Usire

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Artiste : Guillaume Juneau

Sommaire

Usire

L'histoire de Usire

On suppliait les Cieux et leur seule réponse était la foudroyante rage du tonnerre. Au nom des Vieilles Traditions, on sacrifiait le peu que l'on possédait pour ne recueillir que des cendres. La grâce des Cieux mourrait dans leur silence. D'orgueil et de vanité, le monde glissait vers les Ombres...

Puis, vint Usire Aédon. Un jeune enfant, naïf d'innocence et de bonté, qui devint un jeune homme preux, vaillant et surtout, illuminé... Il fut le premier à brandir la Lumière au creux des Ombres. Par de brillants discours et contes, il rassembla une humanité défaillante, esclave de ses propres faiblesses et accablée par la rage des autres peuples.

Aux abords du Lac Riverdale, il fit ce qui sera rappelé comme l'Appel de Bienveillance, l'ultime convocation de toute l'humanité au centre d'Illimune. Des villages, des villes se mobilisèrent à cet appel et on entrepris une marche jusqu'au lieu de rencontre où attendait Usire. On vint par milliers.

De là, sous la même bannière, celle de l'Humanité, Usire rassembla ceux qui répondirent à son appel. On construisit Altembourg sur les bordages même du lac. On forma une armée, la plus importante à l'époque, et avec le commandement d'Usire, on se défendit.

Les années se succédèrent, rudes et éprouvantes, puis, enfin, on goûtait à la liberté. Usire, sur le trône d'Altembourg, veillait sur un royaume, Tweel, petit, mais souverain, en guerre, mais impérieux.

Puis, vint la fin tragique d'Usire. Trahi, capturé, vendu, pendu, saigné... martyrisé... sacrifié... mais non oublié. Depuis maintenant plus de sept siècles, il est le Dieu de l'Humanité.

Ses suivants

L'Humanité sert Usire. Rare, très rare, l'homme qui ne connaît aucunement son nom, son symbole, une croix en chêne, ou le récit de son vivant ou de sa mort. Sur le continent, plusieurs Ordres ou Maisons font sa promotion. Sur le champ de bataille, on meurt et tue en son nom.

L'enseignement d'Usire repose sur l'atteinte pure de la liberté de l'Homme. L'Homme, à l'image d'Usire, libre de ses choix et de sa voie, protecteur de son frère et de sa soeur, souverain de ses faiblesses et de ses propres démons. Les Aédonniens appelle ceci le Rêve d'Aédon, soit la vision d'Usire selon la Destinée de la Lumière.

Certes, le culte d'Usire est bien connu et développé, mais il varie selon les régions. Dans certaines nations, son culte est omniprésent. En Twyden, héritier de Tweel, les Aédonniens croient qu'il est le dieu unique. En Argyle, il est le sage porteur des Lois. En Khalonnie, il est le bienfaiteur, le protecteur du paysan et le gardien du marchand.

L'Église impériale d'Usire possède une hiérarchie qui met au premier plan la connaissance de la foi. Les prêtres et prêtresses, premiers érudits, possèdent souvent une place privilégiée dans les communautés croyantes par leur rôle de messager envers la population. Puis, vint les classes plus élevées telles que paladin, chevalier, cardinal, chroniqueur et moine, qui se méritent le prestige d'être de fervents serviteurs d'Usire.

Usire et Bélénos

Bélénos accueille une église aédonite construite à l'époque où des colons quittèrent Twyden pour venir défricher Bélénos après le joug de Mortis. À vrai dire, Usire est principalement perçu en Bélénos selon le culte aédonnien, par l'influence majeure que porte le Saint Empire de Twyden sur Bélénos. Souvent, on a vu des armées impériales marcher au pas en Bélénos et souvent nous avons étendu par le feu, le fer et la Lumière, le Rêve d'Aédon. Mais la vision quelque peu extrémiste de l'Empire réduisit quand même l'influence d'Usire, ce dernier étant associé au feu, au fer et surtout au sang versé par les troupes impériales. Usire devenait un dieu d'intolérance, et quelque fois de massacre, notament dans la chaotique région d'Hyden.

Lors de la Régence argylienne, la forte présence d'aédonnites argyliens modifia la perception d'Usire en Bélénos, sans toutefois le relayer au second plan derrière Vaul. Usire commença à être perçu moins comme un dieu souverain et unique, la version impériale le représentant de plus en plus comme le dieu sage et porteur de bien et des lois. Cette nouvelle vision est aussi du au XXiem chapitre qui s'avoua être tolérant envers l'ensemble de la populace, jusqu'à l'arrivé du culte de Galléon

Le culte d'Aédon persiste donc en Bélénos mais de moins en moins selon le culte impérial extrémiste. D'ailleurs, une Église strictement bélénoise d'Aédon vit le jour en Héodim dont Usire est le dieu protecteur. Cette Église tente depuis de gagner à son culte d'autres aédonites bélénois voulant se dissocié du culte impérial.

Histoire sur un suivant d'Usire

La Chapelle du Mouchel avait un certain charme, du moins, si on pouvait apprécier "l'art militaire". Assise au sommet de la colline du Benz, elle avait été à l'origine une tour de guet appuyée sur des quartiers militaires. Ses basses fortifications surplombaient la route d'Entremont qui traversait la province de Rémas du nord au sud.

Cependant, dès que le Krak du Boisvert couvrit cette région, la tour devint la Chapelle du Mouchel, car c'est moi, Sir Jeance du Mouchel, Vigilant du Temple, soi-disant à la retraite, qui fut ordonné de tenir cette bâtisse aussi vieille que moi. Certes, à quarante-trois ans, j'anticipais bien de terminer mes jours ici, en accueillant à chaque jour voyageurs, marchands ou simples aventuriers.

La tâche était simple et conviviale. J'offrais, contre la dîme, l'hospitalité aux passants pour quelques heures ou une nuit. Quand des groupes me rendaient visite, je chantais la messe et j'entendais en confessionnal ceux qui avaient des regrets ou des désirs.

Puis, une matinée, vint cette fillette. Rousse comme le fer chaud, sur un visage blanc de porcelaine. Un teint maladif qui s'expliquait par une maladie grave que même le plus connaissant des herboristes ne pouvait adoucir ou que le plus aimant des prêtres ne pouvait consoler. La jeune fillette n'allait pas atteindre l'âge de dix ans.

Ce pauvre visage était habillé par deux pierres d'émeraudes éclatantes qui lui donnaient un regard fatigué et égaré, mais certes enjoué. Elle restait tout de même la fierté de ses parents, deux marchands qui descendaient leur wagon débordant de tissus vers le Port d'Idriss sur les plages de Rémas.

Pendant que j'aidais ses parents à dépoussiérer leur wagon, la fillette était assise sur le rebord de la fontaine et, après avoir taquiné les canards qui s'y baignaient, elle se mit à lancer des pièces de cuivre à l'eau et à faire des voeux.

Saint Usire ! Je veux une poupée comme celle de Dame Emely.

Une pièce lancée.

"Usire ! Il peut arrêter de mouiller pendant trois jours ?"

Puis, une deuxième pièce au fond de l'eau

"Couff... Cofff...

Les deux parents tournèrent la tête, d'un regard inquiet. La fillette venait de tousser gravement entre deux souhaits.

Usire... Je veux que ca ne me fasse plus mal...

Et là, d'un souffle divin, comme moi, Paladin d'expérience, je n'ai jamais vu, ni apprécié, le ciel se perça d'un rayon de lumière qui frappa directement l'eau de la fontaine et, comme si un ange avait plongé dans la marre d'eau, l'eau éclaboussa la fillette qui tomba du rebord.

Cet acte divin se passa en une seconde. La seconde d'après, les parents de la jeune fille s'approchèrent d'elle. Elle était toute trempée. Elle leva les yeux, arborant un sourire d'une oreille à l'autre, puis, elle écarta ses cheveux roux détrempés hors de son visage pour montrer des joues roses de santé.

Je me souviens de ce jour, comme si c'était hier. Les parents, complètement subjugués de joie devant la guérison évidente de leur fille, embrassèrent le bas de ma robe de prêtre, comme si j'étais la cause de leur bonheur.

Avant qu'ils partent, nous rendîmes grâce au Saint Usire, avec une prière de bénédiction, de cette digne manifestation.

Notes et références

Auteur

Guillaume Leblanc