldan vit dans un autre songe que Mortis serait vaincu par un Nain, mais jamais il n'en dit mot à personne à cette époque. Il commença à préparer ses charmes pour protéger du mieux qu'il le pouvait la Forêt tant adorée des Eldar.
À son retour, après des mois de pourparlers, Maikaïon vit que la guerre serait la seule solution pour protéger la forêt de son peuple contre les artifices de l'ennemi. Il entreprit donc des recherches pour concevoir la plus grandes épée que son peuple n'avait eue. Il envoya l'un de ces fils chez les Nains pour chercher leurs meilleurs métaux, il en envoya un autre à l'ouest pour trouver l'eau de la source la plus pure et un autre au sud afin de trouver le charbon le plus fin, tant nécessaire à la forge. Finalement, il envoya son aîné au nord afin de ramener un marteau des puissantes peuplades du nord.
Alors que la majorité des ses fils étaient partis, Maikaïon semblait vivre pour la création de l'épée qu'il avait imaginée, elle serait le chef-d'oeuvre de son peuple mais, surtout, de sa lignée. Isilthuring fit tout en son pouvoir pour convaincre son roi des dangers immenses qu'elle percevait à ce projet mais, comme le roi des hommes qu'il avait rencontré plutôt, jamais il n'écouta celle qui venait lui faire conseil de prudence. L'épée serait faite afin de protéger la Forêt noire, même si Isilthuring affirmait qu'elle serait la source de grands problèmes pour les Eldar.
Le réveil de Mortis
Et comme il était prévu, la pierre fût retrouvée, réveillant Mortis. Dès son réveil (- 827) les empires humains commencèrent à trembler, malgré le courage de leurs héros. Les royaumes des hommes furent détruits, il ne restait que quelques héros luttant encore contre Mortis. Les hommes fuirent donc une partie vers le nord, l'autre à l'est. Malheureusement, la trop grande majorité de ses héros sont désormais tombés dans l'oubli aujourd'hui.
Puis, Mortis monta vers le nord avec ses légions pour en finir avec le peuple des Forêts. Entre-temps les fils de Maikaïon étaient revenus avec les choses demandées par leur père. Il commença la forge de la lame passant outre les incessants avertissements d'Isilthuring. Mortis savait que la lame était créée dans le but de le détruire. Il maudit, lors d'un long rituel oublié, la lame non terminée pour qu'un jour elle se retourne contre ses créateurs. Le rituel prit plus de deux ans à se compléter et, à ce que l'on dit, il prit le coeur de plus de mille héros pour en faire une malédiction si puissante que les Eldar en sentiraient les effets des siècles plus tard.
- 825 Puis Mortis entra dans l'immense Forêt noire. Il rencontra la résistance des Elfes sauvages qui allaient d'embuscades en embuscades afin de détruire ses laquais. Mais la liche ne se sentait pas concernée par les pertes que ses troupes vivaient. Les Elfes sauvages demandèrent l'aide des autres Eldar, mais seuls les Sindar vinrent les assister. Il était presque trop tard pour les Elfes sauvages qui furent décimés, lors de leur résistance acharnée, pour empêcher les légions de Mortis d'entrer au coeur de la forêt. Les Noldor, eux, attendirent avant d'engager le combat, leur roi n'ayant pas terminé la forge de Fuin Dagnir. Se furent cinq lunes de combat avant que l'épée ne soit terminée et que les Elfes nobles joignent leurs forces à celles des Elfes sauvages désormais faibles par les trop longs combats et les Elfes gris qui tentèrent, par tous les moyens, de supporter les assauts des hordes de Mortis. S'ensuivirent dix lunes de lutte acharnée où Mortis, lentement mais inexorablement, avançait sur le coeur de la forêt. N'ayant plus le choix, les Eldar choisirent l'assaut frontal en un dernier espoir pour sauver leur forêt. Seule l'épée Fuin Dagnir empêcha les légions obscures d'avancer plus rapidement.
Et la grande bataille eut lieu. Maikaïon chargea avec les siens au coeur d'une bataille désespérée. Il se rendit jusqu'à Mortis et tenta de l'abattre. Mais alors que l'arme allait s'abaisser sur la tête de la liche, ce dernier, d'un mot, calcina le bras du porteur. Tandis que le roi des Eldar allait être tué par l'infâme Démon, surgit des rangs le jeune Anaruth, le barde dont la jeune beauté était légendaire. Il se pencha pour prendre l'épée et tuer l'infâme créature, mais ce fût au moment où il arma le bras, afin de frapper Mortis, qu'il sentit la douleur de l'acier dans son dos. Il tomba, ne lâchant pas la lame : derrière lui se dressait celui que l'on appellerait Naïthan, premier des fils de Maikaïon, le poignard toujours ensanglanté dans les mains. Au moment où Naïthan se penchait pour prendre le Fuin Dagnir et achever le porteur, un torrent de flammes se déversa, le laissant au sol, le visage en feu. Seul son acte sauva Anaruth des flammes qui lui étaient destinées. Mortis s'avança alors lentement, psalmodiant des mots anciens, afin de détruire le porteur de l'épée. De loin, de très loin, était entendu un chant étouffé par l'écho des mourants. Mortis lança alors le sort sur le porteur, mais jamais le sort ne se rendit jusqu'à Anaruth. Mortis se tourna donc vers la chanteuse qui avait ruiné son sort et la désintégra après quelques secondes d'incantations. Anaruth ayant fait des efforts considérables pour se relever entre-temps, leva le bras et descendit le tranchant de Fuin Dagnir sur la tempe de la liche, lui arrachant l'oeil sous la force de l'épée. Mortis, fou de rage et de douleur, décida qu'il était temps pour lui de sortir de la forêt noire. Il partit, laissant là ses armées.
Peu après la fin de la bataille, le roi mourut des suites de ses nombreuse blessures, ses fils regardèrent partir Anaruth avec l'épée, chacun d'entre eux se jurant la future possession de Fuin Dagnir.
Mortis fût finalement défait par un Nain alors qu'il pourrissait le coeur de l'empire. Les Nains qui étaient venu aider les humains de l'empire, les aidèrent alors à brûler le corps de la créature et, dans les cendres, trouvèrent une pierre d'une beauté infinie. Leur seigneur la mit immédiatement sous sa cape et l'amena dans l'extrême est des montagnes du sud pour ramener à son peuple le courage face à l'éternel guerre contre les suivants Mortis. Ils mirent la pierre en sûreté au fond de leur forteresse la plus imprenable et plus jamais on n'entendit parler d'elle.
Entre temps, les fils de Maikaïon commencèrent à rassembler leurs fidèles dans une guerre pour reprendre l'épée des mains d'Anaruth. Ils en oublièrent même le fait que la majorités des troupes de Mortis étaient toujours dans la forêt. Personne ne sait pourquoi, mais Anaruth resta debout, gardant toujours l'épée, comme protégé par quelqu'un d'invisible qui, désormais, déviait les flèches et les lames dirigées contre le porteur de Fuin Dagnir. Dans un effort pour récupérer la lame, Naithan, désormais défiguré, tenta de conjurer la liche avec l'oeil qu'il avait récupéré sur le champ de bataille afin qu'elle tue Anaruth et qu'il puisse récupérer la lame. Son incantation fût découverte et il fût capturé pour être jugé. Apprenant cela, Anaruth, affligé par la folie des fils de Maikaïon, partit au loin dans la forêt noire, dégoûté par la guerre fratricide menée par les six frères désormais fous. Personne ne le revit jamais, Anaruth, le nom qui signifie fils du soleil et qui avait été découvert bébé prêt du palais, était disparu comme il était arrivé, de nulle part.... On murmure par contre qu'il remit la lame maudite à Sylva, dans l'espoir que le massacre cesse. Sylva l'aurait alors cachée dans la forêt noire pour que plus jamais elle ne soit vue.
Naithan s'enfuit de sa prison, égorgeant un garde de ses dents et partit dans la forêt pour retrouver l'épée. Craignant leur folie, les anciens des Eldar décidèrent de bannir les six frères de la société elfique. Quiconque les voyait avait désormais le droit de les tuer.
Entre-temps, les Elfes se firent oublier des mortels, enfermés au coeur de leur forêt, combattant sans cesse les légions qui avaient été oubliées par Mortis.
Isilthuring
-54 La fille d'Isilthuring, Ellanor, se promenait pour redonner moral aux troupes, sortant parfois chez les hommes pour les regarder de façon discrète. Elle revenait pour dire à son peuple que les hommes étaient revenus du nord et consolidaient leurs royaumes détruits par la guerre, par contre jamais personne ne revit ceux qui avaient fuit à l'est. Seuls les Elfes sauvages ne l'écoutaient pas, leur coeur encore plein de mépris pour la race qui avait réveillé le fléau qui avait détruit les leurs.
Il se passa près de 50 ans avant la rencontre de Amaï'ra Aina, fils de l'archimage Astaldan, et d'Ellanor. Subjugué par Ellanor, Amaï'ra Aina la suivit immédiatement, ne la laissant que pour retourner défendre la partie libérée de la forêt. Puis, une dizaine d'années plus tard, alors que Ellanor et Amaï'ra Aina étaient à rêver, près de la source la plus pure de la forêt noire d'un jour où l'avenir serait plus positif, une bande d'hommes qui avaient été corrompu par Mortis les prirent par surprise. Le combat fût bref, Amaï'ra Aina ayant à peine eu le temps de dégainer son épée ou de lancer un sort et Ellanor fût tuée rapidement. Le lendemain, on ne retrouva que la tombe d'Ellanor avec pour unique socle l'épée de Amaï'ra Aina qui avait disparu. Le lac à l'eau scintillante près duquel ils avaient rêvé était désormais teinté de la couleur du sang cramoisi. Ce lac se nomme désormais Carnë Wendë Ehtelë, ce qui signifie le lac de la jeune fille sanglante. Ainsi mourut Ellanor, espoir de tout un peuple et disparut Amaï'ra Aina, seul et unique descendant et hériter d'Astaldan.
Auteur : Collectif (Jinny, Dave, Tomy, Appache, Yamy et bien d'autres encore, merci à tous, de la part de l'organisation des Terres-de-Bélénos
Histoire de la première grande guerre contre les Thilians
La première grande guerre a donné naissance aux quatre médaillons du chaos, il y a de cela plus de cinq millénaires, par un peuple désormais disparu. Cette ancienne nation, dont le nom ne figure plus qu'à l'intérieur de certains très vieux contes elfes, se faisait appeler le peuple du Vif argent ou, encore, les damnés de Mortis. Un peuple ressemblant aux humains pour la seule raison que, même si leur coeur n'est pas souillé à leur naissance, il peut facilement être détourné du juste et du bien. Ce peuple, terre d'accueil de la première incarnation de Mortis, succomba au pouvoir du Démon. Cette histoire est celle d'un peuple déchu et corrompu par le pouvoir démoniaque de Mortis et celle de la victoire des Eldar sur le mal qui aurait pu détruire Illimune avant même son avènement.
La guerre se déroula alors que les Nains des Monts-Remparts n'avaient que quelques kilomètres de galerie comme royaume, où la nation elfique imposait encore une toute puissance ainsi qu'une grâce et une prospérité qui ne pouvaient logiquement ne jamais avoir de fin. Leur armée ne connaissait pas la nécessité de contenir autant de soldats que celle plus contemporaine d'Argyle, mais elle n'en était pas moins redoutable par la connaissance parfaite des guerriers envers leurs arts. Cette guerre fut la plus courte à laquelle la nation elfique eut à faire face, mais la première qui nécessita de tuer une autre forme de vie. D'où l'importance de la raconter, pour que les générations à venir voient la corruption des âmes faibles et races faibles qui ont perdu l'image des Dieux.
Il y a de cela quelque cinq millénaires, la Forêt noire était saine et verte et Mortis était enfermé dans sa pierre. Mais il se dégageait de la Pierre des ombres maléfiques qui affectèrent directement le coeur et l'âme des Thilians. Il s'insinua tranquillement en leur sein, en les forçant à lui vouer un culte démoniaque. Il y prit son plaisir et son temps. Tandis que les Eldar savouraient leur vie et leurs chants éternels, les Thilians voyaient leurs généraux et leurs dirigeants mourir pour être relevés par les brumes acerbes de la Pierre. Ceux au noble et juste coeur qui tentèrent d'en appeler aux Dieux se virent rapidement redressés par le feu et le sang. Et c'est ainsi que la déroute atteignit la Cité des Thilians.
Quelques siècles passèrent sous le joug de la Pierre et les Thilians devinrent les Damnés de Mortis. Lorsque Mortis sentit que sa nouvelle nation de conquis et de morts-vivants était fin prête pour la destruction de toute vie sur Illimune celui-ci se prit un champion comme corps et s'engagea à abattre les Nandor. Les premières familles atteintes par ce fléau ne purent que courir se réfugier chez les autres Nandor. Ainsi, la rumeur parvint aux oreilles de toute la nation elfique. Les Eldar se mirent à épier les Damnés de Mortis et se fabriquèrent des armes comme les leurs. Les Eldar n'avaient jamais manié d'armes auparavant, mais leur agilité, leur prestance et leur vigueur eurent tôt fait de les garantir de grands guerriers. La forêt étant le territoire naturel des Eldar, les Damnés ne pouvaient pas avancer à leur guise.
Il y eut une lutte de va-et-vient entre les différentes factions ennemies et les pertes furent semblables des deux côtés. Par contre, les Eldar morts au combat se relevaient pour se battre de nouveaux. Malgré ces immondices, les Eldar reprenaient courage et leur salut se devait d'arriver à sa fin. En effet, à la deuxième lune des affrontements, Mortis s'installa auprès d'une rivière et décida d'en empoisonner sa source pure. Lors du rituel de souillure, ses troupes subirent l'attaque d'une armée de Noldor. Rien de bien grave, puisque l'armée de Mortis était bien supérieure en nombre. Le rituel ne fut pas interrompu, mais la première attaque n'était en fait qu'un leurre. Les Nandor attaquèrent en plein milieu de la cérémonie, rendant impuissants plusieurs grands prêtres et nécromanciens encore sous la concentration et l'effort requis par l'incantation. Les Thilians furent mis en déroute, leur maître succomba et, au même moment, tous les morts-vivants qu'il avait créés retombèrent inertes dans la mort pour une seconde fois. Privée de ses dirigeants, l'armée du Démon perdit sa cohésion et le chaos s'installa. C'est à ce moment que Chef militaire Noldor de la Maison du Ciel d'Argent sonna le cor. Les Sindar chargèrent eux aussi, entrant dans la danse de lames et de sorts. Et telle fut la fin de l'armée des Damnés de Mortis. Le corps de l'avatar du Démon ressuscité fut divisé en quatre et remis aux quatre éléments. Une partie jetée en l'océan, l'autre livrée aux vautours sur l'une des plus hautes montagnes, une troisième enterrée dans le désert et la tête brûlée avec le reste des corps ennemis.
Les Eldar continuèrent à attaquer les Damnés de Mortis et les morts-vivants dans la forêt, les forçant à se replier de plus en plus sur leurs territoires. Des demandes de reddition parvinrent au roi des Elfe, mais ce dernier voyait clair en leur coeur et leur âme, il pouvait sentir la corruption et leur désir de vengeance. La réponse du roi fut toujours la même : « Éloignez la dague qui est destinée au dos de notre peuple et vous aurez la vie sauve ». Avant l'anéantissement total des Thilians par les forces elfiques, sept de leurs grands nécromanciens, voyant le sort de leur peuple scellé, tentèrent de lier leur savoir et leurs forces en une ultime arme contre la race elfique. Alors que les combats faisaient rage au coeur même de la dernière de leur ville, alors que quelques-uns des derniers grands dragons d'Illimune semaient la mort de part et d'autre, alors que seuls quelques morts-vivants se mouvaient encore pour défendre le peuple dix fois maudits, c'est du sommet de la plus haute tour, gardée par de puissants maléfices, que la dernière bataille se jouerait. En ce lieu hors du temps, une cérémonie ultime prenait place et les paroles de l'incantation maléfique montaient haut dans ce silence magique. Quatre mages sur les quatre coins cardinaux imploraient, chacun, leur maître Mortis de les écouter. Et Mortis leur répondit : « Les Thilians, les Elfes et les Nains ne seront pas les seuls à fouler la terre d'Illimune, les devins l'ont vue, une nouvelle race viendra au sud, elle viendra, elle s'installera et un jour, elle sera prête. Ce jour là, elle recevra le savoir tout entier d'un peuple dont la magie égalait celui de la race elfique à son apogée. Contre les Elfes, la guerre recommencera ».
La vengeance est le but dont les clefs sont les médaillons du Chaos. Imprégnés de la plus haute nécromancie, l'enchantement achevait, alors qu'en bas, l'armée ennemie déjà enfonçait les portes de la tour. Comme les cierges s'éteignaient sous un vent surnaturel, les trois autres nécromanciens s'avancèrent au centre de la pièce. Chacun d'eux tenant un sceptre unique, déjà prêt, il fallait maintenant l'emplir de leur âme. D'un unique mot de pouvoir, ils tombèrent tous. Trois morts dont les corps toujours reliés à l'objet magique se desséchèrent jusqu'à ne plus être que poussière. Le silence magique se brisa, les ennemis venaient de détruire la dernière barrière : alors qu'à l'extérieur était crié victoire, à l'intérieur les troupes elfiques enjambaient les corps des derniers défenseurs. Plus qu'une dernière porte et ils entreraient dans la salle. Une dernière porte si facilement soufflée par le sort. Lorsque la poussière retomba, d'un côté, deux rangées de quinze archers parfaitement alignés, arcs bandés en main, pointaient chacun l'un des mages qui, de l'autre côté, le visage déjà en sang, sifflaient leur dernier souffle. Il était trop tard, le rituel était achevé. À chacun des cous des quatre nécromanciens mourants, un médaillon en métal lévitait, pointant vers le centre de la pièce. L'un des archers baissa son arc et s'approcha de la scène. Un pas, deux pas, trois pas et soudain, les médaillons se retrouvèrent au centre de la salle, la chaîne de chacun d'eux, rouge, portait encore quelques lambeaux de chair des corps décapités des nécromanciens. Mais la tête de ces derniers ne toucha jamais le sol. Une explosion incroyable désintégra la tour bien avant, laissant un trou béant au centre de la ville. Au centre de ce trou, un sceptre en métal brûlant et trois petits tas de poussière que le vent stafferait à disperser.
Après une inspection rigoureuse, des morceaux des corps des cinquante archers furent retrouvés, ainsi que ceux des quatre nécromanciens. Mais pas la moindre trace des médaillons. Leur existence mise en doute s'effaça de la mémoire commune très rapidement. Le sceptre fut enterré sous un arbre déjà millénaire. Shermule, l'arbre sage, celui sous lequel les rois avaient coutume d'aller se recueillir dans les moments de doute. Il fut enterré, puis un clan d'Elfes sauvages décida d'y rester, se proclamant gardiens de Shermule et la terrible relique.
Ainsi passèrent les saisons. Lune après lune, l'histoire semblait avoir trouvé sa fin. Même lorsque Mortis ravagea le domaine des Elfes plusieurs siècles plus tard, il ne chercha pas à retrouver le sceptre. Puis, durant les mois qui précédèrent la dernière incarnation de Mortis, les médaillons du Chaos réapparurent mystérieusement, sur le lieu même où le peuple des Thilians résidait aux temps anciens : les Terres maudites de Bélénos.
Auteur : Lyasanddur de la Maison du phénix (Jinny Mailhot)
